Le genre humain N° 55 : Les artistes font des histoires
Antoine Jean-Philippe ; Perret Catherine
SEUIL
15,20 €
Epuisé
EAN :9782021162301
Les textes réunis dans ce volume ont pour origine un double constat. - Le premier est celui de l'omniprésence institutionnalisée, depuis deux ou trois décennies, de l'expression d'"art contemporain". Le contemporain est à cet égard héritier du moderne : à quelle(s) histoire(s) avons-nous ici affaire ? Que devient la notion d'art, confrontée à des manières de faire qui, parfois, s'éloignent considérablement des traditions artistiques reçues, y compris modernes, ou en réactivent de très anciennes ? Enfin, quel type de présent, artistique ou non, dessinent ces démarches, et quel usage en avons-nous ? - Second constat : une partie de l'histoire de l'art dit "contemporain", peut-être la moins négligeable, est aujourd'hui écrite par des artistes. Ce volume interdisciplinaire vise ainsi à s'interroger sur le sens qu'acquièrent l'apparition et la multiplication d'artistes-historiens, artistes-archivistes, à la fois du côté de l'inscription sociale des pratiques artistiques, et du côté des disciplines savantes qu'elles s'approprient, miment ou détournent. Les artistes font donc "des histoires", notamment les histoires qui manquent et dont ils se font aujourd'hui les chroniqueurs. Occultées, ou seulement supposées, ces histoires sont les restes "indignes" de figurer au registre de l'histoire des représentations. En travaillant à les documenter, à les inscrire et à les constituer en matériaux, ces pratiques contemporaines leur confèrent une historicité dont le cadre se réfléchit sous la forme changeante de l'aujourd'hui. C'est une critique de ces historiographies issues de l'activité artistique que ce volume entreprend.
Nombre de pages
288
Date de parution
07/05/2015
Poids
458g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782021162301
Titre
Le genre humain N° 55 : Les artistes font des histoires
ISBN
2021162303
Auteur
Antoine Jean-Philippe ; Perret Catherine
Editeur
SEUIL
Largeur
151
Poids
458
Date de parution
20150507
Nombre de pages
288,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Est-ce vraiment à cause d'une scène de ménage que Baranègre, quittant femme et enfant, s'embarque pour le Levant ? Est-ce pour voir du pays ? Il ne reverra pas sa femme. Il en verra, des pays. Il aura des aventures et des humeurs, plus d'humeurs encore que d'aventures, et quelques amis. Ce livre est le recueil de certaines des heures de ce voyage : recueil disparate et bref, à l'image du souvenir. De la mosaïque des courts chapitres, et des trous qui les séparent, se dégage petit à petit, sans qu'elle soit complète, une image à couleur qu'on espère unique, et avec, de-ci de-là, quelques questions vaporeuses.
On ne peut s'empêcher de noter la constellation de noms qui dans la vie d'Uccello cernent l'importance de la gent ailée. Le nom du chef de guerre anglais auquel les citoyens de Florence décident de vouer le monument exécuté par Paolo - Hawkwood - signifie le bois du faucon. Il sonne comme l'écho anticipé de la tardive Scène de chasse que l'on admire lorsqu'on fait le voyage d'Oxford. Sous sa forme italianisée de Acuto, c'est-à-dire aigu, on retrouve le même bec d'épervier. Il n'est pas jusqu'au nom de sa mère, Antonia di Giovanni Castelli del Beccuto, qui ne semble participer de cet assaut de becs. Lui-même n'était pas sans ressembler aux oiseaux qui obsèdent sa vie." Jean-Philippe Antoine.
Autour des notions d'image et de lieu, les six études qui forment le présent essai tentent d'articuler la modernité artistique avec des problématiques médiévales et renaissantes de l'image, liées à l'analyse du souvenir et de ses procédures. La construction des images et des lieux dans l'art de la mémoire antique rencontre ainsi l'analyse freudienne des processus de figuration de l'esprit. Les pratiques mnémoniques dans l'Italie des XIIème et XIVe siècles jettent une lumière neuve sur la " révolution picturale " donnée pour fondatrice de l'art moderne et remettent en cause les grands récits qui ont gouverné son histoire. Comme l'avènement de la photographie dont prend acte la peinture de Gerhard Richter, elles invitent à repenser les relations incertaines entre expérience du réel et construction d'image. Les lieux de mémoire permettent enfin de mieux apprécier les relations entre art, monument et musée, telles que les ont redéfinies des artistes comme Marcel Duchamp ou Joseph Beuys, ou un penseur comme Aloïs Riegl. Dès les premières années du XXe siècle, celui-ci montrait que le sort de l'art dans les sociétés modernes ne se sépare pas de la gestion du souvenir et de ses objets. Les figures de la mémoire sont le lieu commun où se forge une nouvelle expérience démocratique.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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