Spinoza naît dans le milieu hispano-portugais d'Amsterdam, où apparaît ce mélange étonnant de tradition religieuse, de savoir-faire commercial, de culture littéraire et de pensée philosophique que les familles d'exilés continuaient d'exprimer dans leur vie, plus d'un siècle après leur expulsion de la péninsule ibérique. C'est dans ce milieu constitué de commerçants prospères et de savants subtils, versés dans l'interprétation de la Torah et dans la lecture des classiques espagnols, que se situent la genèse ainsi que la formation de la philosophie de Spinoza. En effet, dans la bibliothèque du philosophe, figurent les ouvrages des grands auteurs espagnols de l'époque baroque, parmi lesquels Quevedo, Gongora, Graciàn et Saavedra Fajardo. Peut-on dès lors supposer une confrontation serrée et un approfondissement continu de Spinoza avec le baroque ? Spinoza éprouvait-il la nécessité, le besoin ou, tout simplement, le désir de réfléchir sur et avec ces auteurs ? Dans quelle mesure ont-ils modelé sa pensée ... En d'autres termes, il ne s'agit pas de décider si Spinoza est un philosophe baroque ou non, mais d'établir si nous pouvons relever, dans ces ?uvres, la présence des auteurs espagnols de l'époque baroque, et de déterminer l'usage éventuel qu'il en a fait et la manière dont il les a repris ou repensés. S'il est vrai que le système de Spinoza se construit et se déploie dans une confrontation étroite avec la culture juive marrane, avec le cartésianisme, avec les sciences physiques et la philosophie de Hobbes, la pensée baroque espagnole se révèle comme un facteur important pour comprendre la constitution de cette " anomalie philosophique " qu'est le spinozisme.
Nombre de pages
395
Date de parution
18/04/2001
Poids
510g
Largeur
145mm
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EAN
9782841742295
Titre
Spinoza et le baroque. Infini, désir, multitude
Auteur
Ansaldi Saverio
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
510
Date de parution
20010418
Nombre de pages
395,00 €
Disponibilité
Epuisé
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S'il est vrai que le XVIe siècle italien, ou Cinquecento, correspond à une affirmation extraordinaire des pouvoirs de l'image, il est également incontestable que cette profusion s'accompagne d'une stratification théorique réunissant, par exemple, la théologie et la philosophie, la magie naturelle et la morale, la médecine et la politique. Peut-on définir un fil directeur dans cette diversité thématique ? Peut-on définir une "unité systématique" ou une homogénéité, permettant de mettre en évidence la spécificité de la notion et de la pratique de l'image à la Renaissance, ou bien faut-il accepter l'hétérogénéité des perspectives ? C'est de telles questions que part l'auteur pour interroger la pensée de Renaissance, en construisant une cartographie des images à partir d'un corpus d'auteurs précis : Nicolas de Cues, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Le Tasse, Giordano Bruno. Au terme du parcours, qui implique un réexamen d'ouvrages majeurs comme les Essais d'iconologie de Panofsky, Devant l'image de Georges Didi-Huberman et Pouvoirs de l'image de Louis Marin, il apparaît que la différence des approches et des questions traitées n'empêche pas de déterminer une vision d'ensemble dans la pensée de la Renaissance.
Avec les Recherches sur l'essence de la liberté humaine Schelling atteint sans doute un des moments les plus hauts de sa spéculation, en ouvrant ainsi un champ d'interrogation tout à fait décisif à l'intérieur de l'idéalisme allemand. Car la question de la liberté, détermine en même temps l'horizon ontologique de l'homme et interroge la constitution de la philosophie comme savoir systématique, comme rapport radical du concept et de la pratique. C'est à partir de cette connexion originaire que Schelling déploie le sens d'une démarche philosophique qui se pense comme "système de la liberté", comme acte de fondation d'un savoir qui est avant tout création perpétuelle de concepts. La philosophie de la liberté de Schelling devient ainsi le lieu privilégié où agissent et s'engendrent les tensions spéculatives les plus différentes de la pensée contemporaine, de l'ontologie de Heidegger à l'image répétitive de Deleuze, de la dialectique négative de Adorno à l'agir communicationnel de Habermas.
La philosophie de Bruno se caractérise par la possibilité de souder la théorie et la pratique à partir de l'affirmation de la puissance humaine en métamorphose. L'effort philosophique de Bruno consiste à définir une puissance de transformation propre à la nature humaine, qui en souligne l'appartenance radicale à l'infini cosmique. Le philosophe-mage acquiert ainsi le statut de "maître" de la métamorphose, en raison de sa capacité à transformer en permanence sa puissance d'agir et de penser.
Depuis la célèbre " querelle sur le panthéisme ", à la fin du XVIIIe siècle, l'étude des rapports entre Spinoza et la pensée de la Renaissance occupe une place centrale dans l'historiographie spinoziste. Les travaux que nous présentons dans cet ouvrage renouent avec cette tradition herméneutique, en apportant des éclairages nouveaux sur la question et en ouvrant des perspectives de recherche inédites. Chantal Jaquet analyse la notion d'amour chez Léon l'Hébreu et Spinoza. Saverio Ansaldi procède à une mise en parallèle du Traité théologico-politique de Spinoza et de l'Expulsion de la bête triomphante de Giordano Bruno. Hans Van Ruler s'interroge sur le sens d'une appartenance possible du système spinozien à la tradition humaniste de l'Europe du Nord. Gunter Coppens met en lumière la différence entre Descartes et Spinoza à partir de la pensée de Juste Lipse. Ces études permettent ainsi de définir le spectre des thématiques et des concepts traversant les philosophies de la Renaissance et de l'âge classique, tout en insistant sur la spécificité spéculative de chaque auteur et sur la constitution théorique singulière qui caractérise le déploiement d'une pensée autour de son noyau problématique et de son engendrement historique.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.