L'événement (im)prévisible. Mobilisations politiques et dynamiques religieuses
Amiotte-Suchet Laurent ; Salzbrunn Monika
BEAUCHESNE
22,00 €
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EAN :9782701022697
Lorsqu'un événement survient dans le quotidien de l'histoire, il vient toujours bousculer l'ordre des choses. Pendant un temps, le monde semble vaciller. La société fait face à une possible rupture puis finit par trouver un nouvel équilibre. Confronté à l'événement, les historiens, sociologues et anthropologues tentent d'en percer les secrets. Ils fouillent dans son passé pour découvrir les raisons de son surgissement ou analysent les conséquences du bouleversement qu'il a généré. Mais l'événement lui-même, qu'est-il ? Comment est-il produit et comment se déroule-t-il ? Comment la société se recompose-t-elle après une rupture ? Comment l'événement est-il vécu, appréhendé, interprété par celles et ceux qui l'éprouvent ? Comment les acteurs, dans l'immédiateté angoissante du désordre que semble produire l'événement, élaborent-ils des alliances et des compromis pour réélaborer un nouvel ordre social ? C'est entre autres à ces questions que ce livre entend donner des réponses, en proposant de nouveaux outils conceptuels issus de la philosophie, de la sociologie et de l'anthropologie politique. Analysant les événements sous le prisme du politique et du religieux, les auteur-e-s appliquent leurs réflexions théoriques à des cas concrets. Entre crises sociales, rassemblements religieux, cérémonies mobilisatrices ou incidents politico-religieux, l'événement est au centre de l'analyse, à la fois prévisible et imprévisible, mais toujours aussi difficile à saisir dans son immédiateté.
Nombre de pages
284
Date de parution
21/01/2019
Poids
390g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701022697
Titre
L'événement (im)prévisible. Mobilisations politiques et dynamiques religieuses
Auteur
Amiotte-Suchet Laurent ; Salzbrunn Monika
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
390
Date de parution
20190121
Nombre de pages
284,00 €
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Que connaissent de Lourdes celles et ceux qui ne s'y sont jamais rendus ? Quelques images tout au plus : d'énormes basiliques aux architectures variées qui se chevauchent autour de la grotte des apparitions, des magasins de bondieuseries qui envahissent toute la ville, d'interminables files d'attente de malades en chaise roulante qui prient la Vierge Marie pour qu'elle soulage leur existence... Au début des années 2000, l'auteur a choisi de participer à des pèlerinages à Lourdes pour mieux saisir, de l'intérieur, ce qui pouvait bien motiver ces hommes et ces femmes à effectuer un si long voyage pour réciter des chapelets devant une statue de pierre. Il a revêtu le costume des brancardiers et s'est impliqué dans une association diocésaine franc-comtoise. Durant plusieurs années, il a côtoyé les pèlerins, accompagné les personnes malades, partagé la vie d'équipe des brancardiers et des hospitalières, assisté aux offices et aux réunions. Fidèle à la démarche ethnographique, il a consigné dans son journal de terrain tout ce qui lui était donné à voir et à entendre afin de mieux comprendre ce que vivent et partagent les pèlerins de Lourdes. Restituant les sources de six années d'enquête, l'ouvrage offre un récit passionnant et passionné, où se croisent des rencontres inattendues et des expériences inédites. Chronologiquement désorganisé, il entraîne le lecteur dans la genèse des réflexions et des analyses d'un ethnologue sur le terrain. Confronté à un monde qui lui est étranger, l'auteur révèle ainsi comment il a su trouver sa place parmi celles et ceux qui s'efforcent chaque année de marcher sur les pas de Bernadette. Préface de Roberte Hamayon
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.