Je pensais avoir fait le tour sur la réalité de la "question juive" en France pendant les années de notre déshonneur ; mais je dois l'avouer avec humilité et même honte que l'ouvrage Etre Juif... m'apporte un flagrant et frappant démenti. Sylvie Altar met à nue la réalité de notre mémoire trop souvent tue. Si nous pensions et affirmions que le grand public avait une connaissance peu pertinente et relative sur la persécution juive en ces années 1940-1944, avec la parution de Etre Juif.., cela ne peut plus être vrai. Cet oeuvre devient incontournable sur la connaissance des mécanismes de la Shoah. Comme l'écrit Serge Klarsfeld : On est en présence d'une grande fresque [...]. Et poursuit dans sa préface : C'est un récit passionnant [... ] une histoire qui se lit comme un roman. Si les faits se déroulent dans la n Capitale de la Résistance" et ses alentours, l'esprit dans sa réalité historique générale est de tout notre territoire, de cette science incomparable des faits, de cette horreur mis à crue, de toutes ces choses qui font oeuvre d'histoire. Nous avons, grâce à l'auteure, au travers du microcosme lyonnais, un lieu, un laboratoire où tout chercheur ou tout un chacun de nous peut apprendre, comprendre, reconstituer, analyser le vécu de celui désigné "Juif", et s'imprégner de l'ambiance, saisir les comportements des victimes et des bourreaux. Comme le constate Laurent Douzou : Cet ouvrage est à marquer d'une pierre blanche [...]. Dans ces pages est inscrite l'histoire de ces femmes, de ces vieillards, de ces enfants, de ces hommes qui étaient dénoncés et recherchés pour "Etre Juif". Ces persécutés ? pour nombres futurs assassinés ?, par leurs parcours personnalisés, leur résistance, leur diversité sociale ou religieuse, ici leur est donné enfin une humanité, sinon une vie d'humains, des êtres simplement et terriblement restés debout. Car même menacés, traqués, bafoués, outragés, méprisés... les Juifs tenteront de garder le contrôle de leur vie, de leur résistance, de leur désobéissance à un Etat scélérat, et sauvegarder une dignité face à l'imposture. Dans sa postface le Grand Rabbin de France Haïm Korsia avisera : Ce livre s'appuie sur un matériau humain, une densité des émotions, des sentiments et des valeurs qui ne laissent pas indifférent [...]. Dans ma volonté de vous faire partager cette découverte, je reprendrai à mon compte ces mots de Serge Klarsfeld : Ce livre est irremplaçable [...]. Michel Reynaud
Nombre de pages
433
Date de parution
04/10/2019
Poids
705g
Plus d'informations
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EAN
9791096930029
Titre
Etre Juif. A Lyon et ses alentours (1940-1944)
Auteur
Altar Sylvie ; Klarsfeld Serge ; Douzou Laurent ;
Editeur
TIRESIAS
Largeur
0
Poids
705
Date de parution
20191004
Nombre de pages
433,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'auteure poursuit avec volonté, vérité et force, l'histoire des Juifs de Lyon mais aussi dans toute la région. Sa démarche historique nous donne ainsi plus précisément une photographie du comportement, de la lâcheté, de l'avidité de spoliation et d'anéantissement de toute une frange de notre société collaborationniste et surtout une attitude nauséeuse antijuive. Là sont décrits l'insupportable soumission et son propre intérêt d'un pouvoir vendu aux occupants. Les nazis et bon nombre de collaborateurs s'illustreront par l'horreur et leur perfectionnisme à exterminer ces êtres humains, enfants, femmes, vieillards, hommes, une part entière de France. Après les avoir dépouillés, pillés, spoliés, torturés, insultés, assassinés, avant qu'ils soient, dans des conditions inqualifiables, amenés dans les camps vers leur extermination. Et cette année 1943, à Lyon principalement en cette capitale de la Résistance, le 9 février, jour de consultation médicale pour les réfugiés et les immigrés et jour de distribution d'aides, Klaus Barbie orchestra, en fin de matinée, la rafle des bureaux de l'UGIF, 12, rue Sainte-Catherine. La descente allemande, rapide et violente, laissa place à une "souricière" qui dura jusqu'au soir et qui fut la plus importante rafle de Juifs par la Gestapo dans la cité des Gaules. Cet ouvrage pourrait simplement, terriblement, atrocement être, sinon résumé, qualifié, narré, honoré par cette inscription citée dans ces pages par Sylvie Altar : "A la mémoire des Juifs raflés par la Gestapo le 9 février 1943 dans les locaux de la Fédération des Sociétés juives de France et du Comité d'assistance aux Réfugiés, 12, rue Sainte-Catherine, Lyon 1er : 86 personnes furent arrêtées, 80 furent déportées dont seulement 3 survécurent ". Et restant une pierre au supplice de ces hommes et ces femmes et gravant à toujours pour nos mémoires l'innommable. Cette "Rafle 9 février 1943, rue Sainte-Catherine" sera retenu comme un des chefs d'inculpation de crime contre l'humanité contre Klaus Barbie en 1987 dans un procès qui marquera notre conscience et fera acte à notre mémoire, et restera comme ces pages l'anatomie de l'imprescriptible.
C'est l'histoire au quotidien de ces résistantes arrêtées qui, souvent après avoir été torturées, se retrouvent dans ces prisons et ces pages vont nous faire vivre leur itinéraire. Chacune d'entre elles se raconte et nous raconte son arrestation mais aussi son engagement, la vie carcérale, les s?urs gardiennes, la police, les " Droit Commun ", les " Politique " et leur lutte pour rester dignes et fidèles combattantes de l'armée de l'ombre. Cet ouvrage rend hommage à ces étrangères qui très tôt entrèrent en lutte et furent emprisonnées : Espagnoles, Allemandes, Polonaises... On sait maintenant leur condition de détention, leur vécu, mais aussi, chose rare, le fonctionnement de ces lieux d'oppresson, de collaboration et de résistance. C'est la part noire de l'histoire des prisons parisiennes pendant l'occupation. Si beaucoup partiront dans les convois les emmenant vers Auschwitz ou Ravensbrück, si beaucoup mourront en déportation ou du typhus, celles, libérées ou évadées, continueront le combat clandestin. Ce livre est comme une stèle du souvenir pour ces lieux de supplices (dont deux seront rasés après la guerre). Il révèle la volonté de continuer à témoigner et appartient à notre mémoire collective. Ces pages sont une ode à la femme dont le rôle et la lutte pendant cette période ont été trop souvent oubliés sinon négligés.