Cinquante ans après la mort de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), les passions présentes dans son oeuvre et sa vie continuent de produire tout leur effet. Qui pourrait encore ignorer aujourd'hui la haine antisémite de Bagatelles pour un massacre (1937)? Une violence que l'humanisme antiguerre du Voyage au bout de la nuit (1932) était bien loin d'annoncer... Faut-il y déceler la marque d'une personnalité schizophrène où le bien et le mal ne se rencontrent jamais? La biographie critique de Philippe Alméras nous permet, tout au contraire, de comprendre quels liens intimes et puissants ont uni le pamphlétaire et le romancier de génie dès l'origine. A travers un ardent chassé-croisé entre réalité rêvée et fiction vécue jusqu'à l'extrême... Puisque l'homme qui réinventa la littérature en grand sous les assauts d'une fièvre et d'une révolte sans précédent dont le Voyage et Mort à crédit ont immortalisé le style mythique, puisque l'homme qui s'impose d'ores et déjà comme l'un des plus grands écrivains du XXe siècle vient d'ouvrir une boîte de Pandore: celle de l'Histoire la plus idéologique de tous les temps. Celle d'un théâtre de folie dont il s'est d'abord contenté d'être le témoin et le spectateur impuissant lors de la Première Guerre mondiale avant d'en devenir la pythie durant la Seconde. Embrassant alors la tentation hallucinatoire d'une victoire définitive sur le destin, déployant sa démesure à l'échelle des haines qui combattent le spectre du déclin et de la défaite. C'est le passage de la ligne rouge qui voit le pamphlet soudain l'emporter sur le roman à l'issue d'une longue évolution où l'auteur, tour à tour désabusé, vindicatif puis imprécateur, aura joué d'innombrables registres en ne cessant de se créer tous les ennemis possibles et imaginables. Céline, certes, reviendra au roman. Entre-temps, il aura bel et bien poussé son "voyage" au bout de la nuit. La première biographie à rendre justice au Céline des passions dans une édition entièrement revue et augmentée.
Nombre de pages
495
Date de parution
06/05/2011
Poids
810g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782363710062
Titre
Céline. Entre haines et passion
Auteur
Alméras Philippe
Editeur
PG DE ROUX
Largeur
155
Poids
810
Date de parution
20110506
Nombre de pages
495,00 €
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Orphelin à sept ans, Philippe Alméras va naviguer désormais sans carte ni boussole, ce qui fera de lui un témoin ingénu entre Paris et la Lozère, de l'Occupation, de la Libération et des guerres coloniales. Né dans la bourgeoisie, il verse avec ceux de sa génération vers le peuple, jusqu'à ce que l'expérience du socialisme islamique le guérisse de divers préjugés pieux. Le hasard et un refus d'obéissance le propulsent secrétaire de presse au cabinet de cinq ministres de la Guerre où il reçoit le premier l'annonce de la reddition de Dien Bien Phu le 7 mai 1954. Un rappel au Maroc le fait assister ensuite au processus d'indépendance du royaume chérifien.Suivent dix ans de journalisme, dans le groupe Réalité-Entreprises puis l'Action automobile, interrompus sur une impertinence.Il risque ses indemnités dans un magazine à bout de souffle et se retrouve bientôt démuni. L'Amérique s'offre alors comme un refuge et l'occasion de reprendre ses études avec un sujet de thèse dérangeant sur Céline. Sa curiosité l'amène à découvrir des documents inattendus mais divers obstacles l'empêcheront de publier sa thèse pendant quinze ans. Vu comme un des défenseurs de Céline aux Etats-Unis, il passe pour son adversaire en France et se voit, dès lors, marginalisé. Tout cela ne fait pas une carrière facile mais assure une vie très racontable.Ce récit foisonnant d'un intellectuel baroudeur restitue la vie d'une époque, tant en France qu'aux Etats-Unis, entre New York et la Californie. Y défilent de multiples personnages connus ou inconnus, écrivains, journalistes, universitaires amis ou faux-jetons, étudiants déjantés, bourgeois cupides et petit peuple ; toute une faune dont l'auteur sait rendre les tons et le pittoresque. Dans une langue à la fois véhémente et passionnée, où le vitriol alterne avec l'ironie d'un homme qui a connu trahisons et amitiés, déceptions et reconnaissance littéraire, Philippe Alméras évoque tour à tour l'enfance bourgeoise, l'internat lozérien, le service militaire, les débuts dans la presse, la vie sur les campus américains ou encore ses tribulations burlesques dans le château normand abritant son Centre d'études franco-américain, proche de Lisieux.
Qui ne connaît la plus droite, la plus antique, la plus historique des rues de notre capitale ? Certains la disent tracée par les mammouths il y a dix mille ans quand Paris n'était encore qu'un fragment de la Sibérie... D'autres n'y voient que l'axe nord-sud de Lutèce, le cardo établi par Rome à l'heure de la conquête, d'autres encore le chemin vers Saint-Jacques de Compostelle. Pourtant, l'histoire de la rue Saint-Jacques où reposent la patronne de Paris, sainte Geneviève, et Clovis, le premier roi des Francs, est le reflet étonnant de celle de notre pays, de sa capitale. C'est avec passion que Philippe Alméras ressuscite ici le décor, les événements, les figures hors du commun de cette voie millénaire. Remontant de la Seine, il y a d'abord l'université, la Sorbonne, forgeant le " pays latin ", les humanités chrétiennes ensuite, avec les dominicains qui prennent le nom de Jacobins et dont saint Thomas d'Aquin sera le phare. Il y a encore la poésie, avec Villon, l'imprimerie, venue d'Allemagne, Rabelais le Renaissant et les collèges, parmi lesquels Louis-le-Grand qui forme encore l'élite de notre jeunesse. Calvin y échappe à l'émeute durant la Réforme, et la Contre-Réforme s'y installe en sa partie "campagnarde" où sont les couvents, tel le Val-de-Grâce, ultime fondation royale. La grande flambée de Mai 68 est un bouquet final de cette histoire captivante... à lire comme un roman national.
Cet homme est une ?uvre : de Voyage au bout de la nuit à Rigodon en passant par Progrès, L'Église et Bagatelles pour un massacre et Les Beaux Draps, sans oublier les arguments de ballets, La Légende du roi Krogold et l'énorme correspondance aux amis, aux amies, aux ennemis, aux patrons et aux éditeurs de 1916 à 1961. Soit dans une langue en constante évolution, un discours très cohérent qui cite le siècle dont il est la mémoire fidèle - pour le meilleur et pour le pire. Cet homme est une vie: toutes les vies - parallèles ou successives - du cuirassier, du médecin, du pharmacien, de l'écrivain et du militant. Lorsque Louis Destouches se transforme en Louis-Ferdinand Céline, il a, à trente-huit ans, traversé une série d'avatars qui auraient rempli deux ou trois existences ordinaires à travers trois continents. Il en a intégré ou rêvé bien plus (des années en Afrique ", " quatre ans médecin chez Ford "). Chéri de la gauche antifasciste de Barbusse, de Lévi-Strauss et d'Elie Faure, il préconise quatre ans plus tard une alliance militaire avec l'Allemagne de Hitler et révèle un racisme antisémite moins choquant alors qu'il ne semble aujourd'hui. Délires passagers nés de la conjoncture guerrière ou vision du monde incarnée dans celui qui se veut Celto-Germain comme Gobineau se voyait Viking? Pour se retrouver dans ce foisonnement souvent contradictoire, rien de tel qu'un dictionnaire aux multiples entrées qui fasse fi des légendes et des tabous en intégrant les témoignages de tous bords. Ce Dictionnaire Céline est le premier ouvrage de référence sur le sujet. Il le restera sans doute pour longtemps. Il se doit de figurer dans la bibliothèque de tous les céliniens et anti-céliniens.
L'inconnu continuait à me fixer. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? M'accueillir dans sa propre solitude ? Pas question. Même si la mienne était insupportable. Une engelure tenace. J'ai voulu me protéger à ma façon, et d'une voix narquoise : - A votre avis, quand le type en trench est entré et qu'il a glissé deux mots à l'oreille de l'autre, qu'est-ce qu'il lui a dit ? II est resté impassible, l'air de ne pas comprendre. Ou de s'en foutre éperdument. Peut-être avait-il dormi pendant le film ? - Si on allait prendre un verre ? J'ai secoué la tête énergiquement. Et avec forfanterie, voire provocation : - Non, merci. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. De toute façon, j'attends quelqu'un. - Vous attendez quelqu'un ? a-t-il dit sur un ton de perplexité moqueuse." Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l'univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d'un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l'illusion ou le fantasme, soudain surpris par l'éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.
La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium). S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc. De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance. Le constat de base que font les "décroissants" est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que "plus" ne veut pas automatiquement dire "mieux" et qu'il est parfois nécessaire de dire : "C'est assez !" Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le " développement durable " est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'"empreinte écologique" et d'"effet-rebond". L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de "valeur intrinsèque de la nature". L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : "Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie".
Roland Jaccard raffole des cinéphiles, l'étant lui-même jusqu'au bout des ongles. Le problème est qu'il aime encore plus John Wayne, l'homme à abattre, jugé coupable de nombreux crimes par les petits censeurs de la bien-pensance anti-Trump. Réac, raciste, génocidaire... on ne compte plus les coups bas que dirige en permanence la charge de la grosse cavalerie idéologique contre le dernier des géants. Heureusement Roland Jaccard dégaine plus vite qu'eux et ne rate jamais sa cible. Et c'est une belle leçon de western - transposé à notre époque démissionnaire - qu'il va leur donner : celle qui sonne tôt ou tard le cinglant retour à la réalité et au savoir-vivre. On retrouvera ici toute l'insolence et l'acuité inimitables de Roland Jaccard.
Dire qu'elle a traversé tous les régimes politiques de la Ve République et donne une image de la "femme française" serait un cliché journalistique ; certes, nous sommes, elle et moi, des corps français qui donnent de la voix, ou qui donnent voix, elle avec sa voix propre, moi dans le propre de cette voix qu'est l'écriture, mais la France dans laquelle nous vivons est fantômatique. Contrairernen t d Depardieu, Huppert n'a pas de corps"politique" : là encore, elle ne dit rien, ne parle pas, se contente de montrer en quoi un corps, un visage, une voix sont un paysage universel dans sa francité fantasmée ou regrettée." Cette superbe méditation sur Huppert, troublante et intemporelle, dessillera plus d'un regard...