La part du rêve dans les institutions. Régulation, supervision, analyse des pratiques
Allione Claude
ENCRE MARINE
23,40 €
Épuisé
EAN :9782909422978
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation : " la part des anges ". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation : l'" ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos c?urs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord ; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vite différents : rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage ; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Nombre de pages
189
Date de parution
23/11/2005
Poids
370g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782909422978
Titre
La part du rêve dans les institutions. Régulation, supervision, analyse des pratiques
Auteur
Allione Claude
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
160
Poids
370
Date de parution
20051123
Nombre de pages
189,00 €
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La supervision, cette pratique clinique qui consiste à accompagner les équipes soignantes ou éducatives pour mettre en paroles, analyser et faire évoluer leurs expériences professionnelles, ne saurait se passer de références, d'appuis théoriques ni d'une réflexion permanente sur son exercice. En effet, un superviseur engage la parole du groupe avec lequel il travaille, et cet engagement l'engage en retour. Dans son souci de transmission aux superviseurs et futurs superviseurs d'un corpus théorique indispensable, l'auteur a choisi la forme d'un vocabulaire qui allie le sérieux de l'approfondissement à l'humour que la pratique impose. Tout en explorant les concepts fondamentaux à la lumière de sa clinique, il établit une sorte de réseau, comme un réseau de voies ou de chemins, qui croise et fait "chanter" tous ces mots entre eux. Au fil des pages, il soutient cette double correspondance : définir les thèmes qui agissent dans la supervision, les nommer, les rattacher aux différentes théories qui fondent le travail thérapeutique et/ou social, et les relier entre eux.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Résumé : Nombreuses sont les recherches qui décrivent l'impact du capitalisme néolibéral sur nos modes de vie, sur la culture, sur les façons de vivre ensemble, en un mot : sur les sujets. Il est indéniable qu'aucune société ne saurait se protéger totalement des effets d'une logique commerciale qui impose sa marque en tant que pratique, mais aussi en tant que modèle prêt-à-penser. Le marché, le saint-Marché - saint parce qu'il prétend occuper l'espace de la transcendance - n'agit plus seulement sur l'acte d'achat. En venant se poser dans une logique de saturation, il entraîne avec lui tout un dispositif de déni du manque, attaquant ainsi les racines mêmes de la parole. Après avoir vécu dans une société de consommation, nous entrons dans l'ère de la société de saturation qui entraîne, quoi qu'elle en veuille, une véritable haine de la parole, laquelle se manifeste dans les faits de discours par la perversion du statut de la parole. Le saint-Marché a pris la place précise de toutes les transcendances. Il prône une saturation sans cesse appelée à être dépassée et indéfiniment renouvelable, totalement antagoniste avec la structure même du langage reposant sur le manque. C'est ainsi que cette saturation, mode d'action et facteur de la haine de la parole, agit de fait sur les articulations entre la sphère symbolique et le réel. Ne le voit-on pas à l'oeuvre dès aujourd'hui dans l'exercice des "métiers de parole" ? Ceux dont l'outil principal, justement, est la parole : la justice (attaque des juges par les politiques), la presse (discréditée, délaissée et parfois se discréditant elle-même à des fins consuméristes), la sphère psy (où le conditionnement voudrait remplacer la parole), et finalement la politique elle aussi ; et où la capacité de se référer à un acte de parole est teinté de discrédit qui ne peut qu'entraîner un esprit de mécréante généralisée. La haine de la parole explore cette situation en essayant d'en éclairer les mécanismes, et veut montrer qu'une véritable écologie politique de la parole est d'une impérieuse nécessité et sans doute d'une grande urgence.