Gradhiva N° 38/2024 : Paroles spoliées. Itinéraires de la littérature orale
Albers Irene ; Devevey Eléonore
QUAI BRANLY
20,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782357441576
L'issue des conquêtes coloniales, les puissances colonisatrices ne se sont pas seulement approprié des territoires et des biens culturels : elles ont aussi collecté des paroles. Missionnaires, administrateurs, ethnologues et linguistes ont, plus exactement, transformé en textes des énoncés oraux de natures et de fonctions variées dans leur contexte d'origine, bientôt rassemblés sous la catégorie de « littérature orale ». En situation d'asymétrie coloniale, ce triple transfert (de l'oral à l'écrit, d'une langue à une autre, d'un contexte culturel à un autre) a donné lieu à d'inévitables altérations. Les sources des textes ont parfois été effacées, et leur sens déformé ou perdu. Quelques anthologies de contes africains, océaniens, ou autres, se vendent encore aujourd'hui sans que la provenance des textes ne soit interrogée. Certains ont connu des trajectoires remarquables, notamment lorsqu'ils sont passés entre les mains de poètes des avant-gardes, comme Tristan Tzara, Blaise Cendrars, ou Jerome Rothenberg, ou encore d'écrivains eux-mêmes issus de territoires colonisés, comme Léopold Sédar Senghor ou Patrick Chamoiseau. Aiguillé par les principes des enquêtes de provenance menées sur les objets de musée, ce dossier, qui fait le pont entre les recherches francophones et germanophones sur le sujet, propose des études de cas africains, caribéens et nord-américains. Quelles sont les logiques d'appropriation à l??uvre dans ces transferts ? Est-il possible de les déjouer ?
Nombre de pages
240
Date de parution
20/11/2024
Poids
828g
Largeur
242mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782357441576
Titre
Gradhiva N° 38/2024 : Paroles spoliées. Itinéraires de la littérature orale
Auteur
Albers Irene ; Devevey Eléonore
Editeur
QUAI BRANLY
Largeur
242
Poids
828
Date de parution
20241120
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
L'histoire de la réception de Claude Simon en Allemagne commence dans les années soixante avec les premières traductions et comptes rendus de ses romans pour se prolonger, dès les années soixante-dix, par une remarquable prolifération de thèses et d'études universitaires. Le premier chapitre du présent recueil rassemble des publications non universitaires, pour la plupart des recensions parues dans la presse. Le chapitre suivant témoigne de l'influence conjuguée de la phénoménologie et du structuralisme sur les premiers travaux universitaires. La troisième partie présente la réception post-structuraliste : on y trouve des analyses de la poétique déconstructive et du traumatisme de la mémoire dans La route des Flandres. Dans le quatrième chapitre la réception allemande de Claude Simon apparaît comme tributaire d'une autre tradition intellectuelle : les interprétations se consacrent aux transgressions chez Simon, aux représentations du corps, de la violence, de la sexualité et de la guerre. Pour donner un aperçu des résonances littéraires de Simon dans les pays de langue allemande ont été inclus, pour finir, les textes de trois auteurs germanophones contemporains qui se sont inspirés de Claude Simon.
Presque tous les romans de Claude Simon évoquent la photographie : qu'il s'agisse d'un personnage photographe dans Le Vent (1957), de clichés jaunis (L'Herbe, 1958), d'instantanés immobiles (Le Palace, 1962), de cartes postales ou d'une photographie énigmatique d'Histoire (1967), sans oublier les archives photographiques maternelles de L'Acacia... Mais chez Simon cette présence des images nourrit d'abord une réflexion sur la langue, participe à son invention formelle. Sa pratique de la " description dynamique " s'élabore dans un lien étroit à la visualité traumatique, désintégratrice de la photographie, suscitant une véritable esthétique du choc. En dialogue avec les principales théories de la photographie (Kracauer, Benjamin et Barthes) comme avec l'intertexte littéraire de Simon (Proust, notamment), Moments photographiques fait apparaître la photographie comme une figure conceptuelle majeure des nouvelles poétiques de la mémoire. Et livre, ce faisant, à travers sa lecture de l'?uvre simonienne, une contribution décisive à toute Histoire littéraire de la photographie.
Mangeurs distraits ou compulsifs, adeptes des diètes exigeantes ou de la malbouffe continuelle... Pris dans le rythme effréné du quotidien, la plupart des gens n'accordent pas à leur alimentation l'attention qu'elle mérite, alors même que beaucoup la voient comme un problème. Cet ouvrage propose une alternative, une manière de se nourrir simple et pourtant radicalement différente : manger en pleine conscience. La clé ? Prendre le temps de savourer les aliments et d'observer ses habitudes alimentaires avec lucidité, mais aussi accepter ses propres écarts avec bienveillance. Très pratique, cet ouvrage constitue un véritable manuel à compléter vous-même, enrichi de nombreux conseils et d'activités ludiques et variées. Il vous aidera à développer concrètement une attitude positive envers la nourriture et envers vous-même, pour enfin vous sentir bien dans votre assiette... et dans votre corps.
Dans sa poursuite des étrangetés qui dépaysent, l'art moderne n'a cessé de faire bouger ses frontières en incluant " l'autre de l'art" dans son espace. Ce que les historiens de l'art ont nommé " primitivisme " désigne ce mouvement qui s'épanouit au début du XXe siècle. Or, dès le romantisme, l'altérité exotique a été confrontée à une autre, celle qu'incarne l'enfant auprès de nous et en chacun de nous. Le court-circuit a eu lieu vers 1845, à Paris, sous l'égide de George Sand, de Champfleury et de Baudelaire. Il marquera de Corot à Picasso, de Courbet à Kandinsky, de Paul Klee à Joan Miro une longue période de la création plastique. L'équivalence, déjà posée par les artistes, entre les productions de l'enfant et celles du primitif, l'un et l'autre détenteurs des " lignes élémentaires ", rencontre l'idée de quelques biologistes qui perçoivent dans la croissance du petit humain la récapitulation accélérée de l'histoire de notre espèce. L'horizon qui s'ouvre est fascinant : l'art des enfants est-il un reflet de l'enfance de l'art ? Les savants ? psychologues, préhistoriens, anthropologues ? prennent alors le relais des artistes. Ils abandonneront bientôt l'idée d'une pure et simple équivalence pour scruter une énigme qui n'est toujours pas refermée : pourquoi, de par le monde, les productions des enfants se ressemblent-elles et comment en viennent-ils à exprimer les différentes cultures graphiques et plastiques dans lesquelles ils sont élevés ? Les ethnologues des années 1930 (Griaule, Evans-Pritchard, Lévi-Strauss, Thérèse Rivière, Margaret Mead) se souviennent de ces questions et savent solliciter ce que les enfants font de leurs mains. Sans doute les points de vue de l'artiste et du savant se distinguent ? retrouver l'enfance n'est pas étudier l'enfant ? mais les moyens qu'ils utilisent ? l'enquête, la collection et l'exposition ? sont identiques et suscitent souvent leur mutuelle curiosité. Aujourd'hui, " l'art des enfants " est devenu une catégorie à part, isolée dans son monde, tout absorbée par la pédagogie; ce numéro voudrait rappeler combien il fut, pendant un long demi-siècle, un des foyers vivants où création esthétique et réflexion anthropologique se passaient réciproquement le relais.