D'où vient-elle? D'un pays de soleil, sur les rives orientales de la Méditerranée, là où furent trouvées les tablettes des premiers alphabets. Ses souvenirs ont la couleur des jardins suspendus, l'odeur du cumin et de la menthe, la transparence du verre soufflé. Maram al-Masri est née à Lattaquié, en Syrie. Ce n est pas dans son pays que je l'ai rencontrée, mais à Paris où les pas de l'exil l'ont portée. En 2009, une résidence d'écriture l'entraîne dans le nord de la France: Maram découvre les villes noyées de brume, les maisons qui se serrent les unes contre les autres comme pour se tenir chaud, une région aux antipodes de sa terre natale. Et pourtant... Pourtant, lorsque se mêlent rires d enfants et fragilités sociales, crises économiques et ambiance de fêtes foraines, le regard du poète ne connaît plus de frontières.
Nombre de pages
88
Date de parution
08/03/2012
Poids
114g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782362290275
Titre
La robe froissée. Edition bilingue français-arabe
Auteur
Al-Masri Maram
Editeur
BRUNO DOUCEY
Largeur
137
Poids
114
Date de parution
20120308
Nombre de pages
88,00 €
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L'avez-vous vu ? Il portait son enfant dans ses bras et il avançait d'un pas magistral la tête haute, le dos droit. Comme l'enfant aurait été heureux et fier d'être ainsi porté dans les bras de son père. Si seulement il avait été vivant."
j'avais un enfant je l'ai caché dans mon ventre il a partagé mon corps je l'ai nourri de mon sang je lui ai fait partager mes rêves j'ai chanté pour lui, il souriait je l'ai porté, il cessait de pleurer ils l'ont arraché à mes bras j'ai cessé de chanter "
Cette édition préparée, présentée et traduite en français par la poétesse syrienne Maram al-Masri, réunit une cinquantaine de femmes poètes. Le lecteur français sera certainement surpris (et séduit) par la liberté de ton, de forme et de pensée de la plupart d'entre elles. Pour l'essentiel, elles écrivent hors des sentiers rebattus de la tradition. Leurs vers sont libres, leur vocabulaire est résolument contemporain, leurs images sont souvent étonnamment modernes ? une liberté formelle qui exprime une volonté de libération humaine. L'amour, le désir, les interdits sociaux ou religieux, la revendication de liberté et de dignité des femmes sont souvent le feu intérieur qui anime ces textes.
Au moment des printemps arabes, on voit Maram al-Masri se vêtir du drapeau de son pays, incarnant la Syrie éprise de liberté, puis martyrisée. On la voit glisser son portable sous son oreiller, ne plus respirer, ensevelie sous ses morts. Tout au long de la révolution syrienne, la poétesse guette chaque jour les photos et les vidéos qui proviennent du pays où elle est née. Elle en tire le plus beau livre qui soit. Le texte témoin d'une époque, qui frappe par sa simplicité et sa dimension universelle.
Pour elle, "le tournesol est la fleur du Rom". Elle aime "la pluie, le vent et l'éclair". Elle ne connaît pas la peur. Elle, c'est Ceija Stojka, la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner par l'art et la poésie. Les poèmes de cette autodidacte proviennent des carnets où se mêlaient dessins, souvenirs de l'horreur, notes journalières et listes de mots allemands dont elle apprenait l'orthographe. Son oeuvre bouleverse parce qu'elle est arrachée à l'oubli. La lire, c'est gagner en humanité. En supplément, une postface éclairante de Murielle Szac et l'accès à un enregistrement des poèmes de l'autrice.
Résumé : Une femme a traversé l'aura d'une ville endormie, la nuit de graphite. Elle dénoue son sexe, s'enfonce dans ses entrailles. Elle n'attend plus. Ne revient plus. Elle émet le chant bleu des baleines. Elle jure d'aimer un inconnu. Une femme célèbre un hymen de feu avec la vie. Ana Istarú