L'archipel ibadite : une histoire des marges du Maghreb médiéval
Aillet Cyrille
CIHAM
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EAN :9782956842644
Cette enquête inédite dévoile l'histoire de l'ibadisme, minorité aujourd'hui invisible dans l'océan du sunnisme, mais qui a puissamment façonné le Maghreb dont l'Algérie actuelle. La mémoire de cette communauté oubliée nous plonge au c'ur même de la genèse de l'Islam et du Maghreb médiéval. Cette enquête inédite dévoile l'histoire de l'ibadisme, minorité aujourd'hui invisible dans l'océan du sunnisme, mais qui a puissamment façonné le Maghreb. Héritiers des dissidents kharijites soulevés contre le califat, les Ibadites animent les révoltes qui détachent la région de l'Empire et jouent un rôle crucial dans l'émergence d'un discours en faveur des Berbères, chez qui ils recrutent en masse. Ces contestataires développent une doctrine politique singulière, hostile à la tyrannie et favorable à une souveraineté fondée sur l'élection, la consultation et la collégialité. Pour les Ibadites, cet idéal s'incarne dans l'État qu'ils fondent vers 761 près de Tiaret (Algérie actuelle). Sa disparition brutale sous les coups des Fatimides en 909 constitue un traumatisme collectif qui oblige les fidèles à se redéployer sous la forme d'un archipel de communautés autonomes, dispersées entre la Méditerranée et le nord du Sahara. À la fin du Moyen Âge, il n'en subsiste que les bastions actuels du Mzab, de Tripolitaine et de Djerba. La mémoire de cette communauté oubliée nous plonge au c'ur même de la genèse de l'Islam et du Maghreb.
Nombre de pages
582
Date de parution
22/02/2022
Poids
1 090g
Largeur
171mm
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EAN
9782956842644
Titre
L'archipel ibadite : une histoire des marges du Maghreb médiéval
Auteur
Aillet Cyrille
Editeur
CIHAM
Largeur
171
Poids
1090
Date de parution
20220222
Nombre de pages
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Parmi les courants qui composent l'islam, l'ibâdisme est l'un des plus méconnus. Aujourd'hui réduit à une minorité infime - sans doute pas plus de trois millions de personnes -, il n'a survécu qu'à Oman, le seul pays où il est dominant, sur la côte orientale de l'Afrique (principalement Zanzibar) et au Maghreb. En Libye, les Ibâdites sont implantés dans le Djebel Nafûsa, en Tunisie sur l'île de Djerba, et en Algérie à Ouargla et dans le Mzâb, leur principal bastion. Des flux migratoires parfois anciens ont rajouté des points d'ancrage à cet archipel dynamique, à la fois sincèrement attaché à ses îlots de culture traditionnelle et profondément soucieux de développer son insertion dans des réseaux internationaux. Bien qu'ils récusent cette parenté, les Ibâdites sont les derniers descendants de la troisième branche de l'islam, le khârijisme, naguère singularisée par sa contestation d'un califat héréditaire et absolutiste réservé aux seuls Quraysh. L'apparition de l'ibâdisme à Basra, vers la fin du VIIe siècle, est indissociable de la recherche d'une solution de compromis et de coexistence avec les autres courants de l'islam. Ses pères fondateurs - parmi lesquels figurait peut-être le mystérieux Ibn Ibâd - récusaient en effet l'intransigeance des Azraqites, dont la politique de terreur et l'activisme militaire sont à l'origine de la légende noire qui entoure le khârijisme. L'ibâdisme n'en a pas moins hérité du khârijisme une vision élective et collégiale du pouvoir qui met en avant le choix de la communauté et l'exemplarité religieuse du gouvernant, dont la destitution est jugée légitime en cas de rupture du pacte initial. Dans le contexte actuel des révolutions arabes, les Ibâdites aiment d'ailleurs à se définir comme des "démocrates de l'Islam". Au Maghreb, l'historiographie communautaire rappelle volontiers la participation du mouvement aux révoltes qui secouèrent l'empire omeyyade finissant, son rôle actif dans la propagation de l'islam en milieu berbère et en Afrique noire, l'engagement de ses intellectuels dans la Nanda et la contestation anticoloniale dès la fin du XIXe siècle, ainsi que la lutte contre le "tyran" Kadhafi. Du côté d'Oman, pays devenu la vitrine mondiale de l'ibâdisme, l'historiographie officielle vante la "renaissance" impulsée, grâce aux ressources de l'or noir, par le sultan Qâbûs, mais aussi l'esprit de "tolérance" qui caractériserait la société locale. Ce volume tisse une réflexion sur la façon dont cette minorité s'est façonnée au coeur de l'Islam et met l'accent sur ses modèles fondateurs, des origines à l'époque contemporaine, et sur ses lieux et enjeux de mémoire.
Celte, romaine, puis wisigothique, musulmane et chrétienne, théâtre de l'Inquisition, première puissance coloniale du monde à la Renaissance, patrie du Cid, de Cervantes, de la corrida et de la movida, l'Espagne est le berceau d'une histoire d'une extraordinaire richesse. Ce pays si voisin du nôtre et apparemment si familier a connu un destin singulier en Europe. La présence prolongée de l'Islam en son coeur, la force séculaire des identités régionales, la forme sombre et exclusive que le catholicisme y a prise à la fin du Moyen Age, l'incapacité de la monarchie à se réformer, la guerre civile qui s'étend du début du XIXe siècle jusqu'à ce que nous appelons la guerre d'Espagne, la transition démocratique imposée de manière quasi autoritaire par le roi Juan Carlos à partir de 1975 : autant de traits qui ont modelé l'Espagne et que ce livre explore en compagnie des meilleurs spécialistes, français et espagnols.
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