L'habitude veut que le goût soit le sens par lequel nous connaissons la beauté et jouissons des belles choses. Derrière l'imperturbabilité apparente de cet adage, Agamben met à nu l'ampleur, tout sauf rassurante, d'une fracture qui divise sans appel le sujet. A la jonction entre l'acte de connaissance et l'expérience du plaisir, entre la recherche d'une vérité et la jouissance du beau, le goût semble être lié à un savoir que l'on ne sait pas et à un plaisir dont on ne jouit pas. Dans la nouvelle perspective tant esthétique qu'économique ouverte par Agamben, se dessine une complicité inquiétante entre homo aestheticus et homo oeconomicus et prend forme, dans toute sa fragilité, la question fondamentale de la théorie de la connaissance : qui est le sujet du savoir ? Qui sait ? Il en ressort aussi, et ce par l'entremise d'Eros, une ode à la philosophie, dans laquelle l'"amour du savoir" ne peut qu'être aussi un "savoir d'amour", où le goût scelle l'enchevêtrement irrévocable de connaissance et plaisir, de savoir et jouissance.
Nombre de pages
77
Date de parution
13/09/2024
Poids
401g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782958972707
Titre
Goût. Le savoir du plaisir, le plaisir du savoir
Auteur
Agamben Giorgio ; Bellomo Paolo
Editeur
ASINAMALI
Largeur
120
Poids
401
Date de parution
20240913
Nombre de pages
77,00 €
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Résumé : Dans ce livre, la pensée qui cherche une forme neuve, une nouvelle "prose", fait appel aux ressources de l'apologue, de l'aphorisme, du récit bref, de la fable, de la devinette et de toutes ces "formes simples", aujourd'hui désuètes, dont la tâche a toujours été, plutôt que d'exposer des théories plus ou moins convaincantes, de faire vivre une expérience, de dissiper le leurre, de réveiller. Dans ce sens, et seulement dans ce sens, le problème de la pensée est ici un problème poétique. Ainsi, les trente-trois petits traités de philosophie qui composent le livre constituent autant d'idylles (dans le sens étymologique de "petite forme, ou idée") qui cernent dans leur raccourci ce qui ne peut en aucun cas être oublié, puisque cela consiste précisément dans la "mesure la plus brève", selon l'avertissement platonicien.
Dans la tradition philosophique occidentale, l'homme apparaît comme le mortel et, en même temps, comme le parlant. Il est l'animal qui a la "faculté" du langage et l'animal qui a la "faculté" de la mort. Tout aussi essentiel est ce rapport dans l'expérience chrétienne. La faculté du langage est la faculté de la mort : le lien entre ces deux "facultés", toujours présupposé chez l'homme et toutefois jamais radicalement remis en question, peut-il réellement rester impensé ? Et si l'homme n'était ni le parlant, ni le mortel, sans cesser pour autant de mourir et de parler ?"
Depuis qu'Aristote a défini l'homme comme "animal politique", la pensée occidentale n'a cessé, tant du côté de la métaphysique que de la science, de se heurter aux apories nées de la frontière à tracer entre animalité et humanité. Après avoir passé en revue toutes les interrogations en en dégageant la signification anthropologique, Giorgio Agamben met en discussion le cours donné par Heidegger rn 1929-1930 intitulé "Les Concepts fondamentaux de la métaphysique".
Résumé : Des amibes mutantes et communistes, des électrons pervers et immoraux, des bras tentaculaires aux capacités visionnaires et puis cette autre espèce étrange : les scientifiques de laboratoire. Les atomes, la lumière, l'espace-temps, l'univers entier sont bien plus queer que nous ne pouvons l'imaginer. En conjuguant physique quantique, sciences naturelles et sciences studies avec les théories féministes, Karen Barad bouleverse notre vision du réel, ainsi que les notions habituelles d'identité et de causalité , elle révèle le lien intime entre matière et signification, et offre un support empirique au déconstructionnisme. Il en résulte une véritable ode à Protée, une onto-épistemologie matérialiste et relationnelle... un projet vertigineux de philosophysique.
Résumé : "Il n'existe pas de conscience de classe sil n'existe pas de haine de classe. Cette expression est tellement démodée, tellement désuète, que c'est précisément pour cela qu'elle mérite que je m'y arrête un moment. Il est déplorable que quatre-vingt-dix-huit pour cent, si on veut faire preuve d'optimisme, des gens qui habitent cette planète n'aient pas de conscience de classe, et soient en réalité des prolétaires, ou des sous-prolétaires, ce qui est encore plus terrible et dangereux". Aujourd'hui plus que jamais, le culte du nouveau s'applique aussi au champ du savoir et l'information s'automutile de tout ce qui la précède. Victime elle aussi de l'obsolescence typique du savoir-marchandise, une expression si incommodante, dangereuse et actuelle que celle de u lutte des classes s a sombré dans l'oubli. A travers un langage captivant et provoquant, Sanguineti revient donc nous parler de nouveau prolétariat, nous propose un guide en trompe-l'oeil d'adhésion au matérialisme historique et, en revendiquant l'incroyable actualité de la pensée marxiste, nous invite à relire ta conscience de classe comme un hymne à la connaissance.
Résumé : Si le bourdon fait partie du système reproducteur du trèfle, pourquoi ne ferions-nous pas partie du processus de croissance d'artefacts ? Un regard attentif aux mondes animaux révèle les mille et une manières dont la technique et le beau émergent du sensible. Mais qu'en est-il des relations sociales de production, de domination et d'exploitation ? Si celles-ci ne relèvent pas exclusivement de l'humain, que disent-elles de la manière dont on le devient ? En explorant les champs relationnels où se déploient les co-devenirs interspécifiques, ou en tissant des liens entre les dynamiques éthologiques, sociologiques et esthétiques, Ingold dissout les dichotomies cartésiennes nature-culture, humain-animal. Son anthropologie au-delà de l'humain est une véritable poétique de l'être-au-monde.