Il n'existe pas de conscience de classe sil n'existe pas de haine de classe. Cette expression est tellement démodée, tellement désuète, que c'est précisément pour cela qu'elle mérite que je m'y arrête un moment. Il est déplorable que quatre-vingt-dix-huit pour cent, si on veut faire preuve d'optimisme, des gens qui habitent cette planète n'aient pas de conscience de classe, et soient en réalité des prolétaires, ou des sous-prolétaires, ce qui est encore plus terrible et dangereux". Aujourd'hui plus que jamais, le culte du nouveau s'applique aussi au champ du savoir et l'information s'automutile de tout ce qui la précède. Victime elle aussi de l'obsolescence typique du savoir-marchandise, une expression si incommodante, dangereuse et actuelle que celle de u lutte des classes s a sombré dans l'oubli. A travers un langage captivant et provoquant, Sanguineti revient donc nous parler de nouveau prolétariat, nous propose un guide en trompe-l'oeil d'adhésion au matérialisme historique et, en revendiquant l'incroyable actualité de la pensée marxiste, nous invite à relire ta conscience de classe comme un hymne à la connaissance.
Edoardo Sanguineti est une figure majeure de la littérature contemporaine italienne. Auteur engagé, il écrit une poésie " civique ", largement autobiographique. Dans leur grande majorité inédits en français, ces poèmes, traduits par Isabel Violante, dessinent une œuvre polyglotte, immédiate et radicale.
Résumé : Des amibes mutantes et communistes, des électrons pervers et immoraux, des bras tentaculaires aux capacités visionnaires et puis cette autre espèce étrange : les scientifiques de laboratoire. Les atomes, la lumière, l'espace-temps, l'univers entier sont bien plus queer que nous ne pouvons l'imaginer. En conjuguant physique quantique, sciences naturelles et sciences studies avec les théories féministes, Karen Barad bouleverse notre vision du réel, ainsi que les notions habituelles d'identité et de causalité , elle révèle le lien intime entre matière et signification, et offre un support empirique au déconstructionnisme. Il en résulte une véritable ode à Protée, une onto-épistemologie matérialiste et relationnelle... un projet vertigineux de philosophysique.
Résumé : L'habitude veut que le goût soit le sens par lequel nous connaissons la beauté et jouissons des belles choses. Derrière l'imperturbabilité apparente de cet adage, Agamben met à nu l'ampleur, tout sauf rassurante, d'une fracture qui divise sans appel le sujet. A la jonction entre l'acte de connaissance et l'expérience du plaisir, entre la recherche d'une vérité et la jouissance du beau, le goût semble être lié à un savoir que l'on ne sait pas et à un plaisir dont on ne jouit pas. Dans la nouvelle perspective tant esthétique qu'économique ouverte par Agamben, se dessine une complicité inquiétante entre homo aestheticus et homo oeconomicus et prend forme, dans toute sa fragilité, la question fondamentale de la théorie de la connaissance : qui est le sujet du savoir ? Qui sait ? Il en ressort aussi, et ce par l'entremise d'Eros, une ode à la philosophie, dans laquelle l'"amour du savoir" ne peut qu'être aussi un "savoir d'amour", où le goût scelle l'enchevêtrement irrévocable de connaissance et plaisir, de savoir et jouissance.
Résumé : Si le bourdon fait partie du système reproducteur du trèfle, pourquoi ne ferions-nous pas partie du processus de croissance d'artefacts ? Un regard attentif aux mondes animaux révèle les mille et une manières dont la technique et le beau émergent du sensible. Mais qu'en est-il des relations sociales de production, de domination et d'exploitation ? Si celles-ci ne relèvent pas exclusivement de l'humain, que disent-elles de la manière dont on le devient ? En explorant les champs relationnels où se déploient les co-devenirs interspécifiques, ou en tissant des liens entre les dynamiques éthologiques, sociologiques et esthétiques, Ingold dissout les dichotomies cartésiennes nature-culture, humain-animal. Son anthropologie au-delà de l'humain est une véritable poétique de l'être-au-monde.