Le chant patriotique iranien prend ses racines dans l'histoire la plus ancienne de ce pays. Partie intégrante du patrimoine de langue persane, il s'appuie en premier sur l'oeuvre monumentale de la poésie épique de Ferdowsi jusqu'à survivre encore, aujourd'hui, dans notre siècle postmoderne. De ce long parcours nous avons retenu la période contemporaine avec comme point de départ la Révolution constitutionnelle à l'origine de la création du premier parlement représentatif du peuple au Moyen-Orient. Par la suite, les poèmes des plus grands noms de la poésie persane seront mis en musique par des compositeurs célèbres et interprétés par des icônes de la chanson iranienne. Une spécificité bien persane comme écho viscéral de la vox populi. Le lecteur francophone découvrira ainsi, à travers cet ouvrage, un volet essentiel du patrimoine iranien, ciment d'un patriotisme qui ne cesse de s'exprimer d'une convulsion à l'autre de son histoire millénaire.
L'objet de ce livre est une mise en lumière des différents aspects de la figure du forgeron dans Le livre des rois. Le lecteur, pour peu qu'il soit familier de cette oeuvre titanesque qu'est le Shâhnâmeh, n'ignore pas qu'il est un forgeron en particulier dont la stature émerge de cette épopée. Celle de " Kâveh ", nimbée d'une aura patriotique à laquelle aucun Iranien ne saurait demeurer insensible. Le mythe qu'il incarne, aux origines si anciennes qu'il prend racine dans les cosmogonies primitives de l'humanité, joue un rôle décisif dans le combat qui oppose le dieu céleste au monstre ophidien matérialisant le chaos. La version originelle de ce mythe veut que le forgeron céleste forge les armes avec lesquelles la divinité de lumière viendra à bout du dragon symbolisant la sécheresse et retenant prisonnières les eaux de pluie. Le forgeron, en remettant la foudre forgée par ses soins au dieu céleste, fait basculer la destinée de l'univers du côté de la vie et de la fertilité. Voici pour l'imagination primitive, libre de toute chronologie terrestre. Viennent ensuite les temps des idéologies, quand les scribes au service de souverains bien terrestres, soucieux de légitimer leurs règnes pour l'éternité, travestissent les mythes intemporels en légendes historiques. Cet ouvrage est le résultat d'une longue recherche, faite d'analyses minutieuses et de mises en regard de cultures diverses, par le recours notamment à la mythologie comparée, pour révéler un tel processus. Le lecteur découvrira, au fil de ces pages, comment les oeuvres de l'esprit se sont appliquées de tout temps, pour des besoins politiques, à faire remonter la généalogie humaine à des origines divines.
Ces "brins éparpillés" sont des fragments de pensées élevées et combinées dont ils forment les émissaires. Des mots qui, ensemble et côte à côte, recherchent un lieu nouveau afin d'apporter un lustre inédit à notre présence sur la scène de l'être. La fortune humaine se bâtit par les vocables et leurs combinaisons. Car l'extrême de toute condition nous vient de symboles qui nous charrient puis, vers les autres, nous emportent. Reste-t-il encore un lieu où déceler l'introuvable ...
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...