Les mille et une frontières de l'Iran. Quand les voyages forment la nation
Adelkhah Fariba
KARTHALA
32,00 €
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EAN :9782811106645
L'orientalisme et l'idéologie nationaliste ont laissé dans l'ombre les relations pluriséculaires nouées par l'Iran avec le reste du Moyen-Orient, mais aussi et surtout avec le Caucase, l'Asie centrale, le sous-continent indien et l'Extrême-Orient. Il en est découlé une perception distordue de l'histoire du pays. Depuis une quarantaine d'années, l'exil politique, l'expatriation économique, la généralisation du commerce transfrontalier, les pratiques de pèlerinage, l'engagement internationaliste dans différents conflits de la région ont conféré une importance accrue à l'institution de la frontière. D'autant que l'Iran est devenu un pays d'immigration et de refuge, accueillant sur son sol plusieurs millions d'Afghans et d'Irakiens. En outre, la frontière géographique et politique met en jeu d'autres frontières, entre les genres, entre le public et le privé, entre la légalité et l'illégalité, entre le religieux et le profane. Fariba Adelkhah se livre à une anthropologie des pratiques sociales du voyage en privilégiant l'étude des réseaux financiers et commerciaux transfrontaliers à l'échelle du Grand Khorassan et du golfe Persique, de l'expatriation au Japon, de la diaspora irano-californienne, de l'immigration afghane en Iran, des pèlerinages sur les lieux saints de Syrie et d'Arabie, des rêves de départ et de retour qui habitent le corps social. Au fil d'une observation participante s'étalant sur une dizaine d'années, elle apporte un éclairage neuf sur l'économie politique du néolibéralisme en République islamique, sur la participation sociale des femmes, sur la conscience nationale et religieuse - en bref sur ce qu'être Iranien (et Iranienne) veut dire, au jour le jour, et sur l'ambivalence des appartenances ou des identités. Quand les voyages forment la nation...
Nombre de pages
486
Date de parution
10/05/2012
Poids
530g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811106645
Auteur
Adelkhah Fariba
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
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20120510
Nombre de pages
486,00 €
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Biographie de l'auteur Faribo Adelkhah vit en Fronce depuis 1977. Elle est anthropologue et directrice de recherche à Sciences Po / CERI. Elle o publié Les Mille et une frontières de l'Iran. Quand les voyages forment la nation aux éditions Karthala en 2012.
La Révolution iranienne de 1978-1979 et le régime islamique qui en est issu n'ont pas fini de nous interpeller. Mais parmi les questions que nous nous posons légitimement à leur sujet, une seule, à vrai dire, a passionné et passionne encore l'opinion occidentale : c'est la question des femmes. Sujet populaire et toujours d'actualité, mais également chargé d'ambiguïté, d'émotion, de douleur, voire de danger ! Fariba Adelkhah a eu le courage de s'y attaquer et d'aller enquêter sur place, en anthropologue, en s'efforçant de résister à la simplicité trompeuse des thèses partisanes et des oppositions manichéennes. Aussi, le travail qu'elle nous livre aujourd'hui tranche-t-il singulièrement, par son sérieux et son originalité, sur la littérature superficielle et de parti pris qui semblait régner jusqu'à présent dans ce domaine. Le résultat est une riche moisson d'observations et d'analyses sur l'idéologie et les pratiques des cercles féminins musulmans de la capitale iranienne. Fariba Adelkhah démontre notamment bien la double contradiction qui caractérise l'évolution du statut de la femme en Iran, double contradiction dont la question du voile fournit une sorte de condensé (d'où son incompréhension en Occident) : durant le règne des deux derniers Shah le dévoilement forcé des Iraniennes a contribué à accentuer leur enfermement dans le cadre familial ; à l'inverse, sous la République islamique, c'est par le truchement de leur revoilement, même contraint, qu'elles ont pu accéder à un rôle croissant dans la vie de la Cité. De même, Fariba Adelkhah nous fait découvrir que les femmes qu'elle étudie ont vécu et perçu la Révolution, non seulement comme un mouvement de contestation de l'ordre impérial, mais aussi et surtout comme un outil d'élaboration d'un autre ordre social et, notamment, d'une nouvelle identité féminine. Pour avoir su résister aux sirènes de la facilité, Fariba Adelkhah sera, n'en doutons pas, violemment contestée, tant par les uns, qui l'accuseront de tiédeur suspecte, que par les autres, qui lui reprocheront des sympathies coupables. Mais qu'elle ne s'en émeuve pas, bien au contraire : ces attaques seront le plus bel hommage qui pourra être rendu à son livre !
Adelkhah Fariba ; Moussaoui Abderrahmane ; Farag I
Principale institution de l'islam. la mosquée est également l'un de ses symboles les mieux partagés. Temple pour les 'ibadât (observances), la mosquée est aussi un lieu où s'informent les mu'amalât (les relations sociales). Symbole d'unité, elle peut aussi s'avérer le foyer d'intenses affrontements d'ordre socio-culturel. Lieu des pratiques religieuses, elle n'en demeure pas moins un espace éminemment politique contribuant à l'organisation de la cité et servant quelquefois les desseins les plus radicaux. Cœur et matrice de la cité, la mosquée est le lieu de la foi et un espace-enjeu de la loi. Son orientation religieuse ne doit pas voiler les multiples discours, pratiques et actions dont elle est le théâtre et qui n'ont rien de spécifiquement religieux. Ainsi, peut-elle servir de base à des actions d'ordre éducatif, sportif, écologique, touristique, etc. Ce qui témoigne d'une certaine sécularisation à la fois du lieu et de ses fidèles. En tant que telle. l'observation des pratiques dans la mosquée et autour d'elle montre combien le religieux, en l'occurrence l'islam, représente aujourd'hui une force ou un potentiel de changement social. C'est l'islam qui, à la fois. légitime et amplifie les avancées et les transformations sociales. De par son statut et sa place. la mosquée est un site privilégié de cette recomposition des champs et des pratiques. Pour mieux le comprendre, ce numéro l'approche à travers son triple rapport aux espaces. aux temporalités, à la sociabilité ou à la cité. Bousculant les essentialismes, les contributeurs tentent d'interroger la mosquée et les pratiques qui s'y déroulent aujourd'hui en privilégiant la problématique de la rupture avec les représentations ancrées et les schèmes admis. Au-delà de la motivation et/ou la justification religieuse. l'appel à la prière et le rituel de son déroulement, la construction d'une mosquée et son financement, sont autant d'actes également inscrits dans les enjeux du présent et les déterminants de l'histoire.
Le fait migratoire interpelle les politiques publiques de l'aide au développement bien au-delà du slogan convenu et illusoire du "co-développement". Fondé sur des recherches de terrain précises dans le Bassin méditerranéen, en Afrique occidentale, dans la région irano-afghane du Khorassan et en Asie du Sud-Est, cet ouvrage s'intéresse aux pratiques du voyage lui-même. Il se distingue à la fois de l'approche classique de l'immigration dans son double rapport aux sociétés dites de "départ" et d'"accueil", et de la thématique de la "diaspora". L'expérience du voyage ne se confond pas avec celle de la migration car elle recouvre d'autres formes de déplacements, mais elle ne peut plus s'en dissocier, ne serait-ce que pour des raisons administratives du fait des politiques restrictives de délivrance des visas. Réciproquement le fait migratoire renvoie à la problématique du voyage. Par définition les migrants se déplacent. Ils induisent aussi des pratiques complémentaires de voyage en faisant venir auprès d'eux des membres de leur famille ou des proches, et ils se pensent, pour une partie d'entre eux, à travers les prochaines étapes de leur pérégrination, parfois longue de plusieurs années. Ces voyages sont en partie virtuels, sous forme de lettres, de paquets, de cassettes, de photos, d'appels téléphoniques, d'e-mails, ou même de rêveries et d'attentes. Les migrations, les pratiques du voyage nous rappellent que le monde est en mouvement parce qu'elles constituent elles-mêmes un mouvement social. Il est nécessaire que les problématiques du développement prennent mieux en compte la complexité des mobilités contemporaines, tant ces dernières relèvent des objectifs les plus directs de l'aide. Elles n'y parviendront qu'en s'émancipant des attentes dites sécuritaires qui pèsent de plus en plus sur la formulation des politiques publiques. Le voyage est une pratique de développement, et un objet de l'économie ou de l'anthropologie du développement. Il doit maintenant devenir un sujet à part entière de l'aide au développement.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.