R d'Éden est un lieu de vie où les Brutusses et Brutus expérimentent des hospitalités alternatives maladroites. Alors que la pluie ne cesse de tomber et l'eau de monter, de plus en plus de Brutusses et Brutus viennent s'y réfugier.Les Brutusses et Brutus sont ces personnages, abîmés d'une façon ou d'une autre par le réel. À R d'Éden ces arrivées sont l'occasion pour chacun et chacune de partager le récit de leurs vies minuscules, avec pour fil commun la question du départ. Même si personne ne sait vraiment comment raconter ses histoires, ils et elles apprennent à s'écouter tandis qu'au loin parvient l'écho d'un cortège, venu de bien plus loin encore.Entre huis clos et roman choral, entre fiction et documentaire, Maxime Actis compose avec beaucoup d'acuité un récit intense sur les exodes contemporains, et les élans de solidarité qui y naissent.
Nombre de pages
220
Date de parution
17/05/2024
Poids
248g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782377562046
Titre
Brutus Brutusses
Auteur
Actis Maxime
Editeur
OGRE
Largeur
140
Poids
248
Date de parution
20240517
Nombre de pages
220,00 €
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Neige sur google maps Rhodopes traversées 4 jours, brouillard gras à midi avant, ici, les Montagnes étaient filles de la Terre ça ne se voit pas la mythologie n'est qu'une affaire de majuscules pluie, me repliant va-vite dans le local d'une station-service à la source de la ville k-way fluo, gouttes, pièces pour machine, carrelage Tetris, verres en plastique blanc je m'allonge sur le sac et je regarde le néon trouver une grotte et y dormir et coller fatigué front au sol un sanctuaire que j'aurai découvert dans la forêt, froid, plutôt que dans le guide vert je trouverai peut-être un coin où pieuter dans Homère ou Ovide
Ibrahim Qashoush est un héros, Ibrahim Qashoush est un révolutionnaire, bientôt Ibrahim Qashoush devient un martyr. Il devient le " rossignol de la révolution ", la légende des meurtris, des opprimés, des vaincus. Pourtant, d'Ibrahim Qashoush, on ne sait rien. Maxime Actis enquête à son propos avec les moyens qui sont les nôtres, avec les échos qui nous entourent depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. Il écrit contre l'oubli, ravive les images, même celles de l'horreur, pour le souvenir et la dignité des disparus, innocents, rebelles, hommes, femmes ou enfants. Avec beaucoup de délicatesse, il tisse un récit intense, haletant, inquiétant, et c'est tout le tumulte de cette guerre civile qui se ranime devant nos yeux.
On se couvrira les yeux d'abord, on fuira. On y reviendra de plein fouet et on voudra tout voir, avec la rage d'un coyote. On avalera les photos, les petits films de vacances mal cadrés, les anecdotes, les souvenirs. On voudra, comme le coyote déchiquette sa proie, appuyer de tout son poids, briser la colonne vertébrale. Comprendre comment une nuit on rentre chez soi, avec sa femme, ses deux enfants qui font une vie, comment on regarde la télévision ou comment on lit ou bricole, comment on va se coucher, et comment on ressort, au milieu de cette même nuit qui appartient à cette même femme et à ces mêmes enfants qui font une vie, comment on en ressort, porté par des bras inconnus, allongé dans l'air."
Brûlées, premier roman d'Adriadna Castellarnau, délivre une prose implacable, sèche et intensément belle, comme si les mots eux-mêmes avaient été réduits et purifiés par le feu. Le monde est en train de mourir. Ou il est peut-être déjà mort, mais il est encore habité par des survivants qui s'entendent sur la manière de mourir de faim, qui défendent leurs biens, qui prient pour l'avenir et qui abandonnent leurs enfants, parfois pour qu'ils aient une vie meilleure, parfois simplement parce qu'ils sont épuisés. Ce qui est arrivé au monde et pourquoi cela est arrivé n'est pas fondamental, ce qui compte c'est ce qu'il faut faire des dépouilles, de la crasse, de ces feux de joie nocturnes, de l'abandon lent de la compassion et du gouvernement de la tristesse.
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."