La baignoire d'Archimède. Anthologie poétique de l'Obèriou
Abril Henri
CIRCE
24,50 €
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EAN :9782842423315
La poésie russe du XXe siècle, exceptionnellement riche en écoles, mouvements et grands noms, s'est peu à peu révélée aux lecteurs francophones au cours des dernières décennies. Seule exception notable: les poètes de l'OBÈRIOU qui, aujourd'hui encore, demeurent méconnus, voire inconnus pour certains d'entre eux. En Russie même, ils n'ont pas encore trouvé toute la place qui leur revient; les premières éditions sérieuses ne datent, dans la plupart des cas, que des années 1990-2000. L'explication tient sans doute en partie au fait que, surgis sur la scène littéraire dans la seconde moitié des années vingt en tant qu'ultime phalange du modernisme russe, ces poètes furent pratiquement interdits de publication de leur vivant (2 ou 3 poésies seulement pour Harms, Vvédenski, Oleïnikov, aucune pour Bahktérev ou Tiouvélev), avant de succomber à une répression sans précédent qui préludera à leur absence prolongée du paysage poétique. Créée à la fin de 1927, l'OBÈRIOU (Association de l'art réel) avait pratiquement cessé d'exister dès 1931 et l'appartenance formelle au groupe, opposé à tous les "ismes", la participation à ses happenings dans le droit fil de l'avant-garde russe étaient parfois aléatoires; il n'en demeure pas moins que ces poètes apparaissent liés par une audace métaphorique et sémantique, une liberté formelle et conceptuelle, un humour au registre très étendu qui leur permettaient d'exprimer leur "écart", leur décalage certes souvent "infime" mais absolu, à tous les niveaux de la langue, du style et du rapport au monde, vis-à-vis du réalisme socialiste, du nouvel univers "tragiquement optimiste" qui finit par triompher dans les années 1930. L'oeuvre des poètes de l'OBÈRIOU, malgré des pertes substantielles, a cependant traversé les années de déshérence: c'est elle que la présente anthologie bilingue invite à découvrir dans toute sa diversité.
Nombre de pages
420
Date de parution
16/08/2012
Poids
416g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842423315
Titre
La baignoire d'Archimède. Anthologie poétique de l'Obèriou
Auteur
Abril Henri
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
416
Date de parution
20120816
Nombre de pages
420,00 €
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Poète espagnol d'expression française. Henri Abril a fait des études de slavistique à Moscou, où il vit depuis de nombreuses années. Il a publié en français Syllabaire/si l'aube et en russe un livre de poèmes directement écrits dans cette langue. On lui doit les traductions de nombreux poètes russes, de Pouchkine à Ivan Jdanov en passant par Serge Essénine, en particulier de l'?uvre poétique complète d'Ossip Mandelstam. C'est en marge de ce travail de longue haleine que sont nées la plupart des poésies du présent recueil, marquées dans leur forme même par la " métamorphose traduisante ", pour reprendre une formule de Pasternak. Quelques-uns de ces poèmes ont paru dans les revues Autre Sud, Voix d'encre et Le Mâche-Laurier, certains ont été traduits en russe et en espagnol.
Il y a sans doute peu de pays au monde où la poésie spécialement écrite pour les enfants soit aussi populaire qu'en Russie, au point de s'être constituée en genre tout à fait à part depuis le début des années vingt de notre siècle. Si elle a pu servir parfois de refuge à des poètes qui, tels Kharms, Sapguir ou Grigoriev, n'avaient pas la possibilité, sous le régime soviétique, de publier leurs oeuvres "pour adultes", cette poésie reflétait cependant les réalités du pays et de l'époque. Ce volume réunit dix des poètes les plus représentatifs (Sacha Tchiorny, Korneï Tchoukovski, Samuel Marchak, Daniil Kharms, Boris Zakhoder, Valentin Bérestov, Guenrikh Sapguir, Roman Sef, Younna Morits, Oleg Grigoriev), des poèmes que des millions d'enfants russes, aujourd'hui encore, connaissent par coeur. Comme pour eux, ces vers pourront constituer une initiation à la poésie russe en général et même, étant bilingues, à la langue russe qui demeure une des grandes voies d'accès à l'universalité.
Henri Abril, poète d'expression française, a fait des études de slavistique et de poétique comparée à l'université Lomonossov de Moscou, ville où il a longtemps vécu avant de se déposer en Espagne, le pays de ses ancêtres. Recueils Syllabaire / si l'aube ; Gare Mandelstam ; Byzance, le sexe de l'utopie ; Intime étymon ; Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, ainsi qu'un livre de poésies écrites en russe. Il est connu pour ses traductions, marquées par un souci d'équivalence fonctionnelle, des grandes voix russes du XXe siècle, dont Alexandre Blok, Sergueï Essénine, Ossip Mandelstam, Anna Akhmatova, Boris Pasternak, Vladislav Khodassévitch, Marina Tsvetaïéva, Daniil Harms et les poètes russes de l'absurde (groupe Obèriou). Tout récemment une forte anthologie de trois siècles de poésie russe pour les enfants et le chef-d'oeuvre lyrique de Federico García Lorca Onze sonnets de l'amour obscur. Ratures et dérades est en quelque sorte un livre bilan, condensé aléatoire des trois quarts de siècle du poète. Une élégiaque et libre errance, scandée par les poètes français, russes, hispaniques et autres qui l'auront accompagné tout au long de sa vie d'exilé, de "fidèle déserteur".
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.