« La religion est une affaire individuelle et privée qui nécessite le respect au sein de la société civile. Mais elle ne doit aucunement être une obligation. Or, pour la majorité des musulmans, le passé n'est pas révolu : il demeure la source parfaite de la vie humaine et de l'Éternité. Et le califat des premiers fondateurs est une autre forme du califat de Mahomet comme représentant de Dieu.Par conséquent, les règnes, qui se sont succédé dans les pays arabo-musulmans, ne sont que des variantes du premier sens du califat. C'est dans ce cadre que l'on peut comprendre la condition de la femme, la menace qui pèse sur les innovateurs, la censure qui empêche la pensée et toute forme de créativité. Le ciel lui-même intervient pour soutenir le désir-plaisir de l'homme. L'angoisse de ce dernier devant le féminin s'est transformée en un désir d'écrasement du féminin. On peut ajouter que la vision monothéiste, qu'elle soit musulmane, chrétienne ou juive, a transformé le divin en un instrument de pouvoir. » Adonis, né en 1930 à Qassabine en Syrie, est l'auteur des poèmes et d'essaistraduits dans le monde entier. Les Éditions du Seuil ont publié les trois volumesde son ?uvre poétique Al-Kitâb (Le Livre. Hier Le lieu Aujourd'hui), son autobiographiepoétique l?Adoniada, ainsi que deux premiers entretiens coécrits avec Houria Abdelouahed : Violence et Islam et Prophétie et Pouvoir.Houria Abdelouahed, psychanalyste, professeure des universités, traductrice,est aussi l'autrice de plusieurs essais sur la condition féminine dans le monde arabe tels que Figures du féminin en islam (PUF, 2012), Femmes du prophète (Seuil, 2016) ou Face à la destruction. Psychanalyse en temps de guerre (Éditions des femmes, 2022).
Nombre de pages
263
Date de parution
14/03/2025
Poids
300g
Largeur
140mm
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EAN
9782021586855
Titre
Eros et Islam. La fable, la femme, la loi
ISBN
2021586855
Auteur
Abdelouahed Houria
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20250314
Nombre de pages
263,00 €
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D'Agar, la mère des Arabes qui n'est présente dans le corpus arabo-musulman que comme figure d'esclave, à Khadija, l'épouse du prophète que les hagiographes ont dépouillée de toute sexualité; d'Aïsha, décrite comme l'aimée de l'Aimé de Dieu mais qui se révèle une enfant violentée et un nourrisson savant, à Zaïnab, qui bouleversera le destin de la filiation en Islam et dont l'entrée dans le foyer du prophète sera marquée par la Révélation du verset sur le voile; de l'inconsolable Hind, qui entaille avec cruauté le foie de l'oncle de Muhammad, à Fâtima, qui réclama l'héritage pour retrouver sa place de fille, elle qui était la mère de son père. Ces figures de femmes maltraitée, mélancolique, cruelle, fatale disent le lien complexe de l'Islam à l'inquiétante étrangeté du sexe féminin.Ces femmes et d autres lèvent le voile sur les soubassements pulsionnels de la fondation islamique. Ce livre explore cette question, la façon dont elle se présente dans le Texte (le Coran) et dans les textes. C'est inviter à une plongée dans les profondeurs effrayantes de la culture et du Texte, au-delà du charme de la belle surface.
Dans cet ouvrage, Houryia Abdelouahed se penche sur un texte monothéiste, celui de l'islam, afin de dégager cette vérité que contient la langue arabe: l'enchevêtrement du visuel dans le langage. Elle a pris le parti d'écarter toute psychanalyse appliquée, de ne faire ni la psychanalyse de l'islam, ni celle du soufisme. Elle se base sur la pensée abkarienne pour en montrer la fertilité par rapport à la question du visuel et du langage en faisant appel à la théologie, la grammaire et la poétique arabes, ainsi qu'au soufisme, dans une démarche de commentaire et d'interprétation.
La guerre civile, vers laquelle a rapidement évolué le soulèvement en Syrie né dans le sillage du « Printemps arabe », a contribué au développement et à l'ancrage de Daesh, qui restera dans l'histoire et dans la mémoire collective comme l'exemple d'une sauvagerie brute. La cruauté d'une guerre devenant de plus en plus complexe a provoqué la fuite des humains qui ont côtoyé la déshumanisation et ont vécu les affres de l'exil lorsqu'ils n'ont pas été engloutis par la Méditerranée. Par quoi passe l'analyste qui travaille avec celles et ceux qui fuient la guerre ou les rescapés qui ont vu et vécu l'insoutenable ? La cruauté des images qui nous parviennent via les réseaux sociaux et les médias se redouble de la violence dans le récit des patientes et des patients. Comment travaille l'analyste lorsqu'elle est déjà pleine de toutes les horreurs vues avant de les avoir entendues ? Comment travailler en temps de guerre ? Peut-on garder une neutralité lorsqu'on reçoit des rescapés qui ont éprouvé faim, soif, désabri et ce qui défait le corps et la pensée ? Comment retrouver « le luxe de la psyché » lorsque l'individu a vu, vécu la déshumanisation, la déliaison et les ravages de la pulsion de mort, la plus pulsionnelle des pulsions, celle qui prend comme expression la destructivité ... Et comment travaille l'analyste lorsque la guerre en Syrie va de pair avec la radicalisation et les attentats en France ...
A partir d'ouvrages d'histoire et d'hagiographie, il s'agit ici de la vie des femmes de Mahomet, légitimes, concubines, volées ou asservies. Mais le prophète a été aussi entouré d'autres femmes (sa mère, ses filles et les épouses des autres). Dans ce récit poétique et critique, mené comme un roman oriental, l'auteur met à part le cas d'Aïsha, la plus jeune des femmes, la plus aimée, la plus calomniée. Sur un ton lyrique, elle nous fait enfin découvrir la figure de la femme libre, Sajâh, condamnée par l'islam. Pour écrire ce livre, Houria Abdelouahed est remontée aux sources historiques et religieuses de la tradition arabo-musulmane. Elle a varié son style tour à tour compassionnel, révolté, analytique. Elle s'est confondue avec ces femmes, leur prêtant sa voix dans des monologues d'une grande force. Dans un texte conclusif, elle explique ce qui l'a unie, l'unit encore à ces femmes souvent vénérées et bafouées en même temps. Elle dresse un véritable réquisitoire contre le lien abusif entre les pratiques et croyances religieuses et la société civile. Bien entendu, elle s'attarde sur la condition féminine dans le monde musulman.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...