
Gilles de Rais maréchal de France dit Barbe-Bleue
Empressement, amusement et très joyeuse curiosité, ce jour-là, 28 décembre 1885, chez la foule qui bonde la salle des soutenances de la faculté des Lettres de Poitiers : un prêtre soutient. Un prêtre, issu de ce proche bastion clérical qu'est la jeune université catholique d'Angers, ose se présenter comme candidat au doctorat ès lettres face à un jury des facultés d'état. Son nom : Théodore-Eugène Bossard. Une soutane sans guère de renom, connu des seuls catholiques angevins pour ses talents pédagogiques et sa vigueur de polémiste. De quoi va-t-on débattre ? Au programme de la soutenance latine, les rapports possibles d'influence entre Dante et Alain de Lille, au programme de la soutenance française, une biographie historique de Gilles de Rais basée sur l'exploitation de documents médiévaux (notamment des minutes de son procès). La soutenance latine qui a lieu le matin dure trois heures ; la soutenance française, attendue, elle, pour l'après-midi, va en durer quatre. Quatre sidérantes heures de cauchemars érudits, d'infernales précisions sur des crimes extirpés du vieux fond médiéval comme de la tourbe d'un marais. Quatre heures d'horreur paléographique débitée, comme une confession trahie, par un érudit d'abbé qui tient son public tel un témoin à charge dans un procès d'assises. L'abbé Bossard va lentement promener sa torche sur des fresques, au long d'une tapisserie, dont les tons vont s'assombrissant jusqu'au noir nu. D'un jour clair et triomphant à une nuit sans appel. Du grand seigneur patriote, lieutenant de Jeanne d'Arc et grand pourfendeur d'anglais, jusqu'au funèbre sataniste éventreur de pâtres, le spectre moral est déployé par l'abbé, avec minutie, degré par degré, sans qu'un détail n'échappe. Le repentir de Gilles, précédant de peu son ascension au bûcher, apporta seul, à ce public repu de noirceurs, moral quoique friand d'angoisse, une happy end que l'on imagine de son goût. L'abbé Bossard, s'en doutait-il, venait de débusquer un mythe, de lever un monstre fabuleux dont la saisie et l'examen allaient préoccuper et enfiévrer quelques consciences troublées. "Le Braquemart", ce coutelas d'éventration dont usait le sire de Rais pour éviscérer les petits, raflés dans ses campagnes, passera de mains en mains ; en celles de Huysmans, d'abord (Là-bas, 1891), puis de Bataille et Klossowsky (Le Procès de Gilles de Rais, 1959) enfin de Michel Tournier (Gilles et, Jeanne, 1983).
| Date de parution | 19/04/2018 |
|---|---|
| Poids | 540g |
| Largeur | 162mm |
| EAN | 9782841373444 |
|---|---|
| Titre | Gilles de Rais maréchal de France dit Barbe-Bleue |
| Auteur | Abbé Bossard Eugène |
| Editeur | MILLON |
| Largeur | 162 |
| Poids | 540 |
| Date de parution | 20180419 |
| Nombre de pages | 0,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 4-6 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Vénus dans le cloître ou La religieuse en chemise
ABBE DU PRATIncipit. " Agnès. - Ah Dieu ! sœur Angélique, n'entrez pas dans ma chambre ; je ne suis pas visible à présent. Faut-il ainsi surprendre les personnes dans l'état où je suis ? je croyais avoir bien fermé la porte. Angélique. - Eh bien ! tout doucement ; qu'as-tu à t'alarmer ? Le grand mal de t'avoir trouvée changeant de chemise, ou faisant autre chose de mieux ! Les bonnes amies ne se doivent aucunement cacher les unes aux autres. Assieds-toi sur ta couche comme tu étais, je vais fermer la porte sur nous. "EpuiséVOIR PRODUIT2,00 € -

De viris. Les grands hommes de Rome
ABBE LHOMONDsi, selon Jacques Brel, Rosa, rosa, rosam scandent le refrain du Tango du collège, le De Viris de Lhomond en est, depuis deux siècles, le bandonéon. Bréviaire d'héroïsme et d'histoire romaine, ce petit livre était ainsi fait qu'on y apprenait aussi bien la concordance ces temps que celle des vertus chez les fils de La Louve. Tous ceux qui ont peiné, tous ceux qui ont rêvé sur ces pages illustres pourront, dans cette édition bilingue, vérifier s'ils ont perdu leur latin. Et peut-être le retrouver (tout en se remémorant des contresens de jeunesse), entre le texte et sa traduction. Mais tout lecteur s'avisera que ce best-seller pédagogique inusable est bel et bien au coeur de notre mémoire culturelle ... Que serait Rome, sans ses grands hommes ...Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER11,20 € -

La force des infiniment petits
ABBE PIERRE/MORINDéfenseur des exclus et des plus démunis, résistant, député à la Libération, fondateur d'Emmaüs en 1949, l'abbé Pierre n'a cessé de mener le combat pour la paix, la justice, le développement humain. Internationalement connu comme un homme de compassion et de générosité, il a constamment affirmé qu'un autre monde est possible, juste, fraternel et solidaire. Face aux défis du XXIe siècle, à ses injustices criantes, à ses excès meurtriers et destructeurs, les réflexions et les admonestations politiques de l'abbé Pierre restent des repères solides et plus que jamais actuels. L'abbé Pierre s'adresse à tous, aux plus modestes comme aux plus hauts placés. Pour nous émouvoir et nous convaincre, Il use du bon sens et parfois de l'humour : sa pédagogie réveille le désir de savoir et de comprendre. Il rend accessible la complexité du monde.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER14,50 €
Du même éditeur
-

Manuscrits de Bernau sur la conscience du temps (1917-1918)
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù AL'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER30,40 € -

Souffrir et jouir. Corps féminins en religion au XVIIe siècle
Gimaret AntoinetteCette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER29,00 € -

La cité des mages. Penser la magie en Grèce ancienne
Carastro MarcelloAu Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER25,36 €
De la même catégorie
-

Quattrocento
Greenblatt Stephen - Arnaud CécileEt si la Renaissance était née d'un livre ? Un livre perdu, connu par fragments, copié par quelques moines et retrouvé par un humaniste fou de manuscrits anciens ? L'idée, audacieuse, vertigineuse, ouvre les portes de l'histoire de Poggio Bracciolini, dit le Pogge, qui découvrit dans un monastère allemand une copie du De rerum natura de Lucrèce. C'était à l'aube du XVe siècle. Le Pogge n'était pas seulement un bibliophile passionné et un copiste hors pair. Il aimait les arts et avait écrit des facéties grivoises. Il aimait les femmes et était père de dix-neuf enfants. Il n'aimait pas l'Eglise, mais était secrétaire d'un pape diaboliquement intelligent et corrompu. Sa découverte allait précipiter les temps modernes et influencer des esprits aussi puissants que Botticelli, Montaigne ou Machiavel. "Fin connaisseur de la Renaissance, Greenblatt est un conteur d'exception : tout le savoir tourne au roman et l'érudition au plaisir" Claude ArnaudSur commande en 6-10 joursCOMMANDER8,00 € -

Le Grand Armorial équestre de la Toison d'or
Pastoureau Michel ; Castelbajac Jean-Charles dePrécieusement conservé à la bibliothèque de l'Arsenal au titre de trésor national, le Grand Armorial équestre de la Toison d'or est l'un des manuscrits enluminés les plus spectaculaires de la fin du Moyen Age. Peint à la gouache sur papier à Lille en 1435-1438, il représente les chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, fondé par le duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1430, et des personnages importants du temps. Rois, ducs, comtes et princes de l'Eglise y sont figurés en grande tenue héraldique, dans un costume à la fois militaire et civil en tout point extraordinaire. L'ensemble des 79 portraits équestres est accompagné de 950 armoiries collectées dans toute l'Europe par différents hérauts d'armes venus participer en 1435 à la grande paix d'Arras. Reproduit ici à l'identique, ce manuscrit exceptionnel est enrichi d'une présentation de l'historien Michel Pastoureau, spécialiste des armoiries, des couleurs et du bestiaire médiéval, et d'un entretien croisé entre le médiéviste et l'artiste Jean-Charles de Castelbajac, créateur iconoclaste passionné d'histoire et d'art contemporain, ainsi que de nombreux dessins inédits de sa main.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER49,00 € -

Histoire de la Renaissance
Vassort Jean ; Mérienne PatrickEntre le milieu du xve siècle et celui du xvie, les ?uvres d'Érasme et de Rabelais, de Léonard de Vinci et de Dürer, de Michel-Ange et de Raphaël, les châteaux de la Loire et les fresques de la chapelle Sixtine disent la richesse d'une période placée sous le signe des audaces de l'humanisme, que diffuse l'imprimerie, et de l'éclat artistique qu'entretient un extraordinaire mécénat. Mais l'époque ne peut se réduire à ses seules réussites culturelles. Elle est placée aussi sous le signe de la croissance économique et démographique, ainsi que de l'expansion qu'ouvrent les voyages de découverte de Christophe Colomb, de Vasco de Gama et de Magellan. Elle connaît également d'importants débats politiques et religieux, qu'illustrent les noms de Machiavel et de Luther. C'est l'ensemble de ces réalités que restitue ce livre, en évoquant le dynamisme comme les tensions, les progrès comme les zones d'ombre qui affectent l'histoire de l'Occident au temps de la Renaissance.EpuiséVOIR PRODUIT15,90 € -

Anne de Bretagne. Du duché au royaume
Jigourel ThierryAnne de Bretagne ! Voilà un nom qui, cinq siècles après la disparition de la noble Dame, évoque encore beaucoup pour les Bretons, dont certains, avec le temps, ont fini par confondre la haute figure avec Sainte Anne, leur sainte patronne ! Mais qui était ce personnage historique ? Femme de tête, femme opiniâtre et femme? politique ? Féministe avant l'heure ? Oui, qui fut-elle, vraiment, celle qui fut duchesse d'un Etat souverain dont elle vécut le chant du cygne en unissant son destin à celui de deux rois de France ? Et pourquoi les Bretons continuent-ils à la respecter, presque à la ?vénérer ? Autant de questions auxquelles Thierry Jigourel se propose de répondre avec honnêteté et objectivité.EpuiséVOIR PRODUIT9,90 €


