Le conservatisme paradoxal de Spinoza. Enfance et royauté
Zourabichvili François
PUF
26,50 €
Épuisé
EAN :9782130525271
Au détour de l'ordre géométrique, dans un scolie de la Quatrième partie de l'Éthique faisant suite à l'énoncé de la règle fondamentale qui associe l'utilité du corps humain, et par conséquent le bien de l'individu, à la recherche d'une constance fondamentale dans le rapport de ses parties, surgit un scolie baroque, où passe l'ombre de la mort et qui débouche sur d'inquiétantes possibilités de mutation, voire de transmutation de l'identité " Il arrive qu'un homme subit de tels changements, que je ne dirai pas aisément qu'il est le même. C'est ce que j'ai entendu raconter de certain poète espagnol qui avait été atteint de maladie et qui, bien qu'il en fût guéri, demeura cependant dans un tel oubli de sa vie passée, qu'il ne croyait pas que les nouvelles et les tragédies qu'il avait faites fussent de lui ; et certes on eût pu le tenir pour un nourrisson adulte, s'il eût oublié aussi sa langue maternelle... " De ce texte perturbateur et de sa " contradiction " centrale, qui ont semé le trouble chez les commentateurs, François Zourabichvili qui en propose une explication systématique fait le fil conducteur d'une relecture complète des relations qui associent la métaphysique spinozienne à son anthropologie et à sa politique, centrée sur la question de la transformation comme " oubli ", voire amnésie d'une forme antérieure, et " imagination ", chimérique ou non, d'une nouvelle aptitude du corps. Il démontre ainsi la rigoureuse correspondance qui, d'un bout à l'autre de l'?uvre, associe la question d'une sortie de l'enfance à celle d'une émancipation de l'imaginaire monarchique. À l'encontre d'une lecture naïvement " révolutionnaire " du spinozisme, surgit alors ce qu'on peut appeler un conservatisme : mais dont le paradoxe est éclatant, car il tend moins à préserver l'état de choses existant qu'à inventer les conditions d'une vraie conservation de soi (neutralisation de la mort et de la servitude).
Nombre de pages
271
Date de parution
24/10/2002
Poids
385g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782130525271
Titre
Le conservatisme paradoxal de Spinoza. Enfance et royauté
Auteur
Zourabichvili François
Editeur
PUF
Largeur
150
Poids
385
Date de parution
20021024
Nombre de pages
271,00 €
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Résumé : Selon Spinoza, les idées appartiennent à la nature au même titre que les corps. Et pourtant ce ne sont pas des corps : seule une physique spéciale, nullement métaphorique, peut rendre compte de l'étrange univers qu'elles composent. Mais quelle peut être cette physique, et ne semble-t-il pas que Spinoza ait renoncé à l'exposer ? Il n'en est rien, pour peu que le lecteur soit sensible aux étonnantes man?uvres de la IIe partie de l'Éthique. D'une part, Spinoza y redonne ses droits à la notion de forme, préparant une redéfinition de la physique comme science des transformations réglées. La portée de cette notion s'avère logique autant que médicale tandis que la forme d'un corps désigne désormais la formule mécaniste de son individualité et constitue une norme pour ses variations, la formation d'une idée, lorsque celle-ci se conçoit comme une réalité vivante et que s'efface sa différence avec l'esprit, devient un problème physique et non plus méthodologique. D'autre part, Spinoza y propose un nouvel usage de la langue, tout en invitant le lecteur à s'y initier : l'intelligibilité de l'univers mental (ou " entendement infini ") est à ce prix. La tâche du commentateur est alors de balbutier le nouvel idiome, au lieu de le traduire et de le réduire comme on le fait ordinairement. Cette réforme de la langue, au-delà de la mise en ordre géométrique du discours, esquisse sous nos yeux la grande réorganisation des images et des affects envisagée dans la Ve partie de l'Éthique. Ainsi fondée, la physique de la pensée donne une consistance logique et ontologique à l'étude des pathologies mentales menée dans les IIIe et IVe parties de l'Éthique, où se révèle l'imaginaire transformiste qui hante l'esprit humain et le maintient dans une impuissance dont l'éthique doit le sortir (par où Spinoza se fait le clinicien de son temps et déchiffre dans le goût baroque une structure anthropologique universelle). Dans le même temps, elle force cette étude à rencontrer pour son compte la question-limite de la transformation mentale (suicide et amnésie).
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