Au nom de l'Afrique " est le nouveau contrat politique audacieusement proposé par Gaston Zossou. Ce contrat annonce et va éclairer l'ère d'une nouvelle classe, d'un nouveau type d'hommes politiques africains. L'auteur, dans un style incisif et sincère, a déclenché une nouvelle manière de sentir et de penser pour libérer l'homme politique du poids qui freine l'élan novateur. Il pourra être sain, serein, armé d'idées novatrices et porteuses de développement. Les cibles de son réquisitoire sont la corruption puis l'intelligentsia malade et stérile. Que faut-il pour que l'Afrique connaisse enfin son décollage ? Par quel nouvel humanisme trouver une issue à l'inévitable ? Gaston Zossou répond, dissèque et diagnostique : il faut, pour le continent, des dirigeants de qualités techniques, intellectuelles et morales élevées ; remédier à l'analphabétisme électoral... Telles sont quelques-unes des solutions proposées pour une vision politique plus sensée. La parole prophétique est claire : " quand le temps sera venu, le souffle suprême se lèvera... Il dépassera en force les bourrasques de rien... Nous sommes déjà demain et un nouveau soleil brille ".
Nombre de pages
180
Date de parution
01/04/2000
Poids
224g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738489678
Titre
Au nom de l'Afrique
ISBN
2738489672
Auteur
Zossou Gaston
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
224
Date de parution
20000401
Nombre de pages
180,00 €
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Notre savoir-faire et notre outillage sont pour nous des choses sacrées. La première anime et inspire notre dévouement, la seconde prolonge et affine nos doigts, afin que nous nous acquittions dignement de notre tâche. Qu'est ce que la tondeuse, s'il n'y a pas des têtes à tondre? La tondeuse! Elle tond, mais n'accueille pas le client, ne le console pas, ne lui sourit pas, ne le distrait pas, ne le raccompagne pas, ne demande pas des nouvelles de la famille du client. La tondeuse tond ce qui est à la portée de ses mandibules. Quant à vous autres, le vrai travail vous revient. Dès lors que le client s'assoie sur votre fauteuil, que vous l'avez ajusté et ceint à son cou la blouse de protection, souciez vous de son prochain retour chez vous, et travaillez-y. Le repas de ce jour qui ne prépare pas celui de demain n'est qu'un ajournement de la faim. Le sort vous a confiés à mes soins, il ne sera pas dit demain que j'ai manqué à mon devoir de vous enseigner.
Ramath avait à peine douze ans qu'elle avait l'intime conviction que son petit corps de fillette était différent d'elle-même. [...] Ce corps avait pour fonction de la révéler au monde, cependant que sa personne véritable devait penser et agir pour le compte des deux. Puis, vint un temps où elle perçut son corps comme un outil coupant pour lui frayer son chemin dans l'épaisse forêt de la vie, ou même comme une arme redoutable qui lui permettrait de soumettre le monde. " Gaston Zossou retrouve ici un thème qui lui est cher : celui d'un individu solitaire qui s'oppose aux traditions et tient tête à ceux qui s'en font les gardiens, dût-il le payer de sa vie.
Du temps où j'étais dehors, j'entendais parler de voleurs et de vols, rien que de l'amateurisme! Ici c'est l'art à son sommet, la technique dans ses plus subtils raffinements. Dans cette enceinte, si quelqu'un te serre la main et se retire, assure-toi que tes cinq doigts sont encore en place, c'est comme de la magie noire! Ici on nous enseigne qu'il faut être silencieux mais rapide comme la foudre qui descend, frappe et rengaine. Au troisième jour de mon arrivé dans ce pays, j'entrepris de me faire bouillir quelques tubercules. Je formai, à l'aide de trois pierres, un foyer, où je fis du feu en plein soleil. Je plaçai la marmite de tubercules sur le foyer et posai dessus son couvercle. Puis j'osai m'absenter la moitié d'une minute, juste ça, pour me procurer une pincée de sel auprès d'un voisin, vraiment à deux pas. Etait-ce déjà une faute? A mon retour près de ma marmite, je crus m'être mal orienté. Il ne pouvait d'ailleurs pas en être autrement, puisque juste à l'endroit où je croyais avoir établi, en plein état de veille, ma cuisine de fortune, il n'y avait plus rien d'autre que le sol nu, et même des traces récentes de balai. Pendant que je regardais autour de moi pour me réorienter, un jeune ancien m'aborda et ironisa: je viens dire mes salutations au maître cuisinier. Puis j'ai compris."
Quand un homme projette de s'attaquer à l'ordre établi, il doit se préparer à payer le juste prix de son audace. Car il crée dans l'esprit des gens du commun, l'idée qu'une révolution est possible ; cependant que les progrès durables s'opèrent en douceur, par l'érosion lente des rochers antiques qui bordent les consciences. Les changements brutaux sont autant de cas de viol. Ici, la victime est la masse des choses anciennes. Ainsi, l'homme qui prend la tête d'une remise en cause radicale du statu quo doit aussi monter une garde sévère. Le moindre relâchement de sa part peut lui être fatal. Il n'est pas prudent que celui après qui remuent une multitude de bouches s'aventure sur le rebord herbeux et glissant d'un vieux puits profond et qu'il ait soif de toutes les eaux. La chute peut être fulgurante. Les humains savent confectionner des pièges ingénieux, afin que l'ennemi y tombe. L'esprit de l'homme est enclin aux mêmes mouvements, en tous les points de la terre. Les bourreaux tissent des toiles malignes. Les victimes exposent des fragilités inéluctables. Il en est dans la suite luxueuse d'un grand hôtel new-yorkais comme dans une hutte misérable d'une brousse d'Afrique. Pourvu qu'il y ait un enjeu. Même s'il est toujours trop tard pour résister à la tentation !
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...