Vous avez dit totalitarisme ? Cinq interventions sur les (més)usages d'une notion
Zizek Slavoj ; Moreau Delphine ; Vidal Jérôme
AMSTERDAM
10,00 €
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EAN :9782915547498
Dans ces essais foisonnants et décapants, qui constituent une voie d'accès idéale à son ?uvre, Slavoj Zizek propose une réinterprétation vigoureuse du "siècle des totalitarismes", du fonctionnement de l'Etat stalinien, du système concentrationnaire nazi et, plus généralement, de la condition post-tragique qui est la nôtre. Ces analyses s'appuient notamment sur les catégories élaborées par Jacques Lacan, dont l'emploi est ici clair et éclairant, et sur l'examen d'?uvres de la culture populaire et classique (d'Antigone à John Woo, en passant par Chostakovitch, Hitchcock, James Bond et Spielberg). Au terme de ces investigations, ce sont les usages politiques contemporains de la notion de totalitarisme qui se trouvent mis en question, ainsi que la possibilité de l'émergence d'une politique d'émancipation radicale: "La notion de totalitarisme a toujours été une notion idéologique au service de l'opération complexe visant à neutraliser les" radicaux libres ", à garantir l'hégémonie libérale-démocrate, et à dénoncer comme pendant ou double de la dictature fasciste de droite la critique de gauche de la démocratie libérale. Loin d'être un concept valable, la notion de totalitarisme est une sorte de subterfuge théorique; au lieu de nous donner les moyens de réfléchir, de nous contraindre à appréhender sous un jour nouveau la réalité historique qu'elle désigne, elle nous dispense de penser, et même nous empêche activement de le faire."
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Nombre de pages
269
Date de parution
13/03/2007
Poids
228g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782915547498
Titre
Vous avez dit totalitarisme ? Cinq interventions sur les (més)usages d'une notion
Auteur
Zizek Slavoj ; Moreau Delphine ; Vidal Jérôme
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
110
Poids
228
Date de parution
20070313
Nombre de pages
269,00 €
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Résumé : Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du XXe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.
La parallaxe est le déplacement apparent d'un objet que provoque un changement du point d'observation. Le philosophe ajoutera que la différence observée n'est pas simplement subjective. Dans la terminologie hégélienne, on dira plutôt que le sujet et l'objet sont en fait intrinsèquement "médiatisés" si bien qu'un changement épistémologique dans le point de vue du sujet traduit toujours un changement ontologique dans l'objet lui-même. On connaît aujourd'hui toute une série de parallaxes, dans des domaines très différents. Dans la physique quantique (la dualité de l'onde et du corpuscule); dans la neurobiologie (l'écart entre le cerveau et la pensée); la parallaxe de la différence ontologique la discordance entre l'ontique et l'ontologique; la parallaxe du Réel (le réel lacanien n'a aucune positivité substantielle, il est juste l'écart entre la multiplicité des points de vue qui le visent) la parallaxe de l'inconscient, qui commande l'absence de mesure commune entre les deux aspects de l'édifice théorique de Freud l'interprétation des formations de l'inconscient et la théorie des pulsions; et enfin la parallaxe politique, dont le vieux nom est "lutte des classes". Finalement, ce livre tente de renouveler le matérialisme dialectique, tout en restant fidèle au projet communiste.
L'idée d'une réapparition de Lénine sur la scène intellectuelle et politique est de nature à provoquer un bruyant éclat de rire sarcastique. Marx, ça va... mais Lénine ? N'est-il pas responsable de la grande catastrophe qui a marqué le XXe siècle, s'interrogeront beaucoup ? Dans La Révolution aux portes, Slavoj Zizek situe les écrits de 1917 dans leur contexte historique, et son grand texte de postface s'attaque aux questions clefs pour lesquelles Lénine pourrait être revisité, dans notre ère de "capitalisme culturel". Zizek est convaincu, quel que soit le sujet, - qu'il s'agisse de la crise annoncée du capitalisme, de la possibilité d'une violence rédemptrice ou de la fausseté de la tolérance libérale - que le temps de Lénine est revenu.
Subversions du sujet - si ce titre ne recule pas à paraphraser celui d'un des articles majeurs des Ecrits de Jacques Lacan, c'est parce qu'il y fait beaucoup plus qu'un clin d'?il. Certes, l'ouvrage qu'il introduit ainsi trouve sa référence première dans l'?uvre de Lacan. Mais il ne se contente pas de cela; il y constitue également un hommage déclaré, qui, de surcroît, ne craint pas d'annoncer clairement son ambition : en premier lieu, prendre vraiment au sérieux le concept de sujet, tel que la psychanalyse peut le promouvoir, c'est-à-dire en y reconnaissant une dimension de subversion essentielle. Puis, nanti de cette boussole, revenir aux champs de la philosophie et du politique, en les mettant à l'épreuve de cette subversion, qui en devient par là plurielle. Enfin, et en retour, mettre au travail la théorie analytique elle-même, grâce à la véritable confrontation clinique que représente un tel parcours. Le programme est ambitieux, on le voit, et pourrait vite devenir aride, si l'art de conteur déployé par l'auteur ne le rendait, finalement, tout simplement passionnant. S'y nouent les références les plus diverses, sur le mode le plus jubilatoire : Kant et Hegel, bien sûr, mais aussi Wagner, le Roman noir, la Science-fiction, le cinéma - d'Hitchcock à Angel heart en passant par Ben Hur -, etc. S'y découvre un cheminement incisif : de l'exploration du vide sur lequel se fonde le sujet, au démasquage de la jouissance qui le borde. Et s'y démontre, pour finir, tout le respect en lequel l'auteur tient la psychanalyse - au point de ne pouvoir se résoudre à l'exercer, si ce n'est sur la scène de la critique philosophique et politique.
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.
Sellier Geneviève ; Chollet Mona ; Lacurie Occitan
Au tournant des années 1960, la Nouvelle Vague inaugure une nouvelle façon de faire du cinéma : libération de la mise en scène, réalisme des dialogues, attention portée au montage... Ce mouvement se distingue en outre par sa critique politique de la société de consommation et des normes morales bourgeoises. La critique a toutefois une limite, et de taille : elle évacue presque complètement les aspirations des femmes, nouvelles actrices de la culture de masse. Les créateurs sont majoritairement des figures masculines, et les représentations qu'ils véhiculent empreintes de stéréotypes, quand elles ne tendent pas à invisibiliser les femmes ou, pire, à associer leur émancipation à une régression politique. C'est donc avec une vision monolithique et glorifiante de la Nouvelle Vague que Geneviève Sellier nous invite à rompre. Décentrant la figure de l'auteur, articulant l'analyse des films avec leur contexte de production et de réception, elle nous raconte les transformations des rapports de sexe, et la lutte toujours en cours des femmes pour asseoir leur légitimité en tant que créatrices à part entière.