Richard Zenith comble enfin une immense lacune et livre la foisonnante et passionnante biographie tant attendue de Fernando Pessoa. Vie et oeuvre y forment un écheveau dont l'auteur tire les fils, par chronologie et extrapolations. Tout un voyage immobile. « Une immense malle d'archives a continué à fournir de nouvelles informations sur Pessoa jusqu'au début du XXIe siècle, et cette biographie colossale de Richard Zenith en bénéficie comme aucune autre auparavant.»EL PAÍS « Pessoa est un triomphe d'érudition et de verve qu'il n'est pas facile de lâcher. »ANTONIO DAMASIO « Quand on considère les incroyables détails si vivants de la curieuse vie de Fernando Pessoa contenus dans cette biographie, et la qualité à la fois énergique et élégante de son écriture, on se pose simplement la question de savoir s'il ne s'agit pas en réalité d'une autobiographie qu'on viendrait de découvrir, écrite par un des hétéronymes de Pessoa, ?Richard Zenith?. Personne, semble-t-il, ne pourrait en savoir autant ou raconter cela si merveilleusement à moins de vivre à l'intérieur de la tête de Pessoa. »FORREST GANDERprix Pulitzer pour Be with Insomniaque, alcoolique et grand fumeur, Fernando Pessoa s'installait à toute heure du jour et de la nuit chez ses employeurs, pour y gagner sa modeste vie en rédigeant des lettres commerciales et y taper ses innombrables textes dont un seul, Mensagem (Message), fut publié deson vivant. Tout le reste, dont de splendides odes, d'innombrables quatrains, des suites de poèmes, des essais, des manifestes, et l'extraordinaire Livre de l'intranquillité, fut amassé dans une malle enbois pour être transmis à la postérité. Comme Rimbaud pour le XIXe siècle, Pessoa est la figure majeure, énigmatique, du XXe siècle. Richard Zenith en donne enfin la grande et subtile biographie qu'on attendait depuis longtemps. RICHARD ZENITH est un traducteur et critique littéraire reconnu. Ses traductions comprennent Le Livre de l'intranquillité de Pessoa ainsique Fernando Pessoa & Co.: Selected Poems, qui a remporté le prix PEN de poésie en traduction. Lauréat du prix Pessoa au Portugal, il vit à Lisbonne. Spécialiste mondialement reconnu de l'oeuvre de Fernando Pessoa, Richard Zenith a consacré plus de douze ans à enquêter sur la viedu mystérieux poète, il a reconstitué le contexte politique, social, familial, dans le souci permanent de mieux éclairer les textes et d'en déployer tout l'enjeu.Naissance à Lisbonne, mort du père et du frère quand Fernando a cinq ans, remariage de la mère, long voyage vers Durban en Afrique du Sud où il passe une partie de son enfance, puis une adolescence et jeunesse esseulées dans Lisbonne, loin de sa mère et de ses demi-frères ou soeurs, études guère poussées, goût de l'anglais (langue de ses premières publications), puissante ambition pour son pays, nation culturelle à la conquête du monde menée par l'arrivée imminente d'un Super-Camões qui n'est sans doute autre que lui-même, jeu avec les croyances du sébastianisme (le roi mort lors d'une croisade désastreuse au Maroc mais dont on attend sans cesse le retour), vive attention à la succession des gouvernements et à la valse des régimes autoritaires, sa vision ambivalente de la dictature, sa relation non moins ambivalente à l'idée et à l'orientation sexuelles dans une existence pourtant très chaste. Et surtout, dès le plus jeune âge, l'éclosion de plusieurs personnages à l'intérieur de lui-même, qui vont croître au fil des ans pour devenir d'innombrables hétéronymes dont quelques-uns, en particulier, seront dotés d'une biographie, et d'une oeuvre consistante.Richard Zenith nous montre dans le détail l'apparition d'Alberto Caeiro, le maître, puis de Ricardo Reis et du tonitruant Álvaro de Campos, et l'écriture progressive du chef-d'oeuvre infini, Le Livre de l'intranquillité, assemblage de fragments sous le nom de Bernardo Soares, un modeste employé comptable de la vieille ville de Lisbonne.
Si plusieurs facteurs et secteurs sont à considérer pour sortir rapidement l'Afrique de son retard, le domaine scolaire revêt une importance capitale. Malheureusement, ce levier du développement qu'est l'école regorge de nombreuses tares dans la quasi-totalité des pays sub-sahariens. Un système académique bien pensé participerait fortement à l'essor de l'Afrique. A partir de propos, témoignages et de cas vécus, l'auteur met à nu tous les manquements qui handicapent l'émergence de ces pays.
Pessoa Fernando ; Haumont Bernardo ; Zenith Richar
C'est ainsi que j'ai trouvé, et que je mis au monde, un certain nombre de connaissances et d'amis qui n'ont jamais existé, mais qu'aujourd'hui encore, je peux entendre, voir, sentir. Je le répète : je peux les entendre, les voir, les sentir... Et ils me manquent... [...] A ce stade, mon cher Casais Monteiro, vous devez penser que votre malchance vous a conduit, par le biais de cette lecture, en plein sieur d'un asile de fous Fernando Pessoa.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...
On a plus souvent célébré Saint Exupéry du fait de son engagement et de sa mort au combat que pour la force visionnaire de sa pensée et la modernité de son écriture. Déplacé au fil des années du monde des Lettres vers la sphère militaire, le pilote s'est vu dénier le statut de grand écrivain, égal de Gide, Sartre ou Camus. Dans le même temps, certaines de ses oeuvres capitales, tels les Carnets ou Citadelle, étaient livrées à l'oubli. Un héros donc, seulement un héros ? Délaissé par l'Université, négligé par les élites, hâtivement jugé moraliste et réactionnaire, ramené au seul enchantement du Petit Prince, Saint Exupéry méritait assurément une relecture. Pour lui rendre la place qu'il mérite dans la littérature moderne, Alain Uircondelet a rassemblé les contributions inédites d'historiens, d'écrivains, d'universitaires, de psychanalystes, de spécialistes d'aviation ou simplement de passionnés. Ils abordent les rapports de Saint Exupéry avec sa mère, sa conception du divin, ses incursions dans le journalisme, l'adaptation de ses oeuvres au cinéma, sa discorde avec les gaullistes, l'impact de la dépression sur son oeuvre et la portée de ses derniers écrits. Une somme multiforme, assortie d'un dossier iconographique inédit, qui montre l'homme Saint Exupéry dans toute sa complexité et sa richesse.
L'Epopée virile de Marcel Pagnol est le récit fragmentaire, mais documenté, passionné et comique de l'aventure extraordinaire que fut la vie de Marcel Pagnol. Ecrivain, dramaturge et cinéaste, pionnier du cinéma parlant, admiré aussi bien par les néoréalistes italiens que par Steven Spielberg, il a donné à la Provence, et à la ville de Marseille en particulier, une partie de son aura. Dans ce récit vif, elliptique et passionnant, on découvre un Pagnol méconnu, très éloigné du pittoresque facile auquel ses oeuvres et lui sont parfois réduits. De sa découverte du parlant dans un cinéma de Londres, en 1929, à la diffusion de Manon des sources à la télévision quarante ans plus tard, de son adolescence de boxeur à sa vie rangée, mais intense, d'académicien, tout Pagnol est là, à travers les mille détails qui composent, une fois assemblés, son existence et sa légende.
Parce qu'à 20 ans déjà il avait tout écrit, parce qu'il s'est dit "absolument moderne", parce que sa vie a un parfum de scandale, parce qu'il est adoré des catholiques mystiques comme de la contre-culture, Rimbaud, poète maudit s'il en est, fascine et passionne. Ce petit livre vous invite à redécouvrir sa vie et son oeuvre à travers de nombreux extraits commentés.
Comment devient-on David Lodge ? Pourquoi choisit-on le rire comme langage absolu, la comédie comme ligne de vie (et de fuite) ? Dans ce livre, notre Anglais préféré se dévoile comme jamais, avec une pudeur et une simplicité bouleversantes. Loin des mémoires tournant à l'autocélébration, Lodge rend hommage aux autres, à ceux qui ont traversé sa vie et ce morceau de siècle avec lui, gamin anglais né en 1935. Au-delà du roman d'une vie, ce livre raconte le parcours d'un catholique profondément irrévérencieux, mais aussi habité par le doute et le paradoxe.