Cahiers Albert Cohen N° 21 : Figures de l'étranger
Zard Philippe
MANUSCRIT
22,34 €
Epuisé
EAN :9782304039207
Tous les lecteurs de Cohen ont en mémoire la figure de Jérémie et son antique valise bardée d'étiquettes - qui en fait une figure par excellence de l'étranger. Solal se définit lui-même comme " seul, toujours, un étranger et sur une corde raide ". En 1946, Albert Cohen eut l'occasion de rédiger, dans le cadre de ses fonctions de conseiller juridique au Comité intergouvernemental pour les réfugiés, le texte d'un accord relatif à la délivrance aux apatrides d'un titre de voyage " plus luxueux que le passeport suisse " , il s'en disait fier comme de " son plus beau livre" . Du statut politique d'étranger à la question de l'altérité, de la condition d'apatride à l'appréhension de sa propre étrangeté intérieure, quelles limites et quelle continuité se dessinent ? Les études de Pierre Bras et de Joëlle Zagury-Benhattar sur la figure de Jérémie et son arrière-plan historique, de Maxime Decout sur l'Egypte comme paradigme de l'étrangeté, de Than-Van Ton-That sur les " figures de l'étranger" chez Cohen et Proust, les hypothèses de Maurice Lugassy sur la tentation chrétienne de Cohen, d'Anaëlle Touboul sur les fonctions du travestissement, ou encore la lecture levinassienne de Jessica Desponds ou l'article de Baptiste Bohet sur le "rôle identitaire du sang et des dents" , sont autant d'invitations à découvrir les multiples visages de l'altérité dans l'oeuvre d'Albert Cohen.
Nombre de pages
164
Date de parution
08/12/2011
Poids
210g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782304039207
Titre
Cahiers Albert Cohen N° 21 : Figures de l'étranger
Auteur
Zard Philippe
Editeur
MANUSCRIT
Largeur
140
Poids
210
Date de parution
20111208
Nombre de pages
164,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Résumé : " L'occident " ne se confond pas avec le territoire européen ; il désigne aussi une frontière indécise, l'horizon mouvant du soleil couchant, le " pays du soir ". C'est cette rencontre, dans le roman moderne, entre une représentation géopolitique et un archétype astral que commente cet essai. Une communauté de questionnements sur la condition occidentale nourrit les ?uvres de Th. Mann, de F. Kafka et d'A. Cohen, trois auteurs européens qui, tout à la fois, sont et ne sont pas " d'Occident ". La Montagne magique relate le déchirement de l'âme allemande entre la civilisation européenne et les tentations orientales à la veille de la Grande Guerre. Les romans de Cohen sont construits autour d'une confrontation entre un univers judéo-oriental et les séductions, politiques et érotiques, de l'Occident moderne. Le Disparu et Le Château de Kafka sont autant de " fables de l'extrême Occident " : celle de l'exil américain ou du combat contre l'administration du comte " Ouestouest ". Les trois ?uvres explorent l'Occident dans son ambivalence (mythe d'autochtonie ou dynamique de déracinement, mythe du déclin ou utopie du progrès, mythe du sens ou idéologie de la puissance) à travers les itinéraires problématiques d'embusqués de l'existence, d'adolescents ingénus, d'imprécateurs amoureux, de juifs en errance ou d'arpenteurs sans mandat. Et si l'expérience occidentale était avant tout celle de la mise en crise de tout principe identitaire ? Par la variété de ses enjeux (poétiques, politiques, spirituels), l'étude s'adresse à un public d'étudiants et de chercheurs en littérature française, germanique et comparée, ainsi qu'à tous ceux qu'intéresse la réflexion contemporaine sur la culture européenne.
La parution de Belle du Seigneur en mai 68 constituait un double pavé dans la mare. Comment douter que la dénonciation, dans l'oeuvre d'Albert Cohen, de tous les pouvoirs - sexuel, social, militaire et politique - s'accordât avec la sensibilité libertaire du moment ? Mais à l'heure où l'on célébrait la fin des antiques morales répressives, voici qu'un écrivain faisait l'apologie des interdits, proclamait la grandeur des commandements bibliques et vouait aux gémonies le "maudit amour des corps" ! Le destin de Solal et d'Ariane n'a pas fini de nous surprendre : comment un roman aussi ambitieux, iconoclaste, contradictoire et désespéré, a-t-il pu rencontrer le grand public au point de devenir le cadeau idéal des amoureux ?
Tout lecteur d'Albert Cohen est d'abord plein de ces évocations saisissantes de l'antagonisme radical entre "la Loi" et "la nature" dont l'auteur semble avoir fait le socle de sa vision du monde : "[... ]C'est notre héroïsme désespéré que de ne vouloir pas être ce que nous sommes et c'est-à-dire des bêtes soumises aux règles de la nature que de vouloir être ce que nous ne sommes pas et c'est-à-dire des hommes". Quel est le soubassement de cette vision du monde ? Est-il à chercher dans le judaïsme dont Cohen se réclame ou dans une pente quasi gnostique, comme le soutient Jack Abecassis ? Comment se traduit-elle poétiquement ? Que vient-elle signifier politiquement et philosophiquement ? Que trahit-elle de l'imaginaire de l'écrivain, de son rapport à la nature, au corps, à la femme ? Comment l'aversion déclarée pour l'animalité peutelle s'accorder avec les mille et une preuves de l'intérêt, sinon de l'amour, de l'écrivain pour les "bêtes" ? Car ouvrir l'oeuvre de Cohen, c'est découvrir une incroyable faune, dans laquelle les animaux ne sont pas toujours des repoussoirs allégoriques : des chattes aux termites, des chevaux de retour aux félins - miniaturisés ou non -, des langoustes d'Ariane aux araignées adultères, des aigles aux crapauds, en passant par les grosses mouches noires et jusqu'au chien auquel Solal envisage un moment de faire sa déclaration d'amour, le bestiaire de l'écrivain semble inépuisable.
Humorialiste" : c'est par ce mot-valise (où se retrouvent l'humoriste, le moraliste et le mémorialiste) que Judith Kauffmann, enseignante à l'Université de Bar-Ilan, caractérisa naguère l'oeuvre d'Albert Cohen dont elle fut l'une des meilleures spécialistes. Les Cahiers Albert Cohen rendent ici hommage à l'auteur de Grotesque et marginalité. Variations sur l'effet-Mangeclous (Peter Lang, 2000), qui nous a quittés en 2007. Certains articles sont directement en dialogue avec ses travaux et portent sur quelques-uns de ses thèmes familiers : le comique, le grotesque, la judéité , d'autres portent sur des sujets différents et fraient des voies nouvelles.
Avec Plume de Femme, une écriture en effervescence, Oumou nous raconte la modernité conjuguée à la philosophie et à la littérature orale. Elle évoque également la condition de l'homme de son époque, de son temps face à un monde gangrené par les crises, qu'elles soient financières, humaines ou sociales. Ce livre salvateur fait de chaque lecteur un citoyen susceptible d'agir en toute conscience dans le monde contemporain.