De Rome où il vit, à Santa Fé en Argentine où il a grandi, Fernando Birri, 84 ans, se remémore son parcours. Par les idées et le cinéma qu'il a défendus, par son travail de réflexion, par ses films, Fernando Birri est plus qu'un simple cinéaste : il est un emblème du cinéma argentin. Dès les années 50, il voit dans le cinéma un outil pour changer le regard qu'une société pose sur elle. Poète et peintre avant d'être cinéaste, il sera un porte-parole de la génération qui, entre 1955 et 1970, s'est mobilisée pour un nouveau cinéma dont le guide fut le néo-réalisme italien. Ce combat pour faire assumer son identité au cinéma était celui de toute l'Amérique. En s'immergeant dans la pensée théorique de Fernando Birri, illustrée par des extraits de films, " Fernando Birri, argentin d'art et d'essai" retrace l'aventure du Nouveau Cinéma Latino Américain.
Date de parution
05/03/2010
Poids
100g
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EAN
9782296109612
Titre
FERNANDO BIRRI, ARGENTIN D'ART ET D'ESSAI
Auteur
Dreyfus Dominique
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
100
Date de parution
20100305
Nombre de pages
0,00 €
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Des chants grégoriens aux envolées lyriques de Milton Nascimento, des batuques des anciens esclaves aux baterias des écoles de sambas, de l'atmosphère intimiste de la bossa-nova à l'exubérance du Tropicalisme de Caetano Veloso, Cilberto Cil et Gal Costa ou encore aux expériences électroniques de Marcelo D2, la musique brésilienne est à l'image de la diversité du pays: métisse et syncopée. Elle rythme la vie des brésiliens: festive à l'heure du carnaval, elle est triste et révoltée quand il s'agit de dénoncer les inégalités et la misère, l'oppression et la dictature. Véritable aventure collective à l'échelle d'une nation, ferment de l'identité nationale, la musique brésilienne a pris part à tous les changements politiques et sociaux qui ont créé le Brésil d'aujourd'hui.
Notre époque est marquée par une grande liberté des moeurs. La permissivité sexuelle est aujourd'hui quasiment totale. Mais quelle position les écrivains ont-ils intérêt à adopter ? Doivent-ils tout dire de leur vie sexuelle s'ils parlent à la première personne, ou de la vie sexuelle de leurs personnages s'ils écrivent un roman ? Supprimer, compte tenu de l'abolition des interdits religieux et moraux, toute limite dans l'expression littéraire du sexe ? L'ouvre y gagne-t-elle, ou au contraire court-elle le risque de s'affaiblir, démunie de la poésie du secret ? Dire crûment les choses est-il profitable ou nuisible à la réussite artistique ? Faut-il regretter l'époque des allusions, des métaphores, des périphrases, ou se féliciter que la pudibonderie et l'hypocrisie soient démasquées et la franchise possible ? Tel était le thème d'une rencontre en Suisse entre écrivains, au mois de février dernier, où deux romanciers qui ne se connaissaient pas, très éloignés l'un de l'autre par l'âge et le tempérament, se sont liés d'amitié et, insatisfaits des résultats du colloque, ont décidé de le prolonger sous forme d'un échange de lettres. Ce moyen évite le ton docte, abstrait et linéaire d'un essai. Il permet les dérapages, les sorties de route, les confidences. Le ton est libre et primesautier. Ces deux écrivains ne discutent pas seulement du problème posé, ils se laissent aller à raconter des épisodes de leur vie, souvent des épisodes intimes. Ils échangent aussi leurs opinions sur les livres, les films, les tableaux qui ont influé sur leur sensualité. La révolution apportée par Internet dans les pratiques de l'amour est largement évoquée.
Une petite fille arrive en courant ". Elle arrive dans les mots : quelque chose de vivant, déjà morte souvent. Elle a plusieurs noms, Catherine, Carrie, d'autres ; peut-être aussi celui d'Émilie, sa maman. Une petite fille, une maman, un je qui les conjugue et les écartèle. Le feu, le vent, lui qui n'a pas de nom. Une petite fille, ça va de soi ; mais c'est aussi les phrases qui arrivent en courant, la grammaire et les mots qui trébuchent parce que trop ou mal vivants. On entend de la tragédie et d'innocentes rengaines d'enfance, un récit qui s'émiette en douleurs. Quelque chose manque : " voyez comme les mots ne disent rien ". Mais on les voit : " visage arrêté dans la langue ". Les poèmes d'Ariane Dreyfus : leur " eau se mêle " ; écrire " éclabousse ". " Une petite fille arrive en courant Elle respire d'avoir couru ". Nous aussi. (James SACRÉ)