« Si je ne peux pas danser, ce n'est pas ma révolution. » Cette phrase attribuée à Emma Goldman, dont l'un des camarades de lutte exigeait qu'elle cesse de danser, au motif qu'une activiste ne serait plus crédible si elle affichait sa passion pour la danse, résonne avec nombre de mobilisations sociales des dernières années, marquées par des danses et, plus largement, par des gestes expressifs, circulant parfois sur plusieurs continents. Ce numéro explore la façon dont ce phénomène rejoue les répertoires de la revendication sociale, à travers plusieurs études de cas : Un violador en tu camino et ses reprises de par le monde, Danza del derecho de vivir en paz au Chili, les danses nues des 400 Pueblos au Mexique, le toré dans les luttes amérindiennes au Brésil, la performance « DÉMO » durant le mouvement de Gezi en Turquie, les flashmobs « Danser encore », le twerk dans la rue au cours de manifestations féministes, les tutoriels de reggaetón dans l'espace numérique? Les articles proposent des outils conceptuels pour penser le rapport du corps à la politique, la vulnérabilité, la non-violence, ou encore le savoir-faire « chorégraphique » des forces de l'ordre. Il s'agit ainsi d'étudier de quelle manière des danses peuvent être efficaces : d'où viennent les gestes qui les composent, que disent-ils et que font-ils ? À quels risques, aussi, leur polysémie ou leur ambiguïté exposent-elles ? On découvre alors que le fait de danser ouvre souvent, dans un mouvement social, de nouvelles luttes, de nouvelles questions, parfois de nouvelles fractures. Tout en montrant que la danse ? lorsqu'elle crée des corps alertes et reliés aux autres ? peut être une « technique de soi » émancipatrice, ce numéro veut donc mettre au jour les rapports de force, les paradoxes qui la traversent : à quelles conditions ? dans les manifestations investissant l'espace public, mais aussi dans d'autres espaces (boîtes de nuit, réseaux sociaux, institutions médico-sociales) ? danser peut-il contribuer à transformer le réel ?
Nombre de pages
240
Date de parution
15/11/2024
Poids
346g
Largeur
154mm
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EAN
9782021574654
Titre
Communications N° 115 : Danser en lutte
ISBN
2021574652
Auteur
Glon Marie ; Maurmayr Bianca
Editeur
SEUIL
Largeur
154
Poids
346
Date de parution
20241115
Nombre de pages
240,00 €
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L'ouvrage référence pour suivre sa grossesse semaine après semaine. Best-seller depuis trente ans, mis à jour régulièrement, ce véritable guide-compagnon vous permet de suivre votre grossesse sur trente-huit chapitres correspondant aux trente-huit semaines de gestation. Retrouvez chaque semaine : L'évolution de votre bébé : poids, taille, développement ; Vos transformations physiologiques et psychologiques : symptômes et conseils pour faire face aux petits maux ; Un accompagnement au suivi médical : régime alimentaire, sports, préparation à l'accouchement, rapports sexuels... Le suivi administratif : rendez-vous médicaux, congé de maternité, allocations... L'Académie nationale de médecine a décerné le prix Pierre et Céline Lhermite à cet ouvrage.
Nos sociétés semblent s'être habituées d'une part aux aires protégées aux statuts très variés, et d'autre part à une nature du quotidien sans cesse aménagée par l'homme. En fait protéger la nature n'est-ce pas aussi protéger des intérêts en place, des ordres établis ? N'y a-t-il pas des initiatives de préservation qui s'inscrivent en contrepoint du schéma traditionnel ...
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
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Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
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