Si toute poésie chante, toute musique voudrait prendre la parole. Le phrasé mime dans la mélodie sans texte l'usage de la langue, il ajoute à la musique vocale le geste de parler, il concentre à tout moment l'interprète sur un besoin d'exprimer des sens, il donne à l'auditeur l'illusion que la musique est un langage. Pour faire comprendre cela de façon intuitive, Eloge du phrasé examine dans des ?uvres toutes sortes de rapports de la musique et du texte - ils se présentent sous presque autant de types qu'il y a de cas ! Quand ils sont directs, c'est la question du sens du texte et des possibilités de signification du musical qui est posée. Quand ils sont indirects, comme dans le poème symphonique ou dans la poésie " du signifiant ", c'est la question des moyens de formuler le sens qui se présente. Analysant ces rapports, l'essai propose une méthode qui tende à ramener toute forme isolable à un principe organisateur, et cela aussi bien pour une mélodie ou un lied que pour une chanson ou pour l'?uvre ambitieuse d'un grand compositeur " savant ". Il aborde ensuite le musical et le textuel quand ils sont dans une relation indirecte, et y dégage des formes parfois virtuelles ou abstraites, toujours idéales. Tout cela afin de célébrer le phrasé comme figure de tous ces rapports, avant que la conclusion n'en fasse une sorte de théorie d'inspiration plus littéraire que musicale.
Nombre de pages
296
Date de parution
31/07/2000
Poids
530g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782130496403
Auteur
Wyss André
Editeur
PUF
Largeur
135
Date de parution
20000731
Nombre de pages
296,00 €
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Résumé : Ce livre fait un point très complet sur la crise de 1929. Il couvre tout le temps et l'espace de cet événement majeur. Il examine en détail toutes les grandes explications proposées à ce sujet. Mais il avance également une thèse originale : la crise de 1929 y est présentée comme une crise de l'émergence américaine. Ce sont les conditions de cette émergence, la rapidité. avec laquelle elle a eu lieu, qui ont fait la grande dépression. De la même façon qu'une île surgie du fond de l'océan, montant à toute allure à la surface, sera en équilibre intérieur instable et va lever une vague qui ira balayer les continents déjà établis. Crise de l'émergence américaine, la crise de 1929 l'est à un double titre, à la fois sur le plan intérieur américain et sur le plan international. Sur le premier de ces plans, il faut souligner que le monde américain a longtemps accordé une place très importante aux entrepreneurs individuels. Or, en quelques dizaines d'années, à la jonction des XIXe et XXe siècles, cet univers a été transformé en un monde où prédominent sociétés et salariat. Du contraste violent entre ces deux états a surgi, au XXe siècle commençant, la faille cachée de l'économie américaine. La colonisation intérieure a joué ici un rôle décisif. Les conditions de cette colonisation ont fait le très faible degré de marchandisation et de salarisation, et la très forte présence des entrepreneurs individuels. Mais ces mêmes conditions (c'est-à-dire un territoire neuf) ont fait la très rapide montée ultérieure de la marchandisation et de la salarisation, une fois la colonisation terminée et la fin de la frontière proclamée. La crise de 1929 trace ainsi une ligne de partage dans l'histoire des fluctuations économiques : elle ouvre l'ère des crises salariales. L'émergence américaine aura joué également un rôle décisif au plan international. La montée de la puissance américaine a été en effet tellement rapide qu'elle a empêché, à un moment crucial, le Royaume-Uni de jouer son ancien rôle stabilisateur, sans que les Etats-Unis soient pour autant déjà capables de remplacer la vieille Angleterre. Cette double incapacité s'est manifestée lorsqu'à la fin de la Première Guerre mondiale l'Allemagne a été abandonnée à son sort. Elle s'est faite cruellement sentir à nouveau, en 1931, à l'occasion de la crise bancaire allemande et de la chute de la Livre anglaise. Dans sa dimension internationale, la crise de 1929 est donc celle de l'entre-deux, celle d'une guerre inachevée. Il faudra une deuxième guerre mondiale pour mener les choses à leur terme et répondre aux questions que la première n'avait fait que poser.