
Europe N° 1165, mai 2026 : Jane Austen
Nie en 1775 dans le Hampshire, Jane Austen a écrit Iris tôt des romans majeurs mais n'a été publiée pour la première fois et de façon anonyme qu'à l'âge de trente-quatre ans. Raison et sentiments (1811), Orgueil et préjugés (1813), Mansfield Park (1814) et Emma (1815) se succèdent en l'espace de peu d'années. L'Abbaye de Northanger et Persuasion paraissent quelques mois après sa mort en 1817. Si le critère authentique des grands romans est le plaisir de les relire encore et encore, ceux de fane Austen peuvent traverser avec confiance la longue épreuve du temps. Le regard que l'écrivain a porté sur les meurs de la société anglaise sous la Régence est à la fois lumineux et d'une redoutable précision. Dam cet univers patriarcal dom les femmes subissent au premier chef les contraintes, les règles non écrites sont les plus difficiles à enfreindre. La comédie selon Jan Austen appelle toujours une juxtaposition de points de vue, une alternance de dialogues et de descriptions, une superposition de strates et d'intrigues, ainsi que des fins qui demeurent ouvertes ou ambiguës. Virginia Woolf admirait en Jane Austen un écrivaine "tenace, incoercible, dotée d'une inventivité d'une richesse incroyable". Para la "profondeur, la beauté et la complexité de ses scènes", par le génie de son ironie aussi, elle était à ses yeux l'artiste la plus parfaite parmi les femmes, l'écrivain dont les livres sont immortels". Aujourd'hui, pour le meilleur comme pour le pire, Jan Austen est devenue une "icône mondiale". Erigée au rang de star de la pop culture, elle donne lieu a une explosion de produits dérivés, parmi lesquels des jeux de rôle immersifs. Mais plutôt que jouer à être Emma, on pourra toujours préférer lire Emma... "Il y a peu ou pas d'écrivains comme Jan Austen" disait Edith Wharton. Ce numéro d'Europe, riche d'approches nouvelles, vient confirmer que l'on n'aura jamais fini de redécouvrir passionnément son oeuvre. Yann Tholoniat, Virginia Woolf, Alain Morvan, Isabelle Bous, Jean-Charles Perquin, Marie-Laure Massei-Chamayou, Marc Posée, Dominique Barbéris, François Jaroque, Frédéric Ogée, Matthew Smith, Pierre Degott, Jane Austen, Katherine Mansfield, Anne Rouhette, Lydia Martin, Laura Piani.
| EAN | 9782351501528 |
|---|---|
| Auteur | Para Jean-Baptiste |
| Editeur | REVUE EUROPE |
| Largeur | 130 |
| Date de parution | 20260507 |
| Nombre de pages | 366,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 2-4 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Europe N° 1058-1059-1060, juin-juillet-août 2017 : Olivier Rolin/Günther Anders
Para Jean-BaptisteOn écrit parce qu'on est mal placé dans son époque. Parce qu'on s'y sent dépaysé", dit Olivier Rolin. Vagabondant parmi les paysages, les époques et les livres, cet écrivain nous embarque dans une traversée au long cours. L'Histoire est sa grande affaire, les larges espaces géographiques aussi. La littérature selon Olivier Rolin arpente la déchirure entre le réel et l'idéal, mais elle le fait comme on répond à l'appel du large. De Veracruz à la Terre de feu, des îles Solovki aux rives du fleuve Amour, ses pérégrinations dans l'espace sont aussi des immersions dans le temps. Il est peu d'auteurs contemporains qui savent composer un monde d'une telle profondeur de champ. Bien peu qui possèdent un registre de thèmes et de langue aussi étendu. Très peu, enfin, qui s'aventurent aussi loin des schémas du roman traditionnel. Ce qui hante Olivier Rolin, outre la puissance de certains paysages, la mémoire des livres et la nostalgie de quelque amour perdu, ce sont des moments d'acmé historique où une grande espérance avorte, où une utopie généreuse accouche d'une tragédie ou, plus banalement de la désillusion. Ce vertige de la défaite, cette "énigmatique puissance de l'échec" nourrit une mélancolie profonde, comme si Olivier Rolin portait encore, au-delà de ses années militantes, "le deuil de la révolution". Et tout cela affleure dans ses livres avec un beau souci des musiques de la phrase, du tempo, des chromatismes, des accords en mineur ; avec parfois une mélodie schubertienne dans des romans qui sont toujours aux marges de la poésie, de la méditation intérieure, du murmure de l'âme.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

Europe : Tristan Tzara - Kurt Schwitters
Para Jean-BaptisteTristan Tzara est-il, comme tant d'autres poètes, trop connu, donc méconnu ? Une partie de son activité créatrice, la plus juvénile, semble avoir étouffé la suite, comme si quatre ou cinq années d'agitation intense, au centre de Dada, avaient effacé une production poétique continue et soutenue durant quarante années encore. Mais sait-on ce qu'était réellement son activité poétique au service de Dada, en dehors de la gesticulation des uns et des autres ? A-t-on vraiment lu Dada ? Le public ne préfère-t-il pas trop souvent s'en remettre à l'anecdote, aux faits divers qui remplissent la chronique Dada ? Et de discuter, à perte de vue, sur le sens philosophique qu'il faudrait attribuer à la geste dadaïste. Pour certains, Dada étant purement nihilisme, il ne peut être question de donner un sens positif à ce qui se veut destruction totale. Or, de son côté, Tzara s'est très tôt efforcé de montrer que toute destruction débouchait sur la création, comme le proclamait naguère le Père Ubu : "Cornegidouille ! nous n'aurons point tout démoli si nous ne démolissons même les ruines !". Il importe aujourd'hui de considérer ce poète dans la continuité de son aventure et de lire son oeuvre pour ce qu'elle est, et non pour ce qu'elle est supposée illustrer, A l'écoute de "cette voix qui eut le génie de faire des mots de tous les jours les mots de toutes les nuits", comme le disait Aragon, se révèle alors un vaste chant portant témoignage de l'humanité. L'oeuvre de Kurt Sclnritters est à la fois multiforme et fascinante. Elle comporte des sculptures, des peintures abstraites, des collages et assemblages, des constructions dans l'espace (Merzbauten), des peintures de portraits et de paysages, des poèmes lyriques, des poèmes concrets et visuels, des poèmes sonores, des contes, des récits, des pièces de théâtre, des textes critiques et des manifestes, sans oublier le design graphique et la revue Merz... Comme l'observait Tristan Tzara : "Il est difficile, en parlant de Schwitters, de séparer en tranches bien délimitées ce que fut son activité littéraire de son activité picturale, son activité de sculpteur de celle d'agitateur. Une personnalité aussi entière que celle de Schwitters se refuse à se laisser contenir dans le moule des formules définies". Et il ajoutait : " Schwitters est une de ces individualités qui par sa structure intime a toujours été naturellement dada. Il l'aurait été même si ce cri de ralliement n'avait pas retenti en 1916... Il est de ceux qui ont décapité de sa majuscule auréolée le mot "art" et qui l'ont remis au niveau des manifestations humaines". En 1937, Schwitters quitta l'Allemagne et s'exila d'abord en Norvège, puis lorsque ce pays fut envahi par les nazis en 1940, il se réfugia en Angleterre. Alors que ces années d'exil sont plutôt mal connues en France, ce cahier d'Europe offre l'intérêt d'apporter de précieux éclairages sur les pratiques plastiques et poétiques de Schwitters pendant cette période, tout en embrassant l'esprit d'une oeuvre qui demeure essentielle selon une approche européenne de l'histoire des arts.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

Europe N° 1065-1066, Janvier-Février 2018 : Roland Dubillard ; Arthur Adamov
Para Jean-BaptisteEcrivain, dramaturge et comédien, Roland Dubillard (1923-2011) a tout fait pour refuser les étiquettes, déjouer les attentes, en créant un ensemble d'oeuvres qui se ressemblent le moins possible, en expérimentant une multiplicité de genres : théâtre, poésie, nouvelle, fable, récit, méditation, pièce en vers, pièce pour enfants, chanson, cinéma... Comme sur l'île de Robinson, il n'existe pas de colline d'où l'on pourrait embrasser du regard tout Dubillard On l'a classé d'office parmi les inclassables, les dingues du nonsense, mais si la créativité verbale et l'humour semblent jaillir spontanément de sa plume, cet écrivain n'en fut pas moins un travailleur opiniâtre, chacun de ses livres exigeant un processus de maturation prolongé. La poésie fut la matrice de son oeuvre protéiforme et lorsqu'il récitait l'un de ses poèmes, il suffisait d'écouter le phrasé si particulier et les intonations subtiles de sa voix pour s'en rendre compte : chez lui, le comique le plus irrésistible et l'émotion la plus profonde sont intimement liés. De même, sa façon de jouer était en adéquation parfaite avec sa façon d'écrire - rêveuse, imprévisible, mais d'une précision toute musicale. Au-delà même de ses illustres Diablogues et de ses quatre pièces majeures - Naïves hirondelles, Le Jardin aux betteraves, La Maison d'os et "...Où boivent les vaches" - ce cahier d'Europe nous invite à explorer l'archipel Dubillard et son univers si riche et singulier. Arthur Adamov. De novembre 1950, où furent créées à quelques jours d'intervalle La Grande et la Petite Manoeuvre et L'Invasion, à sa mort en 1970, puis de sa disparition jusqu'à aujourd'hui, Arthur Adamov n'a toujours pas pris au théâtre la place qui lui revient ni vaincu cette "sotte petite conspiration du silence" qu'Artaud dénonçait en 1946, à la sortie de L'Aveu, premier texte de son ami Adamov. De quel vice secret faut-il que cette oeuvre soit frappée ? Quel malentendu a pu se développer au fil des années entre Adamov et l'époque ? Avec Beckett, et dans le sillage de Strindberg et d'Artaud il est pourtant l'un des principaux inventeurs d'une dramaturgie éminemment moderne, une dramaturgie de la littéralité dont l'énigme s'inscrit dans le corps même des personnages, dans la matière même du théâtre. Il est grand temps de repenser aujourd'hui l'oeuvre d'Adamov et de la réévaluer. Le réexamen de sa dramaturgie puissamment subjective, mais qui sait prendre en change - et objectiver - les destinées collectives, pourrait inciter à proclamer l'actualité de cet auteur et l'impérieuse nécessité de sa présence "ici et maintenant".Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

Europe N° 1073-1074, septembre-octobre 2018 : Gustave Flaubert
Para Jean-BaptisteSans doute est-il indispensable de revenir périodiquement à l'oeuvre de Flaubert. Car celui qui, selon le mot de Barthes, "a constitué définitivement la littérature en objet" marque une étape décisive dans l'histoire de notre modernité. OEuvre-monument, oeuvre-continent, dont bien des aspects, malgré les lectures de Blanchot et de Genette, de Sartre et de Bourdieu, malgré les riches travaux qui l'ont envisagée d'un point de vue narratologique, sémiologique ou poéticien, restent encore à explorer. Le présent numéro d Europe propose des analyses sur les procédés et processus utilisés par Flaubert pour aboutir à ce style qu'il souhaitait "rythmé comme le vers, précis comme le langage des sciences". Mais des aspects plus inattendus, plus surprenants sont aussi abordés. Il est au moins un point, en effet, sur lequel l'oeuvre est à l'image de son auteur, c'est son caractère complexe et contradictoire. Car le chantre de l'impersonnalité constitue une écriture de la sensation qui puise consciemment dans l'héritage de la littérature romantique ; l'ermite de Croisset, le solitaire du "gueuloir" est un voyageur ; l'épistolier qui vitupère l'époque à longueur de pages, et à qui on pourrait appliquer la formule qu'il employait après le décès de Théophile Gautier : "Il est mort du dégoût de la vie moderne", est aussi un homme en dialogue constant avec les oeuvres des artistes et penseurs de son temps, de Manet à Courbet, de Hegel à Ravaisson, de Maine de Biran à Tocqueville et aux positivistes ; le prophète de la littérature comme seul absolu, du refus de tout engagement, développe pourtant une politique et une éthique de la littérature ; l'homme qui croit ferme à la science élabore aussi, comme l'affirme ici Jacques Rancière, "quelque chose comme un poème de la faillite du savoir". C'est ce Flaubert riche et complexe, homme de ruptures et d'admirations, l'écrivain sans doute le plus transparent et le plus secret à la fois du XIXe siècle, que ce numéro d Europe souhaite faire redécouvrir.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 €
Du même éditeur
-

Europe N°1021, mai 2014 : Karl Kraus, Alfred Kubin
Dobzynski Charles ; Para Jean-BaptisteEn 1936, peu après la mort de Karl Kraus à Vienne cette "station météorologique de la fin du monde" où il avait vécu toute sa vie, on pouvait lire dans Europe une nécrologie dont il vaut la peine de citer quelques mots pour mémoire, tant les traits du profil ne semblent guère avoir jauni : "Adoré par une foule de partisans dévoués, honni par la presse et par la littrérature officielles, Kraus réunissait en lui l'esprit d'un Don Quichotte réaliste et d'un Cyrano dénué de sentimentalité. Pendant trente-six ans, il a combattu pour tout ce qui lui semblait authentique, contre tout ce qu'il voyait vil et faux. Sous forme d'attaques directes ou de gloses satiriques, les petits cahiers rouges de sa revue Die Fackel lançaient d'incessants défis aux ennemis de ses idées intransigeantes sur la probité humaine." Kraus fut en effet un écrivain hors pair et un lutteur passionné. Walter Benjamin voyait en lui une "combinaison d'enfant et d'anthropophage" rassemblant toutes ses énergies pour combattre l'opinion et le langage standardisés. Il sut aussi donner toute la mesure de son génie dans Les Derniers Jours de l'humanité, ce drame gigantesque sur la Première Guerre mondiale où il brasse et mime tous les langages de la société. " Si les Anciens disaient que la poésie naît de l'étonnement devant la vie, la satire de Kraus naît de la stupeur devant l'infamie. Nul n'a été un défenseur de chaque victime à 1'égal de Kraus, et c'est là sa grandeur ineffable", observait naguère Claudio Magris. Sans rien celer des complexités propres à sa personnalité et à son oeuvre, ce numéro d'Europe nous conduit à la rencontre d'un écrivain aussi actuel qu'intempestif.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

GHERASIM LUCA N 1045
COLLECTIFNé en 1913 à Bucarest, Ghérasim Luca parlait roumain, français, allemand et yiddish. En 1962, dix ans après son installation à Paris, il notait pour lui-même cette proposition paradoxale et forte : "Je suis 1'Etranjuif". Il attendit en effet la fin des années quatre-vingt pour abandonner son statut d'apatride, obligé qu'il était de régulariser ses papiers d'identité. Son suicide, le 9 février 1994 dans la Seine, est venu comme rappeler non seulement qu'il se considérait comme définitivement "hors la loi", mais aussi qu'il avait toujours dansé sur la corde. Ses oeuvres pleines de sa vie et sa vie entièrement consacrée à ses oeuvres en témoignent toujours puisque sa danse continue à entraîner, à encourager et même à enflammer ici et ailleurs, à la fois douloureusement et de manière jubilatoire, en inventant multiplement "une littérature impossible de tous côtés". Ghérasim Luca est bien un de nos grands intempestifs ! Surréaliste roumain, fabricant de "cubomanies" et de livres d'artistes méticuleusement réalisés, ami de Victor Brauner, de Wilfredo Lam et de quelques autres peintres majeurs, poète sonore ou plutôt "récitaliste" faisant de la voix un prolongement du corps, Ghérasim Luca ne peut en réalité s'accorder avec une telle addition que d'aucuns compléteront forcément... sans jamais pouvoir en faire le tour. Car ses oeuvres et sa vie sont placées sous le signe d'un perpétuel débordement. Elles font un tourbillon dans le fleuve de notre devenir, tant du point de vue du poème que plus généralement des arts et du langage. "Le plus grand poète français, mais justement il est roumain, c'est Ghérasim Luca", disait Gilles Deleuze. A ses yeux, Luca était de ceux qui inventent "des vibrations, des rotations, des tournoiements, des gravitations, des danses ou des sauts qui atteignent directement l'esprit". Amour, humour, politique, éthique et poétique étaient indissociablement liés chez ce forgeur sauvage et subtil qui écrivait : "tout est irréalisable dans l'odieuse /société de classes, tout, y compris l'amour/la respiration, le rêve, le sourire /l'étreinte, tout, sauf la réalité /incandescente du devenir".Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

ECRIRE L ARCHITECTURE N 1055 MARS 2017
COLLECTIFSeule entre tous les arts, et dans un instant indivisible de vision, l'architecture charge notre âme du sentiment total des facultés humaines", affirmait Paul Valéry. Le terrain sur lequel se propose de s'aventurer ce numéro d'Europe est celui des relations entre architecture et littérature. Il s'agit d'un domaine qui ne se prête guère à des délimitations simples ou à des cartographies sommaires. On en retire plutôt l'impression d'un archipel, ou peut-être d'une constellation de situations qui attestent de l'existence de ces rapports selon des modalités nombreuses, complexes et nuancées, mais sans qu'elles forment un paysage que la pensée embrasserait d'un seul tenant. Comme l'a noté David Spurr, "chacune à sa façon, l'architecture et la littérature sont potentiellement les formes artistiques les plus illimitées dans leur compréhension de l'existence humaine, et ce fait justifie à lui seul la tâche qui consiste à les mettre en relation l'une avec l'autre". Si chacun de ces deux arts procède nécessairement de façon autonome et relève de temporalités et modes de création distincts, il n'en demeure pas moins que comparaison, parallélisme, correspondances et interférences sont autant de termes qui expriment la diversité des liens entre l'architecture et la littérature. A cet égard, le présent numéro d'Europe ouvre des perspectives passionnantes. D'Italo Calvino à Georges Perec, de Jean-Christophe Bailly à Jean-Paul Goux, de Fernand Pouillon à Paul Andreu, d'Alain Robbe-Grillet à Peter Eisenman, de Paul Valéry à Le Corbusier ou encore de Paul Celan à Daniel Libesldnd, les interactions et les écarts entre architecture et littérature nous offrent ici l'opportunité d'une réflexion audacieuse et féconde.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER23,70 € -

P ALBERT-BIROT CLAUDE CAHUN N1056 AVRIL 2017
COLLECTIFUn artificier de la création, un homme rare parmi les poètes et les artistes de son époque : tel est le jugement que portait Apollinaire sur Pierre Albert-Birot en 1917. Venu tard à la poésie, après une première carrière de peintre et de sculpteur et une longue période d'insatisfaction, Pierre Albert-Bicot (1876-1967) fut un infatigable expérimentateur. Tour à tour éditeur, imprimeur, homme de théâtre, scénariste, mais avant tout et partout poète, il fut l'auteur d'une oeuvre à bien des égards pionnière. Fondateur de la revue SIC (1916-1919), il y accueillit les créateurs les plus audacieux de son époque : Apollinaire, Soupault, Reverdy, Tzara, Picasso, Zadkine... Dans son oeuvre personnelle, il innova dans des domaines aussi variés que la poésie visuelle (poèmes-affiches, poèmes-pancartes), la poésie sonore (poèmes à crier et à danser), le théâtre (pièces pour marionnettes, théâtre circulaire) ou le cinéma avec ses ciné-textes poétiques. Il s'illustra dans le haïku comme dans l'épopée, avec son Grabinoulor, une coulée de près de mille pages sans aucun signe de ponctuation... En éclairant sous de multiples facettes le parcours peu commun de ce créateur joyeusement moderne, ce cahier d'Europe nous invite à prendre la mesure d'une création démultipliée, au confluent des avant-gardes. L'oeuvre de Claude Cahun (1894-1954), méconnue de son vivant, fut progressivement révélée à partir de la fin des années 1980. L'intérêt qu'elle suscita ne cessa de s'amplifier. Elle occupe à présent une place de tout premier plan, non seulement dans le grand récit de la modernité mais à la pointe des débats contemporains. Les problématiques autour desquelles elle se constitue, les moyens qu'elle mobilise et dont l'étendue est impressionnante - littéraires, photographiques, scéniques, plastiques -, voilà qui allait trouver ces vingt dernières années une résonance exceptionnelle. Ce dossier, tout en restituant rare image assez complète de l'esprit qui anime Claude Cahun, met l'accent sur deux aspects qui ont bénéficié de quelques enrichissements : le milieu relationnel dont l'influence fiai formatrice, et la contribution aux "arts du spectacle" (théâtre, cinéma). Il apporte également des précisions sur la démarche photographique de Claude Cahun, certainement l'une des plus étonnantes de sa génération et, aujourd'hui, des plus commentées. Par ailleurs, une correspondance inédite avec André Breton nous plonge au coeur de sa résistance active à l'occupation nazie, dans l'île de Jersey où elle s'était retirée avec sa compagne, Suzanne Malherbe.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 €
De la même catégorie
-

Renaissance de Saint Exupéry. Le pilote - L'écrivain - L'homme
Vircondelet AlainOn a plus souvent célébré Saint Exupéry du fait de son engagement et de sa mort au combat que pour la force visionnaire de sa pensée et la modernité de son écriture. Déplacé au fil des années du monde des Lettres vers la sphère militaire, le pilote s'est vu dénier le statut de grand écrivain, égal de Gide, Sartre ou Camus. Dans le même temps, certaines de ses oeuvres capitales, tels les Carnets ou Citadelle, étaient livrées à l'oubli. Un héros donc, seulement un héros ? Délaissé par l'Université, négligé par les élites, hâtivement jugé moraliste et réactionnaire, ramené au seul enchantement du Petit Prince, Saint Exupéry méritait assurément une relecture. Pour lui rendre la place qu'il mérite dans la littérature moderne, Alain Uircondelet a rassemblé les contributions inédites d'historiens, d'écrivains, d'universitaires, de psychanalystes, de spécialistes d'aviation ou simplement de passionnés. Ils abordent les rapports de Saint Exupéry avec sa mère, sa conception du divin, ses incursions dans le journalisme, l'adaptation de ses oeuvres au cinéma, sa discorde avec les gaullistes, l'impact de la dépression sur son oeuvre et la portée de ses derniers écrits. Une somme multiforme, assortie d'un dossier iconographique inédit, qui montre l'homme Saint Exupéry dans toute sa complexité et sa richesse.EpuiséVOIR PRODUIT24,95 € -

L'épopée virile de Marcel Pagnol
Fiat ChristopheL'Epopée virile de Marcel Pagnol est le récit fragmentaire, mais documenté, passionné et comique de l'aventure extraordinaire que fut la vie de Marcel Pagnol. Ecrivain, dramaturge et cinéaste, pionnier du cinéma parlant, admiré aussi bien par les néoréalistes italiens que par Steven Spielberg, il a donné à la Provence, et à la ville de Marseille en particulier, une partie de son aura. Dans ce récit vif, elliptique et passionnant, on découvre un Pagnol méconnu, très éloigné du pittoresque facile auquel ses oeuvres et lui sont parfois réduits. De sa découverte du parlant dans un cinéma de Londres, en 1929, à la diffusion de Manon des sources à la télévision quarante ans plus tard, de son adolescence de boxeur à sa vie rangée, mais intense, d'académicien, tout Pagnol est là, à travers les mille détails qui composent, une fois assemblés, son existence et sa légende.Sur commande en 6-10 joursCOMMANDER13,00 € -

Rimbaud en un clin d'oeil !
Pichon FannyParce qu'à 20 ans déjà il avait tout écrit, parce qu'il s'est dit "absolument moderne", parce que sa vie a un parfum de scandale, parce qu'il est adoré des catholiques mystiques comme de la contre-culture, Rimbaud, poète maudit s'il en est, fascine et passionne. Ce petit livre vous invite à redécouvrir sa vie et son oeuvre à travers de nombreux extraits commentés.EpuiséVOIR PRODUIT2,99 € -

Né au bon moment. 1935-1975
Lodge David ; Couturier MauriceComment devient-on David Lodge ? Pourquoi choisit-on le rire comme langage absolu, la comédie comme ligne de vie (et de fuite) ? Dans ce livre, notre Anglais préféré se dévoile comme jamais, avec une pudeur et une simplicité bouleversantes. Loin des mémoires tournant à l'autocélébration, Lodge rend hommage aux autres, à ceux qui ont traversé sa vie et ce morceau de siècle avec lui, gamin anglais né en 1935. Au-delà du roman d'une vie, ce livre raconte le parcours d'un catholique profondément irrévérencieux, mais aussi habité par le doute et le paradoxe.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER10,20 €
