Back Office est une revue annuelle consacrée au design graphique et aux pratiques numériques. Elle explore les processus de création en jeu dans la diversité des médias et des pratiques numériques contemporaines. En traitant de thématiques telles que le rapport code/forme, les enjeux des outils de création ou la perméabilité des médias, elle constitue un espace de réflexion inédit dans ces domaines. Bilingue français/anglais, Back Office est pensée comme une interface permettant la réception d'une culture numérique majoritairement anglosaxonne dans l'espace francophone, par des commandes à des auteurs étrangers et par des traductions inédites. Le cinquième numéro s'intéresse à la place grandissante des technologies 3D dans les productions de design graphique. Issues des champs du cinéma et du jeu vidéo, ces dernières n'ont en effet jamais été autant accessibles, que ce soit grâce à l'augmentation des capacités de calcul, à la démocratisation des logiciels libres ou des environnements de création « temps réel ». Souvent photoréaliste, la 3D est souvent réduite à imiter la photographie et peine à proposer un langage visuel qui lui soit propre ? alors qu'il reste tant à inventer. De même, si la 3D est aujourd'hui fréquemment réinvestie par les designers pour enrichir un support 2D tel qu'une affiche ou un site Web, il s'agit la plupart du temps d'un réemploi ? naïf, kitsch, passéiste, ou sans recul critique ? du vocabulaire formel propre aux moteurs de rendu. En parallèle de la démocratisation grandissante des casques de réalité virtuelle, l'émergence des technologies de 3D « temps réel » au sein des pages Web favorise des objets graphiques associant lecture à l'écran, interface fonctionnelle et image de synthèse, qui vont à l'encontre du paradigme traditionnel « fenêtres/menus/défilement vertical/liens hypertextes ». Dès lors, quels en sont les effets sur le lecteur en termes culturels, cognitifs ou sensibles ? Quels rapports entretiennent image et texte dans un environnement simulé, qu'il soit figuratif ou abstrait ? Comment interroger et mettre en perspective ces techniques dans une histoire élargie du design graphique ? Ce numéro tente de proposer diverses pistes de réponses à ces questions à travers des entretiens et articles illustrés de nombreux exemples issus de jeux vidéos, d'interfaces ou de films (Tron, Mario Kart, etc.). Back Office est coéditée par les Éditions B42 et Fork éditions.
Nombre de pages
144
Date de parution
16/06/2023
Poids
446g
Largeur
195mm
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EAN
9782490077915
Titre
Back office N° 5, juin 2023 : Changer de dimension
Largement tributaire des possibilités qu?offrent la photographie, la programmation, les procédés d?impression, de diffusion, de reproduction, notre environnement visuel est traversé de part en part par la technique. Pourtant ces opérations sont bien souvent maintenues dans l?ombre de questions plus nobles portant sur les graphistes, leurs démarches et les formes qu?ils produisent. Le rôle historique et opératoire de la technique ne semble pas encore avoir été étudié dans le champ du design graphique avec autant d?assiduité que dans d?autres domaines. Les différentes contributions de cet ouvrage montrent selon plusieurs éclairages complémentaires, que la technique n?est pas réductible à des opérations quantifiées ou à des objets fonctionnels, mais qu?elle revêt plus largement une dimension anthropologique beaucoup plus ancienne et profonde que ce que nos environnements technologiques ne laissent imaginer. La technique croise des pratiques, des normes, des habitudes et des « manières de faire », c?est-à-dire tout une somme de choses qui font partie intégrante des processus de création sans forcément y apparaître explicitement. Interroger la fabrication, la conception et les outils en design graphique, c?est tenter de redonner une lisibilité à ces questions pour mieux comprendre les formes visuelles de notre environnement quotidien. Cet ouvrage témoigne de la multiplicité des approches possibles sur le sujet et de la fertilité d?une thématique qui reste encore largement à défricher, au croisement du design, des études visuelles et des humanités numériques.Table des matières : sommaire Introduction Quelques éclairages non techniques sur la technique Vivien Philizot Mémoire des techniques Trous de mémoire Témoignage de Jean-Noël Lafargue Les révolutions techniques et leurs conséquences sur le dessin de lettres Indra Kupferschmidt Politiques numériques Faire avec ? Pour une pratique informée des programmes Kevin Donnot Le design de la transparence : une rhétorique au c?ur des interfaces numériques Loup Cellard, Anthony Masure Pourquoi le design. Une évidence problématique dans le domaine des humanités numériques Nicolas Thély Dynamiques visuelles Le regard captif. Montage et économie de l?attention, aux origines du concept moderne de graphisme Max Bonhomme Du diagramme circulaire au réseau : comment bien digérer un camembert ? Fabrice Sabatier Formes de l?invention Formes, concepts, matières : quels place et rôle pour le numérique et la technique Bruno Bachimont La technique est-elle sédimentaire ? Entretien entre Pierre-Damien Huyghe et Vivien Philizot Conclusion Design graphique. Projet pour un glossaire Vivien Philizot
La gentrification des esprits est un retour captivant sur les « années SIDA » et l'activisme d'ACT UP dans le New York des années 1980 et 1990. Sarah Schulman, elle-même new-yorkaise et militante de la cause LGBT, se souvient de la disparition, pratiquement du jour au lendemain, de la culture rebelle queer, des loyers à bas coûts et du prolifique mouvement artistique qui se développait au c'ur de Manhattan ; remplacés par des porte-parole gays conservateurs, ainsi que par le consumérisme de masse. Sarah Schulman décrit avec précision et engagement le « remplacement d'une communauté par une autre » et le processus de gentrification qui toucha ces quartiers concomitamment à la crise du SIDA. Schulman fait revivre pour nous son Lower East Side tel qu'elle l'a connu. Elle emplit les pages de ce livre de la réminiscence vivace de ses ami?e?s de l'avant-garde queer, autant que de l'ombre inquiétante des premières années de la crise du SIDA, telles que vécues par une politiste. Les souvenirs personnels s'entremêlent à une analyse percutante des deux phénomènes, et du poids invisible qu'ils font aujourd'hui peser sur la société américaine. Schulman rend compte de son expérience en tant que témoin de la « perte de l'imagination » de toute une génération, et des conséquences entraînées par cette perte.
Dans cet essai, Sarah Schulman, fervente militante pour les droits humains et plus particulièrement des personnes LGBTQIA+, livre une brillante analyse des défis sociaux et psychologiques inhérents à tout mouvement de solidarité. En prenant appui sur plusieurs exemples historiques (lutte pour le droit à l'avortement dans l'Espagne postfranquiste, mobilisation de Jean Genet avec les Black Panthers, lutte contre le VIH/sida dans le New York des années 1990, vagues de contestations sur les campus universitaires contre la guerre d'Israël à Gaza...) ainsi que sur sa propre expérience de femme queer et juive, l'autrice décortique les rouages de la solidarité. Elle entreprend de questionner les fantasmes qui y sont traditionnellement associés, notamment celui, tenace, que l'on parviendra à faire changer les choses à l'échelle individuelle sans aucun sacrifice, ou encore que les motivations de nos actions seront reconnues comme pures et nécessairement bénéfiques. En filigrane, cet ouvrage pose une question fondamentale : quelle place pouvons-nous prendre dans un monde de plus en plus polarisé, et comment agir en solidarité avec les populations opprimées à l'échelle mondiale, locale ou individuelle ? L'autrice analyse les conditions nécessaires à tout mouvement solidarité et montre l'importance de l'écoute active, la nécessité d'intervenir lorsque l'on est confronté à une injustice, la capacité à tolérer l'imperfection, ou encore la reconnaissance du coût moral et social inhérent à toute preuve de solidarité. En dressant des parallèles entre différentes luttes, Sarah Schulman met en lumière certaines dynamiques transversales à tout acte de solidarité et montre l'importance de la convergence des luttes dans un contexte mondialisé. Ode à la libération des peuples et populations opprimées, cet ouvrage apparait aujourd'hui indispensable pour quiconque souhaite ?uvrer à la construction d'un monde plus juste.
Devenir un expert du Rakugaki est une méthode d'apprentissage du dessin décalée et anticonformiste, pour apprendre facilement à regarder et représenter le monde qui nous entoure. Le Rakugaki est un style de dessin japonais, qui permet de reproduire, avec des dessins les plus petits et détaillés possibles, l'univers dans toute son immensité. L'illustrateur et graphiste Bunpei Yorifuji présente sa méthode de dessin personnel et invite le lecteur à observer le monde qui l'entoure et s'en inspirer, afin de mettre en scène son propre univers. Ce livre propose des techniques de transpositions telles que des parapluies pour dessiner des arbres, une ville pour imaginer une forêt, une posture pour représenter dix personnages ou encore une multiprise transformée en serpent, qui permettent d'assimiler tous les secrets pour de devenir un « maître du Rakugaki ».