Imaginez l'espace d'un film de Cocteau quand les personnages remontent le temps et se déplacent au ralenti, à cause de la force du vent. C'est dans un tel univers visuel que l'auteur de ce livre, devenu personnage à son tour, va et vient. Le lieu imaginé cependant n'a pas pour référence l'antiquité et les vieux murs mais le San Francisco moderne. C'est un San Francisco rendu utopique par la projection systématique d'un nulle part qui est soit l'enfer, soit les limbes, soit le paradis. Dans l'enfer souffle le vent et il est difficile d'avancer. Dans le paradis on tombe sans crier gare. Quant aux limbes c'est là où on va boire un coup. On, c'est-à-dire Wittig et Manastabal, un guide qui est loin d'avoir la douceur du Virgile de Dante, protagonistes d'un opéra des gueuses à la fois féroce et gai et qui comme la comédie de Dante finit bien. Il y a une providence, il y a des anges en chair et en os, il y a des monstres, il y a l'Achéron, il y a les horreurs de l'enfer et les délices du paradis. Ce texte est paru en 1985.
Nombre de pages
137
Date de parution
01/04/1985
Poids
140g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707310217
Titre
Virgile, non
Auteur
Wittig Monique
Editeur
MINUIT
Largeur
136
Poids
140
Date de parution
19850401
Nombre de pages
137,00 €
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En 1978, Monique Wittig clôt sa conférence sur " La Pensée straight" par ces mots: "Les lesbiennes ne sont pas des femmes." L'onde de choc provoquée par cet énoncé n'en finit pas de se faire ressentir, aujourd'hui encore, dans la théorie féministe et au-delà. En analysant l'aspect fondateur de la " naturalité " supposée de l'hétérosexualité au sein de nos structures de pensées, que ce soit par exemple dans l'anthropologie structurale ou la psychanalyse, Monique Wittig met au jour le fait que l'hétérosexualité n'est ni naturelle, ni un donné: l'hétérosexualité est un régime politique. Il importe donc, pour instaurer la lutte des "classes", de dépasser les catégories " hommes "/" femmes ", catégories normatives et aliénantes. Dans ces conditions, le fait d'être lesbienne, c'est - à - dire hors-la-loi de la structure hétérosexuelle, aussi bien sociale que conceptuelle, est comme une brèche, une fissure permettant enfin de penser ce qui est "toujours déjà là".
La Pensée straight (The Straight Mind), publié initialement en anglais, aux États-Unis, en 1992, représente l'apport fondamental - véritable changement de paradigme de Monique Wittig à la théorie politique moderne. Quel est-il? C'est la renversante idée que la matrice du pouvoir, ou de la domination, n'est pas la division en classes, ni peut-être même en races, mais cette chose si normale, ce dispositif le plus normal du monde: l'hétérosexualité. Depuis Monique Wittig, nous savons que l'hétérosexualité est un régime politique.
One of the most widely read and frequently cited feminist novels of our time. 'A delectable epic of sex warfare... an extraordinary leap of the imagination into the politics of oppression and revolt."?Mary McCarthy"
La poitrine les seins les omoplates les fesses les coudes les jambes les orteils les pieds les talons les reins la nuque la gorge la tête les chevilles les aines la langue l'occiput l'échine les flancs le nombril le pubis le corps lesbien.
À quiconque s?interroge sur le rôle des images dans notre connaissance de l?histoire, l?atlasMnémosyne apparaît comme une oeuvre-phare, un véritable moment de rupture épistémologique.Composé, mais constamment démonté, remonté, par Aby Warburg entre 1924 et 1929, il ouvreun nouveau chapitre dans ce qu?on pourrait nommer, à la manière de Michel Foucault, unearchéologie du savoir visuel. C?est une enquête « archéologique », en effet, qu?il aura fallu menerpour comprendre la richesse inépuisable de cet atlas d?images qui nous fait voyager de Babyloneau XXe siècle, de l?Orient à l?Occident, des astra les plus lointains (constellations d?idées) auxmonstra les plus proches (pulsions viscérales), des beautés de l?art aux horreurs de l?histoire.Ce livre raconte, par un montage de « gros plans » plutôt que par un récit continu, lesmétamorphoses d?Atlas, ce titan condamné par les dieux de l?Olympe à ployer indéfiniment sousle poids du monde, en atlas, cette forme visuelle et synoptique de connaissance dont nouscomprenons mieux, aujourd?hui, depuis Gerhard Richter ou Jean-Luc Godard, l?irremplaçablefécondité. On a donc tenté de restituer la pensée visuelle propre à Mnémosyne: entre sa premièreplanche, consacrée à l?antique divination dans les viscères, et sa dernière, hantée par la montée dufascisme et de l?antisémitisme dans l?Europe de 1929. Entre les deux, nous aurons croisé lesDisparates selon Goya et les « affinités électives » selon Goethe, le « gai savoir » selon Nietzscheet l?inquiétude chantée dans les Lieder de Schubert, l?image selon Walter Benjamin et les imagesd?August Sander, la « crise des sciences européennes » selon Husserl et le « regard embrassant »selon Wittgenstein. Sans compter les paradoxes de l?érudition et de l?imagination chers à Jorge LuisBorges.Oeuvre considérable de voir et de savoir, le projet de Mnémosyne trouve également sa source dansune réponse d?Aby Warburg aux destructions de la Grande Guerre. Non content de recueillir lesDisparates du monde visible, il s?apparente donc à un recueil de Désastres où nous trouvons,aujourd?hui encore, matière à repenser, à remonter, poétiquement et politiquement, la folie denotre histoire.
L?artiste est inventeur de temps. Il façonne, il donne chair à des durées jusqu?alors impossibles ou impensables : apories, fables chroniques. Un petit film de Sarkis intitulé Au commencement, l?apparition donne ici l?occasion de réfléchir ? historiquement et anthropologiquement ? sur l?étrange figure composée du lait et de la mort. Entre l?écoute et la parole, une installation d?Esther Shalev-Gerz, permet quant à elle de reposer à nouveaux frais la question du témoignage historique et de ses « blancs », de ses événements de silence. Question qui ne peut être traitée de haut puisqu?elle met en cause notre langage lui-même, et qui cherche son propre phrasé à l?écoute de la littérature, qu?il s?agisse d?un poème de Mallarmé, d?une fable hassidique ou d?un récit de Georges Perec.