Comté de Columbia, Arkansas - 1936JOHN MOSES N'AURAIT PU CHOISIR PLUS MAL SON JOUR et sa façon de mourir, même s'il les avait prévus depuis longtemps. Possible, après tout. Avec une tête de mule comme John. Le week-end de la grande réunion de famille se déroulait à merveille - enfin, normalement - quand il s'était avisé de tout gâcher.La réunion avait lieu le premier dimanche de juin. Forcément: c'était comme ça depuis toujours. Car la tradition, John Moses était à cheval dessus. Chaque année, sa fille Willadee (elle vivait loin dans le Sud, en Louisiane) lui demandait de changer la date, soit pour le deuxième dimanche de juin, soit pour le premier dimanche de juillet, mais John tenait une réponse toute prête:- Plutôt brûler en enfer.Willadee rappelait alors à son père qu'il n'y croyait pas, et John de lui remémorer à son tour que c'était en Dieu qu'il ne croyait pas, et que, pour l'enfer, la question restait à débattre. À quoi il ajoutait que le pire, si pareil lieu existait vraiment, ce serait que le mari de Willadee, Samuel Lake, y soit envoyé en même temps que lui, étant donné qu'il était prédicateur... et tout le monde savait que les prédicateurs (surtout les méthodistes, comme Samuel) étaient les plus viles crapules que la terre ait jamais portées.Willadee savait que son mari n'avait rien d'une crapule, mais elle ne discutait jamais avec son père. Le problème, c'était que la conférence annuelle commençait le premier dimanche de juin. A cette occasion tous les pasteurs méthodistes des quatre coins de l'État apprenaient de la bouche de leur responsable de district quel degré de satisfaction ou de non-satisfaction ils avaient obtenu au cours de l'année écoulée, et s'ils allaient pouvoir rester où ils étaient, ou être obligés de déménager.Samuel avait l'habitude de s'entendre dire qu'il fallait déménager. Il était de ceux qui prennent leurs semblables à rebrousse-poil. Pas volontairement, s'entend. Il se contentait de faire ce qu'il pensait être juste - se précipiter, par exemple, le dimanche matin au fin fond de nulle part avec sa vieille guimbarde afin de ramasser une flopée de miséreux (de préférence en guenilles et pieds nus) qu'il ramenait en ville pour assister au culte. Encore, s'il y avait eu des cultes différents, un pour les pauvres péquenauds et un autre pour les honnêtes citoyens auxquels la coupe et la qualité de leur garde-robe garantissaient sans l'ombre d'un doute l'entrée au paradis. Mais pas du tout. Samuel entretenait cette idée saugrenue que Dieu aimait tout le monde de la même manière. En plus, il prêchait avec une ferveur que certains estimaient excessive, donnant du poing sur son pupitre, souvent pour appuyer des paroles du genre: «Que ceux qui croient répètent après moi AMEN!» alors que les méthodistes, et il était bien placé pour le savoir, s'efforçaient au contraire de se débarrasser de ces vieilles lunes, non sans mal d'ailleurs, comme vous pouvez le constater.
Nombre de pages
351
Date de parution
28/04/2011
Poids
537g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782714446480
Titre
Les ailes de l'ange
Auteur
Wingfield Jenny ; Chapman Isabelle
Editeur
BELFOND
Largeur
156
Poids
537
Date de parution
20110428
Nombre de pages
351,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pour la première fois, un spécialiste de la radionique et un docteur en homéopathie et phytothérapie ont associé leurs connaissances pour réaliser ces planches. Elles permettent d?élaborer des remèdes artificiels homéopathiques et phytothérapiques. Ils favorisent et accélèrent l?auto-guérison et sont efficaces pour lutter contre de nombreux maux. Une thérapie révolutionnaire, mais sérieuse, qui a fait l?objet de nombreux tests concluants.
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