Il était une fois, dans une petite maison au fond des bois, une belle jeune fille, Rosamonde, qui vivait avec son tendre père, Clément, et sa vilaine marâtre, Salomé. Cela se passait dans des temps très anciens, quand les lions rôdaient encore dans les forêts touffues du Mississippi, à peine entamées par les haches des pionniers. Des brigands aussi hantaient ces lieux sauvages et ce fut par l'un d'eux que la ravissante et menteuse Rosamonde eut le bonheur d'être enlevée. Conte de fées ? Oui, puisque c'est sur une trame des frères Grimm qu'Eudora Welty a brodé cette histoire aussi fraîche et lumineuse qu'une toile du Douanier Rousseau. Mais conte ancré dans l'espace (la piste des Natchez, au coeur du Mississippi) et dans le temps (la fin du dix-huitième siècle). Pourquoi ? Parce que les lieux, les paysages jouent dans l'oeuvre de la grande romancière un rôle capital et que leur rémanence imprègne ici en profondeur un récit qui est un hymne à la liberté des corps, à la sensualité, au plaisir.
Nombre de pages
160
Date de parution
08/01/1992
Poids
160g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782080660060
Titre
Le Brigand bien-aimé
Auteur
Welty Eudora
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
160
Date de parution
19920108
Nombre de pages
160,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le titre de ce cycle de nouvelles est tiré d'un poème de William B. Yeats, The Song of Wandering Aengus, et l'allusion mythologique y est claire. Fidèle à sa géographie affective, Eudora Welty dresse par touches délicates le portrait d'un canton perdu aux résonances universelles: Morgana, Mississippi (à quoi s'ajoute ici une pérégrination mémorable dans San Francisco). Du destin brisé de Snowdie MacLain, jeune épousée aussitôt quittée (son mari erre de texte en texte, fantôme disparu qui ne cesse de revenir), à la mauvaise fortune de Miss Eckhart, professeur de piano qui perd son doigté, les femmes chez Welty sont des êtres vulnérables pris, dès l'enfance, au piège de la vie. Aventures amoureuses, espiègleries du petit Loch qui observe à la longue-vue les amours d'une jeune musicienne, violence longtemps contenue d'un homme devant sa femme qui a grossi après la mort de leur enfant, Welty ne raconte pas, elle effleure. Prodiges du style indirect libre, ces récits brefs sont autant d'épiphanies.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.