Couleur espérance. La mémoire ouvrière juive autour de 1900
WEINSTOCK NATHAN
METROPOLIS
24,75 €
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EAN :9782883401051
Ils s'appelaient " Abraham le Graveur ", " Dovid le Tisserand " ou " Lisa la Couturière ", et vivaient entre deux cultures, la vie juive traditionnelle et le monde industriel qui venait frapper aux portes du shtetl, la bourgade juive fermée sur elle-même. Enthousiasmés par l'espoir de bâtir un monde meilleur, ils se sont plongés dans la lutte sociale et ont embrassé avec passion la cause du socialisme. Proclamations, manifestations, grèves, insurrections : ils ont été de toutes les luttes, toujours au premier plan. De toutes les déceptions aussi... Voici, traduits du yiddish par Nathan Weinstock, tels que leurs plumes les ont figés, les mémoires de quelques " fantassins " de ce combat, militants de la base. Au-delà du cours des événements dont l'écho s'est tu aujourd'hui, leurs biographies nous émeuvent, car il s'agit de l'histoire d'hommes et de femmes décidés à se dresser contre l'injustice. Ils nous révèlent la lutte d'une génération entière pour conquérir le premier de tous les biens : la dignité. La richesse de ces textes, c'est aussi leur contraste. Tandis que Leon Bernstein nous dépeint l'adhésion au mouvement socialiste comme une entrée en religion qui purifie l'âme, " A Litwak " nous livre une description impitoyable du sous-prolétariat Juif désocialisé de Varsovie. Ces écrits autobiographiques, de tonalités et de sensibilités diverses, doivent être considérés comme un document d'histoire sociale exceptionnel. Ils nous restituent une époque révolue et un monde englouti. Nous entendons battre à travers ces lignes le pouls d'un univers rythmé par les rites religieux et enserré dans des cadres sociaux que l'on sent craquer sous la pression des forces du modernisme.
Nombre de pages
347
Date de parution
16/12/2000
Poids
634g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782883401051
Titre
Couleur espérance. La mémoire ouvrière juive autour de 1900
Auteur
WEINSTOCK NATHAN
Editeur
METROPOLIS
Largeur
160
Poids
634
Date de parution
20001216
Nombre de pages
347,00 €
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Le Rouleau d'Esther nous relate que Haman, haut dignitaire du roi perse Akhasveyresh (Assuerus), avait projeté d'exterminer tous les Juifs du royaume, complot déjoué in extremis la Reine Esther et son cousin Mordekhay (Mardochée). Ce récit biblique est commémoré chaque année lors de la fête de Pourim.
Ecrite et représentée à la fin de la Révolution batave - sans doute en 1798, au lendemain de l'accès des membres de la minorité juive aux Pays-Bas à l'égalité civile -, la comédie Tout est bien qui finit bien, rédigée dans la variante amstellodamoise du yiddish occidental, a été découverte en 1946 par l'érudit hollandais Leo Fuks, spécialiste de la littérature yiddish ancienne des Pays-Bas. Elle illustre la vitalité du théâtre de langue yiddish qui prit naissance aux Pays-Bas dès les premières années du XVIIIème siècle indépendamment de la tradition burlesque du Purimshpil. L'intrigue est bâtie autour des fourberies dont se rendent coupables des escrocs juifs sans foi ni loi, originaires de Pologne et venus solliciter des secours auprès de la communauté ashkénaze d'Amsterdam sous de faux prétextes. Toutefois, lue au second degré, la pièce met à nu les tensions sociales qui déchirent la communauté juive de la métropole hollandaise, opposant les laissés-pour-compte d'une société inégalitaire aux notables juifs titulaires du "droit de bourgeoisie". Fracture sociale qui se double d'un clivage ethnique entre citadins ashkénazes amstellodamois enracinés et claquedents juifs polonais, immigrés de fraîche date qui n'ont guère d'autres ressources pour survivre que de se réfugier dans la délinquance. Le présent ouvrage contient la traduction intégrale du texte originel ainsi que la préface rédigée par Leo Fuks pour l'édition yiddish publiée à Paris en 1955.
Le conflit entre Israéliens et Palestiniens n'a toujours pas trouvé d'issue. Quelles en sont les causes profondes? Pour nous aider à comprendre les passions du présent, ce livre explore les cheminements et les déchirements de l'histoire. Loin des clichés réducteurs, Nathan Weinstock retrace la dynamique conflictuelle qui a façonné, puis opposé deux nationalismes issus d'une même terre. S'appuyant sur des sources rarement exploitées, dont les travaux de chercheurs palestiniens, il renouvelle la lecture de cette histoire sur de nombreux points: le parallélisme entre le sionisme et le mouvement Back to Africa; les conditions de ventes de terres aux Juifs à la fin du XIXe siècle; l'engagement du Mufti de Jérusalem et de Ben Gourion aux côtés de l'oppresseur ottoman en 1914; les luttes ouvrières menées de front par les ouvriers juifs et palestiniens après la Seconde Guerre mondiale, etc. Une somme qui devrait s'imposer comme l'un des ouvrages de référence sur la question.
Après l'échec des accords d'Oslo et le déclenchement de la deuxième Intifada, il importe de tenter d'expliquer les impasses de la résolution toujours repoussée du conflit israélo-palestinien. Or, appréhender le conflit, en saisir les enjeux complexes, n'est possible que si l'on se dégage des schémas artificiels et réducteurs et si l'on prend en compte un facteur qui n'a jusqu'à présent fait que fort peu l'objet d'analyse, celui de la dhimmitude: statut avilissant imposé aux non-musulmans en terre d'islam ("dhimmis"), tenus par la charia de courber l'échine. En Terre Sainte, cette négation tenace s'est exprimée dès les tout débuts du mouvement sioniste vis-à-vis de la communauté juive en voie d'hébraïsation par le slogan "Les Juifs sont nos chiens." Le refus arabe opposé à l'émancipation juive, puis au fait israélien et à sa légitimité traverse l'histoire du conflit comme un fil rouge. De là, le rejet de principe de toute forme de reconnaissance de droits nationaux à une minorité honnie tandis que l'identité nationale palestinienne se construisait sur la base de l'exclusion de la composante juive de la population locale. L'existence même d'un Etat juif est vécue comme une souillure et une humiliation permanentes. Au-delà des non-dits et des occultations de l'histoire palestinienne, l'auteur donne à lire, références documentaires à l'appui, une remise en perspective d'un conflit qui, en dépit de sa spécificité indéniable, comme l'imbroglio chypriote ou l'implosion de l'ex-Yougoslavie, s'apparente aux nombreuses déchirures ethniques endémiques léguées par l'Empire ottoman déclinant. Biographie de l'auteur Nathan Weinstock est, entre autres, l'auteur de Le Pain de misère (3 vol., La Découverte, rééd. 2002) et de Le Yiddish tel qu'on l'oublie (Métropolis, 2004). Il est le traducteur de Du fond de l'abîme: Journal du ghetto de Varsovie de Hillel Seidman ("Terre Humaine", Plan, 1998, en collaboration avec Georges Bensoussan et Micheline Weinstock).
La cuisine de mes souvenirs. Tel est le titre de notre collection, tel pourrait être le titre de cet ouvrage qui multiplie avec légèreté et profondeur les approches de la cuisine : mémoire historique de la petite et de la grande histoire, empreinte ethnologique, sociologique et culturelle singulière... Certaines recettes qui en parsèment les pages sont presque de l'ordre du journal intime, d'autres sont écrites comme des dialogues avec de chers disparus, toutes construisent « une mémoire de parfums, de couleurs, de saveurs, qui surgit parfois spontanément ou se raconte par tendresse pour les moments heureux ou malheureux d'un passé proche ou lointain ». Non, ce n'est pas un livre de cuisine. C'est un livre qui chante la vie, la famille, l'amour, la nostalgie, le désespoir, la magie de l'enfance, la grâce de l'éphémère : « À table, que ce cri résonne pour tous comme un appel au bonheur d'être. »
Alice, mère de l'autrice, est la mémoire vivante de la société des Juifs de Marrakech. Elle raconte. Hélène, l'autrice se souvient. Résonnent alors les youyou aigus pour la naissance d'un garçon, les chuchotements dans les ateliers de couture, la rumeur des rues de Marrakech qui s'animent de souvenirs vivaces et mélangent les peuples, les origines et les langues ? on y croise même des Chinois. Le temps file, s'arrête parfois. Des mariages. Des départs vers l'inconnu. Des amis qui se perdent de vue, des familles éparpillées de par le monde. Certains Juifs choisissent Israël. Personne n'aime les adieux. On se cherche. On se retrouve au hasard d'une promenade sur les Champs-Élysées ou d'une librairie du quartier Saint-Paul. Ceux qui ont vécu au pied du majestueux Atlas, dans cette plaine prospère de Marrakech, assistent à l'explosion sans fracas d'un monde très ancien, dont ces mémoires familiales croisées ravivent la mémoire.
Une villa princière de la Renaissance, quelque part en Toscane. La scène est au bord de la mer. Laissée seule par l'homme qui, onze ans auparavant, l'a prise pour épouse, la Reine redevient Princesse, retrouve la blancheur d'une inaltérable virginité. Elle regarde à l'horizon. Dans ses yeux, le ciel et la mer. Elle attend le fiancé, celui qu'elle s'est promis. Un signe d'elle a été convenu, lorsqu'il apparaîtra, au couchant, sur les flots. Et il gagnera ses rives. Et ce sera l'instant. Toutes ces années, elle s'est gardée pour cet instant. La barque approche, et quelque chose se brise. Ce signe, elle ne le fera pas. Voici un drame affranchi de l'action, qui se noue dans le silence, l'attente et le dialogue intérieur d'en-dessous des paroles échangées comme son unique intrigue. L'immensité du ciel et de la mer inscrit dans les regards les abysses d'impénétrables émotions. Au coeur même du verbe, comme en lignes de fuite, l'indicible innombrable des âmes. En 1900, Rilke, dans son journal, pressentait l'éclosion de ce que deviendrait ce poème dramatique déjà ébauché en 1898. Il le reçoit comme une apparition, à rebours de toute vision : «J'aimerais écrire un drame inscrit dans la nostalgie. Il faudrait l'intituler L'Aveugle. Tout à coup, je sais , je vois la silhouette mince d'une jeune fille dont la sensibilité s'est portée tout entière à la surface de son corps pour y fleurir.» Pièce en un acte écrite en vers, "La Princesse blanche", poème dramatique, en effet, par excellence, qui trouve sa forme définitive en 1904, condense en elle ce coeur indistinct du silence qui préside à l'ensemble de l'oeuvre du poète, comme le lieu de la vérité première, du dépouillement d'aucun artifice, d'une implacable exposition à l'épreuve de l'Ange, où remonter toujours, d'où repartir toujours, pour tout recommencer.