L'histoire de l'Islam est encore trop souvent prisonnière d'une grille de lecture « civilisationnelle » : à un Moyen Âge admirable sur le plan du développement culturel aurait succédé, à partir du XIIe siècle, une déchéance marquée par l'affirmation du dogme religieux, puis, au XIXe siècle, une « renaissance » (nahda) consécutive à la rencontre avec la modernité occidentale ; cette dernière aurait laissé la place, au XXe siècle, à un combat entre « sécularismes » et « fondamentalismes » préludant l'avènement d'un « Islam des Lumières ». Élaborée par les savants orientalistes et largement reprise tant dans les discours musulmans réformistes que dans les discours nationalistes arabes, cette vision de l'histoire reste largement partagée aussi bien dans les cercles de spécialistes qu'au sein du grand public, qu'il soit musulman ou non-musulman. Ismail Warscheid étudie dans cet ouvrage comment ce récit d'une histoire musulmane partagée entre « grandeur », « décadence » et « renouveau » a émergé à partir du XIXe siècle, et dans quelle mesure continue-t-il de façonner les perceptions de l'Islam à nos jours. Mettant au jour ses présupposés idéologiques, il synthétise de manière accessible les résultats des travaux les plus récents menés sur le sujet, remettant notamment en cause la thèse d'une stagnation de la vie intellectuelle dans le monde musulman, la lecture essentiellement négative de la production littéraire et savante comme rabâchage sans intérêt des « grandes » ?uvres du passé ou encore la dichotomie entre un Islam réformiste, politisant et dynamique, et un Islam traditionnel, quiétiste, mais figé. L'enjeu d'une telle démarche est double : d'un côté, de s'émanciper du culturalisme essentialisant des premières générations d'islamologues et de leurs approches philologiques ; de l'autre, de se réapproprier, de façon critique, l'énorme littérature socio-ethnologique produite en contexte colonial sur les sociétés musulmanes en Afrique et en Asie.
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.
Il y a près de 3 300 ans, au Proche-Orient, est apparue l'idée d'un Dieu unique. Qui est ce Dieu, par rapport aux multiples dieux qui l'environnent? Quel est le sens des Dix Commandements? Comment les Juifs voient-ils ce Dieu, que disent-ils de lui? Quels sont les liens entre la Torah écrite - la Bible - et la Torah orale - le Talmud? Quel est le sens de la Loi, de l'Exil? Qui était Jésus pour les premiers chrétiens? Pourquoi l'ont-ils appelé Christ et Fils de Dieu? Pourquoi parlent-ils d'un Dieu "Trinité"? Sans jargon, chacun avec sa science et sa conviction, trois spécialistes répondent aux questions d'Hélène Monsacré et de Jean-Louis Schlegel.
Le roi comprend soudain qu'il manque une religion à son peuple. Oui, mais laquelle? Afin de trancher cette épineuse question, il organise le Grand Tournoi de la Vérité, opposant un juif, un athée, un chrétien, un musulman, un hindou et un bouddhiste. Que le plus sage gagne!
Chevallier Marielle ; Aillet Cyrille ; Gaillard Cé
Un ouvrage de synthèse unique sur l'histoire des croyances et des grandes religions, de la Préhistoire à nos jours. Sous la forme d'un récit chronologique illustré, entrecoupé de dossiers thématiques. Pour tous ceux qui s'intéressent au fait religieux. Un panorama complet - L'ouvrage dresse un panorama de l'histoire de tous les grands systèmes religieux : au premier chef, les trois religions monothéistes - judaïsme, christianisme et islam -, mais aussi les religions de l'Antiquité, les sagesses orientales (hindouisme, bouddhisme, taoïsme), les nouvelles religions du XXe siècle, etc. - Le récit commence avec les premières sépultures du Paléolithique, qui peuvent être interprétées comme les formes les plus anciennes de croyances, et se termine avec un tableau des religions dans le monde aujourd'hui. - Déroulant en parallèle l'histoire des différentes religions, il permet de mettre en évidence la singularité de chacune mais aussi les interactions et points de convergence. Sous la forme d'un récit chronologique illustré L'entrée dans cette histoire, complexe, se fait à travers une sélection de 130 dates clés. A chacune est associée le récit illustré de l'événement fondateur, des encadrés thématiques apportant un complément d'information sur un personnage, un rite, un lieu de culte, une expression artistique, etc. Intercalés dans le récit, 20 dossiers thématiques offrent des synthèses précieuses sur chacun des grands systèmes religions abordés dans l'ouvrage.
Que diriez-vous de découvrir dans un seul et même livre que le mot " Messie " signifie " celui qui a reçu l'onction ", que les orthodoxes et les catholiques partagent sensiblement les mêmes croyances et les mêmes rites, que la charia est la norme devant inspirer leur législation aux dirigeants musulmans ? C'est ce que vous proposent Les Nuls avec ce tour d'horizon des grandes religions en 200 notions clés illustrées, aussi variées que la diaspora, le chamanisme, le bouddhisme tibétain... et beaucoup d'autres !