Le colloque qui s'est tenu à l'Université d'Artois, les 20 et 21 octobre 2010, a cherché à définir, à partir d'exemples européens les plus divers et sur la longue durée, la nature du lien entre ce qui est du domaine de la vie privée et ce qui est rendu public. Il a souligné l'interdépendance entre le support médiatique et la constitution de l'individu : par le livre et l'écrit, l'homme moderne a bâti son intériorité. Il a montré que les frontières entre le public et le privé sont fluctuantes, soumises aux impératifs, comme aux aléas de la politique, des querelles religieuses et de la volonté affirmée de certains individus de s'inventer des parcours biographiques singuliers, que les exemples du chansonnier Béranger, de l'ambassadeur Esterhazy et de Proust sont venus éclairer. Il a montré que les femmes ont une approche différente de celle des hommes, peut-être parce que leur éducation les pousse à mieux respecter les normes de civilité. Mais si l'espace curial a longtemps permis une expression féminine assez libre, la Révolution les a ensuite exclusivement cantonnées dans le domaine de la vie sentimentale. La publicité donnée à des affaires sensibles - affaires de moeurs, querelles conjugales, adultères - montre que l'exposition médiatique de soi se fait par le biais du scandale. Le factum, ce mémoire judiciaire qui existe durant la période moderne et jusqu'à la fin du XIXe siècle, est avec les Mémoires, les autobiographies et les correspondances, une source privilégiée, rendant compte des nombreux procès qui ont médiatisé ces affaires intimes. Les transformations des mentalités ont changé la nature de ce qui doit demeurer caché et de ce qui peut être exposé ; elles ont fait évoluer la législation : n'oublions pas que l'amitié était au XVIe siècle ostentatoire, que l'on n'a pas hésité à étaler les anecdotes sur la vie sexuelle des rois, mais que toute transgression à l'échelle locale était sévèrement pourchassée.
Nombre de pages
257
Date de parution
14/12/2012
Poids
436g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782848321585
Titre
La médiatisation de la vie privée XVe-XXe siècle
Auteur
Walch Agnès
Editeur
PU ARTOIS
Largeur
160
Poids
436
Date de parution
20121214
Nombre de pages
257,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Qu'y a-t-il de commun entre les monarchies française et espagnole du milieu du XVIe siècle à 1714 ? Au-delà des affrontements répétés et des rivalités de tous ordres, les deux pays ont tissé des liens étroits que démêle cet ouvrage à la lumière des recherches récentes. Instrument de travail pour les étudiants qui préparent cette question au programme du CAPES et de l'Agrégation, il privilégie deux angles d'approche : la synthèse générale des connaissances et l'analyse détaillée de moments particulièrement révélateurs. La première partie s'ouvre sur un court récit des événements qui ont marqué l'histoire et les institutions des deux Etats. Elle propose ensuite une étude comparative de leur fonctionnement idéologique et institutionnel. Une seconde partie souligne le caractère belliqueux de leurs relations, puis fait le point sur les dates charnières et les notions clés qui ont orienté leurs stratégies. Elle s'interroge ainsi sur les modalités du passage d'une prépondérance espagnole à une prépondérance française, entre le Siècle d'or de Charles Quint et le Grand Siècle de Louis XIV.
S'entraîner à la dissertation, épreuve essentielle du CAPES et de l'Agrégation d'histoire, est indispensable. Ce livre propose un accompagnement méthodique sous forme de 20 plans corrigés. Comparatifs, ils couvrent l'ensemble du programme qu'ils permettent de réviser. Les corrigés indiquent, pour chaque sujet, la démarche à suivre, les ouvrages de référence et le plan détaillé, présenté sous forme rédigée ou sous forme d'indications précises. Cet ouvrage offre aussi une bibliographie synthétique et commentée pour orienter les candidats dans leurs lectures. Les auteurs sont tous enseignants-chercheurs, habitués à la pratique de la préparation des concours et spécialistes de l'histoire des institutions à l'époque moderne.
Biographie de l'auteur Agnès Walch est maître de conférences à l'université d'Artois, Ile est notamment l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'histoire du mariage : Il y a un siècle, les amoureux (2004) ; Histoire de l'adultère (2009).
Les deux siècles qui ont fondé l'art de vivre à la française. Sous le règne des Bourbons, l'existence était rude : climat éprouvant, alimentation déficiente, spectacle permanent de la mort et des maladies incurables. A ces conditions s'ajoutait le cadre rigide d'une société figée dans des hiérarchies immuables, révérant un souverain lointain et courbant sous le poids d'une religion traditionnelle. Pourtant, les hommes étaient heureux. Ils le disent, l'écrivent, le chantent. Leurs témoignages, mémoires, journaux intimes, récits, louent un art de vivre à la française, le goût d'une culture singulière, d'un patrimoine, d'une gastronomie enviée, de codes comportementaux élégants. Dès lors, comment expliquer que la Révolution française ait pu s'élever contre une telle conception de la société et des rapports humains ? L'historienne Agnès Walch répond à cette question en explorant la vie quotidienne des Français sous l'Ancien Régime. Dans un grand récit nourri aux meilleures sources et écrit d'une plume enlevée, elle donne à voir et à entendre les voix d'un passé oublié qui sut conjuguer la rudesse et la " douceur de vivre ", selon la formule de Talleyrand.
Boisseau Maryvonne ; Chauvin Catherine ; Delesse C
Alors que l'on s'intéresse aujourd'hui à l'épistémologie de la traductologie, cet ouvrage réexamine les relations complexes qu'elle entretient avec la linguistique. Conscients que la linguistique ne peut rendre compte à elle seule de tous les paramètres socio-culturels, stylistiques et situationnels qui interviennent dans l'acte de traduction, mais également certains qu'on ne peut faire l'économie de la linguistique dès lors qu'il s'agit de tenter de comprendre les processus en jeu, les collaborateurs de ce volume mettent en lumière l'interaction entre les deux disciplines tant au niveau épistémologique que théorique et méthodologique. S'intéressant à différents genres de textes dans des langues diverses (anglais, français, italien, allemand), prenant en compte les évolutions théoriques récentes ainsi que les développements technologiques de ces dernières décennies, cet ouvrage propose un éclairage diversifié sur la traduction en tant que contact des langues, approche déjà illustrée par la perspective contrastiviste développée en France par Jacqueline Guillemin-Flescher. A la fois mise en débat d'idées reçues et remise en perspective des problèmes qui se posent au théoricien, au comparatiste et au traducteur, il s'adresse à tous ceux que la réflexion sur la traduction, la traductologie et la linguistique intéresse.
Le volume n°12 rassemble plusieurs inédits du romancier Jean Giono, dont deux longs extraits jusqu'alors inconnus d'une version de Deux cavaliers de l'orage (1965). Les carnets de travail de l'écrivain font l'objet d'une autre publication inédite prolongeant pour l'année 1959 un témoignage sur l'activité de polygraphe de Giono. La partie critique du volume reprend les principales communications prononcées à l'occasion des "Rencontres Giono" de 2018 à Manosque, placées sous le signe des héroïnes gioniennes. C'est toute une galerie de portraits de femmes fortes (et d'âmes fortes) qui s'y trouve brossée, de Pénélope et Hélène de Troie à Ennemonde, en passant par Pauline de Théus, par les spécialistes de l'oeuvre de Giono. Un cahier iconographique en couleurs présente une "belle édition" de l'oeuvre de Giono, ici celle du Haut pays illustrée en 1965 par Pierre Ambrogiani. Une bibliographie actualisée de l' "année gionienne" 2018 clôture l'ouvrage.