La bohème littéraire, ce sont des images de grisettes, de jeunes peintres et poètes vivant d'amour et d'eau fraîche sous les toits, moquant bourgeois et propriétaires. Des scènes de cafés, des blagues, des mystifications, des histoires de petits journaux. C'est en quelque sorte une maladie infantile de la littérature mais qui structure toujours nos représentations de ce monde. Les débuts difficiles, la vache enragée, les amours de jeunesse, la pauvreté comme gage d'authenticité, tout ce légendaire a été écrit, mis en scène, chanté, peint, et c'est cette histoire à la fois drôle et mélodramatique qui est racontée dans le premier volet de cette anthologie de la Bohème. l'ouvrage est organisé autour de deux textes-phares repris en intégralité. Le premier, l'Histoire de Murger par trois buveurs d'eau, publié en 1862 au lendemain de la mort d'Henry Murger, raconte l'aventure du groupe baptisé "Les Buveurs d'eau", les uns en quête de l'art pour l'art, les autres faisant face à la précarité en faisant du petit journalisme. Le second texte, lui aussi emblématique, Les Derniers Bohèmes, est signé de Firmin Maillard. Fortement évocateur et anecdotique, c'est l'une des principales sources de toutes les histoires de la bohème littéraire qui suivront. Il en offre une photographie à travers le reportage d'une soirée grandiose dans la célèbre Brasserie des Martyrs où défile près d'une centaine de personnages atypiques. Aucun de ces deux ouvrages n'avait bénéficié jusqu'alors d'une édition annotée et documentée. Autour de ces témoignages on trouvera des textes traitant de la condition précaire de l'écrivain dans des registres qui vont de la polémique à l'autodérision : articles de presse, littérature de brasserie, biographies à la vapeur... La diversité de ton de ces textes, souvent humoristiques, dessine les contours du pays de Bohème "bornée au nord par l'espérance, le travail et la gaieté ; au sud, par la nécessité et le courage ; à l'ouest et à l'est, par la calomnie et l'Hôtel-Dieu..."
Date de parution
05/10/2012
Poids
938g
Largeur
130mm
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EAN
9782876736337
Titre
LES BOHEMES - 1840-1870
Auteur
WAGNEUR JEAN-DIDIER
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
130
Poids
938
Date de parution
20121005
Disponibilité
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« Tout homme qui entre dans les arts, sans autre moyen d’existence que l’art lui-même, sera forcé de passer par les sentiers de la bohème. »Henry Murger Attablés dans un café enfumé du Quartier latin, de jeunes artistes s’enivrent pour oublier la misère du moment. Cette image fait partie de l’imaginaire collectif, mais qui a lu le romande Murger de nos jours ...Pourtant, ces tranches de vie, parues en feuilleton et adaptées au théâtre avant d’être publiées en recueil en 1851 par Calmann-Lévy, ont connu à leur sortie un succès retentissant.Et ses personnages ont inspiré de nombreux artistes, de Puccini à Kaurismäki en passant par Aznavour.Dans ces saynètes, Henry Murger relate ses propres aventures artistiques et sentimentales et celles de ses amis. De sa plume tapageuse et pleine de dérision, il livre le portrait d’une nouvelle génération contrainte de traquer la pièce de cent sous.Les Scènes de la vie de bohème marquent un tournant dans l’histoire de la littérature : testament ironique du romantisme, elles annoncent le réalisme qui révolutionnera la seconde moitié du XIXe siècle.
Saer Juan José ; Soler Louis ; Wagneur Jean-Didier
Le Fleuve sans rives est le seul texte de commande que Juan José Saer ait accepté d'un éditeur. Ce "traité imaginaire", pour reprendre le mot de l'auteur, est dédié au Río de la Plata, le vaste fleuve argentin qui a bercé son enfance. A la croisée du roman et de l'essai historique, s'inscrivant dans la lignée des grands textes que sont le Danube de Claudio Magris et la Méditerranée de Fernand Braudel, il constitue l'un des sommets de l'oeuvre de Saer.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...