Ce bouquet de vingt-sept articles sur les Kanaks et l'histoire de cette collectivité territoriale des antipodes nous permet de renouveler l'état de la question tout en montrant la grande richesse de cette thématique, trop souvent traitée en creux par les précédentes générations d'historiens. Si les Kanaks ont longtemps été les spectateurs passifs de leur histoire, ils en sont devenus les acteurs à travers les révoltes contre le fait colonial (1878, 1917) puis lors des "événements politiques" (1984-1989), qui permirent l'expression de revendications tout autant économiques qu'identitaires. Aujourd'hui encore, la pensée kanake est essentiellement transmise et véhiculée oralement. Aussi nous avons pallié - partiellement - à cette situation en publiant des paroles kanakes d'hier et d'aujourd'hui extraites de lettres, de discours ou d'interventions dans des réunions publiques. Cet ouvrage collectif devrait permettre de mieux appréhender "les ombres et les lumières" du préambule de l'Accord de Nouméa (1998) et faciliter l'application des programmes scolaires adaptés aux réalités locales mis en place en 2005 par la direction de l'enseignement de la Nouvelle-Calédonie.
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Nombre de pages
556
Date de parution
07/02/2008
Poids
800g
Largeur
160mm
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EAN
9782846541411
Titre
Annales d'histoire calédonienne N° 2 : La Nouvelle-Calédonie. Les Kanaks et l'histoire
Mayotte, cédée à la France (1841) ; Grande Comore, Anjouan, Mohéli érigées en protectorat français (1886) ; et les quatre îles déclarées colonie française rattachée à Madagascar (1912) sont devenues, à partir de 1946, un territoire d'outre-mer doté du statut d'autonomie interne (1962). La consultation d'autodétermination du 22 décembre 1974 donne plus de 95 % des votes favorables à l'indépendance, proclamée le 6 juillet 1975, sur la base de quatre îles admises ensemble à l'OUA et à l'ONU. Mais le législateur français procède à un décompte des résultats île par île, contrairement à la tradition républicaine, afin de détacher Mayotte des Comores. La gauche française défend l'unité, l'intégrité des Comores et saisit le Conseil constitutionnel pour faire annuler la loi séparatiste du 31 décembre 1975. Depuis cette date, l'ensemble naturel et historique du territoire comorien est amputé. 1981 : arrivés au pouvoir (moins 2 ans de cohabitation), les socialistes tergiversent et maintiennent le statu quo. Mayotte est toujours occupée par la France. Le président François Mitterrand, visitant Moroni, la capitale des Comores, en juin 1990, déclare : "Nous devons parvenir à dépasser ce contentieux désagréable entre nous. Dès maintenant, nous devons prendre des mesures qui permettent une communication et des échanges constants entre les îles, Mayotte et les autres, les autres et Mayotte". L'auteur analyse les arcanes juridiques ayant favorisé la séparation de Mayotte. Il exhume les rapports de séances houleuses du Parlement français, entre 1974 et 1976, pour évaluer l'acte de balkanisation accompli par les uns, et rappeler que les engagements pris par les autres de restituer Mayotte aux Comores, n'ont pas été respectés jusqu'aujourd'hui. Ce qui souligne clairement la continuité d'une politique coloniale où seul est représenté "l'intérêt de la France".
Cet ouvrage est le troisième de quatre volumes, dont les deux premiers sont parus en 2019 et 2020. Le premier, intitulé "l'Inde entrevue" , est consacré aux deux Compagnies, celle de Colbert et celle de Law, aux comptoirs et à leur commerce, à la politique de Dupleix et à la rivalité franco-britannique, qui se termine par la mainmise de l'East India Company et à l'éviction complète des intérêts français dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, des officiers napoléoniens qui administrent le royaume sikh du Punjab et des missionnaires catholiques entretiennent une présence française dans un pays où la France ne joue plus aucun rôle. Elle végète dans ses misérables comptoirs jusqu'au Second Empire quand, grâce aux progrès du libre-échange au Royaume-Uni, grâce à l'essor de l'émigration indienne aux colonies à sucre, grâce à son industrie textile, Pondichéry connaît un spectaculaire renouveau. Le second volume traite de la politique d'assimilation de la Troisième République dans ses comptoirs, dont tous les habitants sont dès 1871 proclamés citoyens et électeurs sans distinction de couleur, de religion ni de caste. Imposée sans concertation préalable par le pouvoir central, cette politique qui se veut décentralisatrice produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un parti indien réactionnaire et anti-français, puis, à partir de 1906, à de véritables maffias politiques. Les effets de l'assimilation se font sentir jusqu'au dernier moment : héritière de sa devancière, la IVe République ne peut céder ses établissements à l'Inde de Nehru sans consulter leurs habitants qui sont des citoyens français. Or, le parti du Congrès ne veut pas d'un référendum. Le troisième et le quatrième volumes sont consacrés aux regards et aux influences croisés. Les représentations de l'Inde en France, l'image et l'influence de la France en Inde, les perceptions du nationalisme indien en France et les relations bilatérales après l'indépendance de l'Union indienne jusqu'à nos jours. Le quatrième volume " Les relations bilatérales " est la suite du troisième et reprend la bibliographie et un index général. Jacques Weber, professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'université de Nantes, membre de l'Académie des Sciences d'outre-mer, grand spécialiste de l'Inde à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, et de l'histoire coloniale. Il a publié aux Indes savantes : Les Relations entre la France et l'Inde de 1673 à nos jours ; Littérature et Histoire coloniale (ouvrage collectif) ; Le Siècle d'Albion. L'empire britannique au XIXe siècle (1815-1914) ; Les Elections législatives et sénatoriales outre-mer (1848-1981) avec L. Jalabert et B. Joly".
L'auteur raconte l'histoire culturelle du travail selon les variations du regard que l'homme porte sur sa propre nature du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Il indique les voies par lesquelles cette vision de l'homme et de son labeur sont devenus des normes juridiques. Le foisonnement des doctrines pour définir le travail mais encore pour instaurer un ordre social qui face sa place à celui-ci est tel qu'il est difficile de trouver des césures chronologiques claires, étant posé une fois pour toute que la Grande Révolution ne fut pas un bloc. En deux siècles, le travail change de base aussi sûrement que l'homme change ses propres assises.
Ce livre regroupe une centaine des articles les plus fondamentaux écrits par le professeur Nguyen The Anh au long d'un parcours personnel et intellectuel qui l'a conduit au premier rang de la recherche historique sur le Vietnam et la péninsule indochinoise. Ces articles, rédigés en français, anglais et vietnamien, ont été publiés dans des revues diverses, parfois difficiles à trouver ou qui n'existent plus, et c'est pourquoi leur réunion dans cet épais volume est apparue comme une nécessité. Mais le plaisir de la découverte, le souci bibliographique et la commodité d'accès sont peu de chose comparés à l'intérêt scientifique et la richesse inouïe des thèmes qui sont abordés par l'auteur. Chaque article est une étude. Chaque étude est une avancée. Et chacune de ces avancées construit encore un peu plus la cohérence d'un tableau qui, touche après touche, nous offre finalement une vision saisissante de la longue histoire du Vietnam et ses voisins.