Critique N° 817-818, Juin-juillet 2015 : Où va l'herméneutique ?
Vultur Ioana
MINUIT
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EAN :9782707328892
Ce numéro spécial de Critique instruit le dossier historique de l'herméneutique (des herméneutiques ?) et présente les démarches qui aujourd'hui s'en réclament. Ses contributeurs, venus de plusieurs horizons, reviennent sur les figures les plus importantes de l'herméneutique au XXe siècle pour rendre compte de leur présence persistante dans notre paysage intellectuel et ils décrivent les voies actuelles de l'herméneutique en philosophie, en histoire, ainsi que dans le domaine de la littérature et des arts visuels. De la peinture au cinéma, nous assistons en effet à une prise en compte renouvelée de la signification des oeuvres et des mondes qu'elles créent : l'herméneutique, en tant que théorie des mondes de sens, y acquiert une nouvelle actualité. On peut d'autant moins l'enfermer dans le cadre d'une discipline ou d'une doctrine qu'elle entre désormais en dialogue avec plusieurs disciplines et courants philosophiques. Plutôt qu'une théorie, elle est une façon d'aborder non seulement les faits littéraires, artistiques et culturels, mais notre rapport même au monde. Elle chemine de la théorie vers la pratique, des oeuvres vers la vie. Nous ne saurions dire adieu à la question du sens ; ni, donc, à l'herméneutique.
Nombre de pages
160
Date de parution
04/06/2015
Poids
176g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707328892
Titre
Critique N° 817-818, Juin-juillet 2015 : Où va l'herméneutique ?
Auteur
Vultur Ioana
Editeur
MINUIT
Largeur
136
Poids
176
Date de parution
20150604
Nombre de pages
160,00 €
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Spontanément, nous ne cessons de pratiquer compréhension et interprétation, chaque fois que nous nous engageons dans une conversation, fût-elle la plus banale ou que nous lisons une phrase, fût-elle la plus indigente. De fait, le questionnement herméneutique régit l'ensemble de nos rapports à nous-mêmes et à autrui. Si toute réalité humaine demande à être comprise avant de pouvoir être expliquée, quelles en sont les conséquences pour les sciences humaines et sociales, disciplines qui s'interrogent sur cette même réalité ? L'opposition posée par Dilthey au tournant des XIX ? et XX ? siècles entre compréhension (sciences humaines) et explication (sciences de la nature) ne tient plus sous cette forme : ainsi la biologie traite de l'incarnation neurologique de nos capacités mentales qui constituent par ailleurs un des objets des sciences humaines et sociales. De même, la psychologie, science de l'homme par son objet, procède généralement par des expérimentations selon la méthode des sciences de la nature. Quant aux humanités, désormais elles collaborent avec les sciences exactes, notamment dans le cas de l'approche cognitive de la littérature et des arts. Des différences importantes subsistent cependant entre les sciences de la nature et les sciences humaines et sociales, qui les rendent irréductibles les unes aux autres. C'est tout l'objet de cet ouvrage.
Au cours des dix à quinze dernières années, les plateformes de travail numériques se sont fortement développées dans différents secteurs d'activité, comme le transport de personnes et la livraison de repas, ou sous forme d'une multitude de microtâches réalisées en ligne. Des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses se retrouvent actuellement dans cette nouvelle gig economy. Quelle est l'importance des plateformes numériques et quelle est leur signification pour le monde du travail ? Menacent-elles de supplanter les relations d'emploi traditionnelles fondées sur des contrats légalement réglementés ? Sont-elles compatibles avec les promesses d'autonomie et de liberté qui constituent leur image de marque ? Quelle est la situation vécue par les travailleurs et les travailleuses des plateformes ? Cet ouvrage tente de répondre à ces interrogations selon une perspective à la fois internationale et multidisciplinaire. Sociologues, économistes et juristes, spécialistes de la question, dressent un portrait saisissant de l'économie des plateformes numériques, analysent les effets de leur développement sur les manières de vivre le travail et soulèvent des nouveaux questionnements en enjeux sociaux pour l'action publique.
Ce livre propose une lecture interdisciplinaire de la question du travail des jeunes au Québec et au Canada et dresse un tableau saisissant de leur situation sur le marché de l’emploi. Combinant plusieurs approches analytiques, l’ouvrage réunit des travaux originaux produits par des chercheurs et des chercheuses de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec qui permettent de mieux comprendre la complexité du rapport des nouvelles générations au monde du travail, en ce début de xxie siècle. L’ouvrage brosse d’abord un portrait général et aborde ensuite des angles plus particuliers. Les analyses portent sur la situation des jeunes dans certains secteurs émergents de l’économie contemporaine (le numérique, l’environnement, l’entrepreneuriat, l’économie sociale) et sur diverses catégories de jeunes (parents-étudiants, réfugiés, immigrants), confrontés à la métamorphose actuelle du monde du travail. Outil de référence pour les chercheurs et chercheuses qui s’intéressent aux jeunes, aide à la réflexion pour les responsables d’élaboration des politiques, ce livre soulève de nouveaux questionnements pour la recherche et met en relief des enjeux sociaux inédits pour l’action publique.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.