Votre âme soeur est peut-être dans cette forêt. Suivi de Slow (partition)
Picot Pauline ; Micla Marie
QUARTETT EDIT
10,00 €
Epuisé
EAN :9782493307019
Et s'il y a méprise sur la nature de ce que nous vivons ce soir ? Si je vis quelque chose d'extrêmement sentimental et d'émotionnellement décisif et s'ils ne passent qu'un moment agréable, voire sympathique, s'il y a méprise sur l'enjeu général de cette fête ? S'il y a un mauvais calibrage entre eux et moi, si j'ouvre trente fois mon coeur et qu'ils le referment poliment trente fois, si j'ouvre trente fois mon coeur et que trente fois ils le mangent ? S'ils ont trente fils qui attendent de s'endormir, trente femmes en train de tresser des couronnes à leur retour, et s'ils ont trente fois mon coeur sur leur assiette mais qu'ils ont encore faim, et s'ils ont trente soirées et s'ils ont trente bouquets dans la veste et trente baisers dans la bouche et trente protections pour la nuit et s'ils ont trente vies et trente amours vrais ...
Nombre de pages
64
Date de parution
07/01/2022
Poids
80g
Largeur
110mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782493307019
Auteur
Picot Pauline ; Micla Marie
Editeur
QUARTETT EDIT
Largeur
110
Date de parution
20220107
Nombre de pages
64,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ne croyez pas qu'il va venir. Je ne peux pas le faire venir ici. Il est mort, ça vous le savez. Je ne veux pas que quelqu'un le remplace. Je ne veux pas que quelqu'un prétende posséder ses gestes, sa silhouette ou même le col de son manteau. Que quelqu'un puisse prétendre à sa gorge, sa gorge - à la fois cavité sombre creusée sans fin sans lumière, et velours enroulé dans un chuchotement de pluie contre l'oreille...
Il y a des nuits où le corps ne comprend pas sa propre charge. Comme les bouchers au petit matin quand ils livrent la viande. Des bêtes entières sur leurs épaules. On croirait qu'ils se portent eux-mêmes. Dans l'obscurité les bouchers se portent eux-mêmes entièrement nus sur leurs épaules. La nuit devant l'enseigne éteinte. Attendre que la boucherie ouvre. Se ronger un ongle. Enlever ce qui dépasse. Une lumière dans la boutique. Le jour tous ces gestes qu'ils font. Les bouchers qui portent des carcasses sur leurs épaules. Deux corps qui s'emmêlent. L'un vivant et l'autre mort.
Quand je suis parti de mon endroit de naissance, ce n'était pas comme partir en vacances, ou dire "je vous enverrai une carte portale, bisous, et bientôt je reviendrais ". C'était grave dans les yeux de mon père et dans les yeux de ma mère, comme un crime que j'aurais fait, comme une trahison de leur amour. C'était comme couper l'herbe ou la racine sous le pied de leur espoir pour moi. Mais mes pieds il fallait bien qu'ils prennent la route pour ne pas devenir lourds comme la pierre, mon coeur avec, mon coeur mangeur d'air pur.