Le 2 mai 1778, Dominique Vivant Denon, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi (comme tel habilité, rétorqua-t-il spirituellement à Voltaire, à entrer partout), quitte Reggio à midi par un temps calme pour rejoindre Messine. Il en repartira près d'un an plus tard, après avoir fait le tour des Merveilles de Sicile.Le récit de son voyage offre une description cristalline, et parfois malicieuse, de la société sicilienne d'alors, de son apathie «sirocale», du rite des promenades nocturnes à Palerme et des discrètes escapades par lesquelles elles se concluent ; il offre aussi une topologie exacte d'un paysage souvent déserté, construit à même la lave, triste et noir par endroits, vitrifié ou figé sous des neiges de sel ; enfin et surtout, il évoque la traversée d'une contrée jalonnée de reliques et de fragments, de traces et d'inscriptions à demi lisibles, paysage qui s'offre au déchiffrement, mémoire de l'antique où Denon vient chercher les signes miraculeux d'un passé immémorial et pourtant présent.Texte à la prose admirable, où l'on retrouve toute l'acuité du regard et l'esprit de finesse de Vivant Denon, ce Voyage en Sicile n'a curieusement jamais été republié depuis sa première parution en 1788.
Nombre de pages
216
Date de parution
23/02/1993
Poids
285g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782070732838
Titre
Voyage en Sicile
Auteur
Vivant Denon Dominique
Editeur
GALLIMARD
Largeur
130
Poids
285
Date de parution
19930223
Nombre de pages
216,00 €
Disponibilité
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Incipit. " J'aimais éperdument la comtesse de... ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa, je me fâchai, elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai ; j'avais vingt ans, elle me pardonna et comme j'avais vingt ans, que j'étais ingénu, toujours trompé, mais plus quitté, je me croyais l'amant le mieux aimé, partant le plus heureux des hommes. Elle était amie de Mme de T..., qui semblait avoir quelques projets sur ma personne, mais sans que sa dignité fût compromise. Comme on le verra, Mme de T... avait des principes de décence auxquels elle était scrupuleusement attachée. "
Un soir à l'Opéra. Un jeune homme candide - ou feignant l'innocence - est entraîné chez une certaine Mme de T... qui occupe la loge voisine. S'ouvre une nuit où la jouissance des corps ne va pas sans l'accomplissement d'un plan finement orchestré. Car son initiatrice, manipulatrice hors pair, conforte aussi, grâce à ce troisième homme, mari et amant régulier... Une pièce majeure - en deux versions - de la littérature libertine.
Ce récit, ciselé avec précision, entrelaçant l'ingénuité prétendue du narrateur, la peinture du plaisir et l'évocation d'un caractère de femme séductrice, s'inscrit dans la lignée des pièces libertines de Crébillon et Meusnier de Querlon. Personnalité aux facettes multiples, Dominique Vivant Denon (dessinateur, graveur, écrivain, diplomate) est l'une des figures marquantes du monde des arts à la fin de l'Ancien Régime et sous l'Empire.
Le 19 mai 1798, Dominique Vivant Denon embarque à Toulon à bord de la frégate Junon. Avec lui, sous la direction de Bonaparte, cinquante-quatre mille hommes s'apprêtent à conquérir l'Égypte. Denon suit d'abord l'armée dans sa pacification du Delta puis demande à accompagner la division du général Desaix lancée à la poursuite de Mourad Bey en Haute-Égypte afin de parfaire sa connaissance de l'Égypte ancienne. Pendant treize mois, au milieu des escarmouches continuelles opposant Français et Mamelouks, il observe, écrit et dessine, inlassablement. Plans, vues, temples et pyramides, scènes pittoresques, hiéroglyphes et détails architecturaux forment un ensemble iconographique sans équivalent qui précède la vaste enquête ordonnée par Bonaparte et connue sous le nom de Description de l'Égypte. Le Voyage paraît en 1802 accompagné de nombreuses gravures. Il connaît aussitôt un succès considérable. Denon, qui sera bientôt nommé directeur général des musées, y offre un portrait remarquable de l'artiste-voyageur sur fond de guerre et y pose les bases d'une véritable réflexion sur l'art égyptien. Après lui, grâce à lui, l'égyptologie va naître.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.