Ce livre pourrait être le journal d'un voyage. Un trajet plus qu'un voyage, ce qui est parcouru dans l'espace d'un point à un autre. Traduction du trajet, alors qu'ici le parcours, à le nommer, indiquerait en Inde le mont Kanaka, pour aboutir, en Chine, à la ville de Shanghaï. Mais suivre une trajectoire est plus compliqué, quand le tracé oscille, puisqu'en apparence on traverse quelque chose construit comme un paysages alpin pour ensuite emprunter de difficiles pistes afghanes, suivre des rivages de Cape Cod, parvenir à des plaines dévastées de l'Irak... De lieu géographique désigné, Kanaka se transforme en références imprécises. Souvenir précieux, protecteur, au nom cher, réconfortant, affectivement rassurant... Une boussole sabotée conduit à des pistes brouillées, des labyrinthes où massacres, enfermements, pornographie tragique ponctuent l'avancée hésitante dont la barrière de protection, le garde-fou, est l'écriture qui permet de ne pas tomber. Simplement, elle agite. Il n'y a ni épisodes, ni suspense de récit. Ecrire un poème ce n'est pas faire un film.
Nombre de pages
127
Date de parution
08/06/2006
Poids
270g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782846821469
Titre
Kanaka
Auteur
Viton Jean-Jacques
Editeur
POL
Largeur
155
Poids
270
Date de parution
20060608
Nombre de pages
127,00 €
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Le titre initial de ce livre était VRAC. Qu'est-ce qu'un vrac? sa définition varie de " harengs mal lavés " à " désordre ". Dans cet intervalle apparaît tout le reste, lui-même en vrac. Un choix s'est donc établi sur le plateau de ce premier titre à partir d'un ensemble de situations soulignant des événements particuliers dans les domaines du social, de l'affectif, du sport, de la misère, des affrontements. Ce nouveau dépôt a fait surgir à son tour des signes indiquant une orientation à l'intérieur de laquelle le désir, le combat, le pari, l'habileté, le courage, l'obstination devenaient les clefs des signes retenus. Il en résulte ces couloirs d'expositions où les comportements s'affichent, chacun dans sa propre transpiration vitale, accompagnés de neuf images, sans aucune volonté d'illustration, indiquant par là même que chaque sueur appartient à un damier insondable.
Zama, le titre de ce livre est une expression de langue arabe qui peut se traduire par "tu parles !" et "allez ça va !". Il dénonce joyeusement une exagération dans le discours de l'autre. Zama est aussi le nom d'un petit personnage qui traverse le livre (une sorte de lointain écho au Plume de Michaux) dans un décor aux allures cinématographiques. De dizain en dizain défilent des acteurs qui se battent, fuient, s'entre-tuent... On y rencontre des chevaux noirs, des anges, des mouettes, des chiens, des souvenirs d'enfance déterminants (la femme nue, la tête de mort nazie, le tangage d'un navire), tout un univers de détails et de catastrophes récentes. Long poème narratif avec petit témoin charrié, le livre peut se lire comme un récit ou selon un procédé d'arrêt sur image.
Jonas Mekas connaissait un homme nommé Démon précurseur des zazous il brandissait un Y allongé lance-pierre sans élastique parlait du gaz moutarde qui tuait les hommes poumons en feu courant parmi les chevaux hurlant remplaçait les formules couper un café trop fort par des innovations sévères mitiger un excessif café il conservait avec prudence vivement demain premier jour du reste de ma vie j'ai une vision de la vie et je tente des équivalences parfois je me sens si seul que j'ai envie de hurler.
Comme son titre l'indique assez, ce nouveau livre de Jean-Jacques Viton est un constat désolé, un genre d'adieu à un monde qui n'a pas tenu ses promesses. Et pourtant, au long de ces pages, sont disposées toutes les raisons, tous les mots qui pouvaient justifier sinon l'espoir, au moins l'étonnement devant la réalité, sa richesse, son mystère inépuisable, ses rencontres. Le texte est scindé en petits blocs, on dirait des poèmes, ce sont des poèmes, mais aussi un texte qui se suit et d'où toute "poésie" il faut entendre tout lyrisme déplacé, est exclu. La poésie est ici suscitée par les rapprochements, les confrontations, plutôt que par la fluidité et les rythmes. Deux parties, "Une ombre sans ombre" pour dire l'effacement du monde, et "Sa voix est celle d'un fantôme" dont le sens s'éclaire quand on sait qu'on appelle fantôme, dans une bibliothèque, la carte mise dans un rayonnage à la place du livre absent.
Ce coffret contient les deux films documentaires et autobiographiques réalisés par Paul Otchakovsky-Laurens. Dans son premier film Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, Paul Otchakovsky-Laurens raconte son enfance dans cette petite ville. On lui a imposé le silence. Il partage son secret. Avec notamment Marie Chaix, Anne Devauchelle et Jean-Paul Hirsch. Images : Emmelene Landon. Éditeur, le deuxième film de Paul Otchakovsky-Laurens, met en scène les raisons singulières pour lesquelles il exerce son métier. Sa vérité. Avec Jocelyne Desverchère et Antony Moreau, et la participation notamment d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Olivier Cadiot, Antonie Delebecque, Paul Fournel, Kiko Herrero, Jean-Paul Hirsch, Vibeke Madsen, Michel Manière, Serge Ramon, Julie Wolkenstein.
Collobert Danielle ; Faye Jean-Pierre ; Morvan Fra
Ce premier volume des ?uvres de Danielle Collobert reprend tous les livres publiés de son vivant et aujourd'hui épuisés: Meurtre, 1964; Dire I et II, 1972; Il donc, 1976; Survie, 1978
Rencontrer un meurtrier, un homme de la même matière humaine que soi, le côtoyer du lundi au vendredi, constater sa dangerosité, être sidérée, avoir peur, croiser réalités et fictions, penser aux ouvrages de Stephen King, relire L'Etranger d'Albert Camus, se souvenir de L'Adversaire d'Emmanuel Carrère, lu quelques années plus tôt. Ici cependant, l'assassin n'est pas en prison, derrière des barreaux. Lire. Prendre le parti de la littérature. Ecrire soi-même pour tenter de comprendre".
Les silos détruits, tout devenait possible, rien n'empêcherait plus Beyrouth de sombrer dans les ténèbres. J'ai ressorti une carte de la ville. Elle est dépliée par terre depuis des semaines. Je mesure les distances. L'appartement de mes parents est à 825 mètres des silos du port. La maison de ma grand-mère, rue Pasteur, à 650 mètres. Sahar, elle, était sur le quai. Elle a filmé la dernière scène.