Le plus savant homme dans l'art des sièges et des fortifications, et le plus habile ménager de la vie des hommes". Saint-Simon dresse ainsi le portrait de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1701). Il le présente non seulement comme le maître inégalé de lguerre de siège, mais encore, loin des fastes de Versailles, comme l'un des grands témoins du siècle de Louis XIV. Homme de plein vent, à pied, à cheval, en chaise à porteur, ou dans sa fameuse "basterne" transformée en cabinet de travail, Vauban ne cessa de parcourir la France en tous sens pendant plus de quarante annéesL'ingénieur perfectionne et innove dans les domaines militaires et techniques mais aussi administratifs et économiques. À partir des années 1680, le soldat longtemps fidèle à son roi se transforme en conseillelucide: confronté au royaume "réel", il brosse un tableau de plus en plus critique de la monarchie; il analyse et conteste les décisions royales sur la question huguenote (révocation de l'édit de Nantes) et la politiquétrangère (des guerres ruineuses pour le royaume); l'homme du pré-carré pense le pays comme un territoire dont chaque élément "aménagé" doit améliorer le sort des plus démunis et il voit dans la réforme de la fiscalité le principal remède pour faire face aux "années de misère" qui stigmatisent nombre de provinces à la fin du règne de Louis XIV. Entre l'âge classique et celui des grands philosophes des Lumières, la plume prolifique de Vauban initie une science nouvelle, appelée à un grand avenir: l'économie politique. Conçu comme une biographie intellectuelle, ce livre, écrit au plus près des archives inédites laissées par le maréchal-ingénieur, dévoile les aspects intimes d'un Vauban attachant et méconnu; il replace l'?uvre écrite de l'auteur de la Dîme royale (1707) dans les courants de pensée qui annoncent les bouleversements à venir, au carrefour des sciences, du religieux, de la pensée administrative et d'une nouvelle conception de l'État, plus utilitaire, plus humaine aussi. Vauban qui dit "aimer sa Patrie à la folie étant persuadé que tout bon citoyen doit l'aimer et faire tout pour elle" fut l'un des premiers à vouloir faire passer les aspirations et les besoins de "vingt millions de français" avant l'intérêt du roi
Date de parution
18/11/2003
Poids
700g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782876733763
Titre
VAUBAN
Auteur
VIROL MICHELE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
154
Poids
700
Date de parution
20031118
Disponibilité
Epuisé
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Le plus savant homme dans l'art des sièges et des fortifications, et le plus habile ménager de la vie des hommes ".Saint-Simon dresse ainsi le portrait de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707). II le présente non seulement comme le maître inégalé de la guerre de siège, mais encore, loin des fastes de Versailles, comme l'un des grands témoins du siècle de Louis XIV.Homme de plein vent, à pied, à cheval, en chaise à porteur, ou dans sa fameuse " basterne ", Vauban ne cessa de parcourir la France en tous sens pendant plus de quarante années.L'ingénieur perfectionne et innove dans les domaines militaires et techniques mais aussi administratifs et économiques. A partir des années 1680, le soldat longtemps fidèle à son roi se transforme en conseiller lucide : confronté au royaume " réel ", il brosse un tableau de plus en plus critique de la monarchie ; il analyse et conteste les décisions royales sur la question huguenote (révocation de l'édit de Nantes) et la politique étrangère (des guerres ruineuses pour le royaume) ; l'homme du pré-carré pense le pays comme un territoire dont chaque élément " aménagé " doit améliorer le sort des plus démunis et il voit dans la réforme de la fiscalité le principal remède pour faire face aux " années de misère " qui stigmatisent nombre de provinces à la fin du règne de Louis XIV.Entre l'âge classique et celui des grands philosophes des Lumières, la plume prolifique de Vauban initie une science nouvelle, appelée à un grand avenir : l'économie politique.Conçu comme une biographie intellectuelle, ce livre, écrit au plus près des archives inédites laissées par le maréchal-ingénieur, dévoile les aspects intimes d'un Vauban attachant et méconnu ; il replace l'?uvre écrite de l'auteur de la Dîme royale (1707) dans les courants de pensée qui annoncent les bouleversements à venir, au carrefour des sciences, du religieux, de la pensée administrative et d'une nouvelle conception de l'Etat, plus utilitaire, plus humaine aussi. Vauban qui dit " aimer sa Patrie à la folie étant persuadé que tout bon citoyen doit l'aimer et faire tout pour elle " fut l'un des premiers à vouloir faire passer les aspirations et les besoins de " vingt millions de français " avant l'intérêt du roi.
Je suis mauvais courtisan, Sire, mais je fais mon devoir", avoue Vauban le 2 juin 1692, à Louis XIV qui l'a autorisé à entretenir un "commerce direct" avec lui. Et à Le Peletier de Souzy, directeur général des Fortifications, il écrit de Brest, le 19 avril 1695 : "Le roi, de qui j'ai l'honneur d'être connu à fond, est accoutumé à toutes mes libertés", poursuivant : "Sa Majesté, sachant mieux que personne que je n'ai nulle [mauvaise] intention, me pardonnera plutôt qu'un autre les grossièretés qui m'échapperont". Louis XIV apprécie cette franchise et les "grossièretés" de Vauban, l'un des rares parmi ses serviteurs qui aient osé lui tenir un discours de vérité. Voici pour la première fois éditée l'intégralité de la correspondance retrouvée entre le Roi Soleil et son Commissaire général des Fortifications : 144 lettres (45 du souverain, 99 de Vauban) dont 105 inédites, chacune replacée dans son contexte et commentée afin d'éclairer cette singulière relation. Les agendas également publiés ici, constitués des notes de Vauban, certaines prises au jour le jour, d'autres retravaillées, complètent le courrier "officiel" et suggèrent les nombreux sujets abordés lors des rencontres entre les deux hommes, non seulement sur le théâtre des combats, mais aussi à Versailles et à Marly. La guerre de siège, bien évidemment, est le thème majeur de ces échanges, mais Vauban n'hésite pas à prendre position sur certains choix stratégiques du souverain et à l'informer de la situation intérieure souvent dramatique du royaume, lui suggérant même des réformes de fond. Grâce à cette correspondance unique, le lecteur se voit convié, dans la proximité du pouvoir, à partager un dialogue d'exception : "vous pouvez me parler d'autant plus hardiment que je ne montrerai votre lettre à personne et que cela demeurera entre vous et moi" (Louis XIV à Vauban, septembre 1693).
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...