Le verbe "Avoir" est au coeur de notre langage. Nous disons continuellement que les êtres humains ont des pensées, des désirs, des douleurs, des expériences, des biens ou encore qu'ils ont peur ou faim ou soif. Qu'entendons-nous par là? Quelles implications se cachent derrière ces phrases si familières ? En suivant les aventures de l'avoir, Paolo Virno nous entraîne dans un voyage dense et suggestif à l'intérieur de la nature du langage, à travers laquelle transparaît celle de l'humain. Celui qui a quelque chose ne se confond jamais avec la chose qu'il a. Et si nous avons la chose c'est parce que nous ne sommes pas cette chose-là. L'animal parlant ne coïncide pas avec l'ensemble des facultés, dispositions et expériences qu'il a et qui pourtant le distingue des autres êtres vivants. Cet écart, ce détachement, cette distance entre ce que l'on a et ce que l'on est nous fait réfléchir sur nous-mêmes, sur ce que nous pensons et ce que nous faisons et dont nous avons conscience. Mais c'est aussi par là que nous sommes libres d'abandonner ce dans quoi nous ne nous reconnaissons plus, et de désirer ce que nous n'avons pas encore : un ami intime, une vie plus gratifiante, une communauté à laquelle on appartient.
Nombre de pages
192
Date de parution
02/09/2021
Poids
234g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782841625314
Titre
Avoir - Sur la nature de l'animal parlant
Auteur
Virno Paolo ; Weber Jean-Christophe
Editeur
ECLAT
Largeur
125
Poids
234
Date de parution
20210902
Nombre de pages
192,00 €
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Développant sa réflexion sur la "fin de l'Histoire", Virno propose une analyse du temps historique appuyée sur les concepts de puissance et acte, couple vénérable s'il en est de la réflexion philosophique. Mais la temporalisation de ces deux concepts permet de faire surgir une évidence, bouleversante si on l'étend à différentes sphères et en particulier à celle du travail : ce que les adeptes d'une fin de l'Histoire parviennent à mettre en ?uvre, à travers ce qui n'est que l'effet d'une pathologie de la mémoire, c'est la négation de ce qui sous-tend la puissance. Et l'enquête menée autour du concept de force de travail prend une dimension toute particulière, dès lors qu'elle montre à quel point le déni d'une historicité du temps n'est que l'outil qui permet de faire l'économie de ce qui est porteur de la seule puissance, cible privilégiée de la société capitaliste, à savoir l'individu en tant que corps vivant et producteur de force de travail. La magistrale et précise analyse de Virno est sans appel. Elle balaye nombre de méprises et met au jour l'insupportable violence qui sous-tend en particulier la conception heideggérienne de l'historicité ayant ses racines dans la mort.
Biographie de l'auteur Paolo Virno (1952) vit à Rome. Trois de ses ouvrages ont été publiés en français aux éditions de l'éclat : Opportunisme, cynisme et peur (1991) Miracle, virtuosité et déjà vu (1996), et Le souvenir du présent (1999).
Résumé : Comme souvent chez Paolo Virno, un détail est hissé à des niveaux d'interprétation inédits et son analyse éclaire d'un jour nouveau le tableau tout entier de notre relation au monde. Le point de départ est ici le dispositif de la "régression à l'infini", qui nous fait nous demander le pourquoi d'une chose, puis le pourquoi du pourquoi, et ainsi de suite à l'infini... Elle constitue, avec la "négation" et le "possible", la base logique de la métaphysique. Mais toute l'originalité du travail de Virno est d'en déplacer le champ et de la placer dans celui d'une anthropologie matérialiste, où elle agit sur le terrain des émotions humaines. De ce point de vue, la régression à l'infini, qui "indique l'incomplétude d'une démonstration", pointe les situations où l'individu, face au monde, fait le constat de son échec. Et "ne faisant pas autre chose que de proposer à nouveau, à un niveau plus abstrait, le problème même qu'elle paraissait avoir tout juste résolu", elle ressemble à s'y méprendre à ces expériences quotidiennes auxquelles est confronté l'homme dans la société, l'homme face au politique, par exemple, sur lequel il n'a plus prise. Dès lors, quelles sont les méthodes pour l'interrompre ? En irait-il de notre vie pleine et entière si nous ne parvenions pas à les trouver ?
On oppose souvent Max Weber (1864-1920) à son aîné Karl Marx (1818-1883), qui ont tous deux marqué durablement et diversement la culture allemande du I9' siècle. Si tous deux sont critiques à l'égard de la société, seul Marx propose de la transformer quand Weber s'attache à la comprendre, en fondant une sociologie dite compréhensive. Il ne fait pas de doute que l'on retrouve cette double influence imbriquée dans les oeuvres d'Ernst Bloch, de Walter Benjamin ou d'Erich Fromm, mais aussi chez les auteurs de l'Ecole de Francfort ou chez des penseurs aussi divers que Georg Lukács et Maurice Merleau-Ponty. Certes, Weber était un penseur libéral, hostile au communisme. Mais c'était aussi, comme le rappelle Michael Löwy, un analyste très critique du capitalisme et de sa course effrénée au profit. Ce qu'il appelle la cage d'acier n'est autre que la civilisation capitaliste, fondée sur le calcul égoiste et la toute-puissance des marchés, qui enferme l'humanité dans un système implacable. Reprenant le fil de cette riche postérité, Michael Löwy montre à quel point est encore actuel ce courant critique du marxisme wébérien dans un monde désormais globalisé, qui ne peut être transformé qu'en le comprenant. Ce livre, paru aux éditions Stock en 2013, reparaît dans L'éclat/poche, enrichi de deux essais de Michael Löwy et Eleni Varikas sur "Weber et l'anarchisme", et "MaxWeber et l'anthropologie".
Flüsser David ; Petitdemange Guy ; Pinto Lasry Vér
L'oeuvre de David Flusser a marqué durablement les relations entre le judaïsme et le christianisme, et son ouvrage sur le Jésus historique, à la suite des travaux de Joseph Klausner, a si considérablement modifié la figure du Christ que les nouveaux exégètes en mal de compromis ont vite fait de l'ignorer. "Flusser ouvre une voie, comme peut-être personne, par le savoir indubitablement, mais aussi par une sorte d'illumination intérieure délivrante, en enracinant le christianisme dans l'histoire du judaïsme de l'époque. Ce n'est évidemment pas une explication ; c'est un éclairage sans pareil, éclairage qui est aussi un réveil, le regard sur un autre paysage ", écrit Guy Petitdemange dans sa préface à ce petit livre, devenu un 'classique' secret et qui résume l'oeuvre de toute une vie.