Après avoir rejoint les éditions Verticales avec L'immobilier, un recueil de nouvelles qui inventoriait diverses façons d'habiter les amitiés, les amours ou la solitude, Hélèna Villovitch se focalise cette fois sur un élément de mobilier aussi familier que symbolique : le sofa, qui tient autant du simple canapé d'appartement que du divan où se lovent nos obsessions et désirs inconscients. D'où le projet sacrificateur contenu dans le titre : Pour en finir avec mon sofa. Le roman s'ouvre sur une séance de cinéma où le lecteur est convié à découvrir un film intitulé Sofa, traitant justement du destin alambiqué de ce meuble-là. Selon un savant désordre chronologique, nous découvrons qu'Erika a hérité d'un sofa où elle serait née et où sa mère, l'extravagante Susanna, a passé les derniers jours d'une hallucinante agonie. Désormais, il va s'agir pour la jeune femme, logée trop à l'étroit, de trouver le moyen de s'en débarrasser. S'ensuit une série de démarches auprès de ses ami(e)s et de son amant Ali, entremêlés de flashbacks bouleversants ou loufoques. Et comme, décidément, personne ne souhaite la soulager de ce legs encombrant, il faudra bien en finir avec ce maudit objet transitionnel, en l'abandonnant à l'aide d'une camionnette de location "en pleine cambrousse". Le livre entier aurait pu se présenter comme une novélisation du long-métrage, réellement tourné par Hélèna Villovitch en 2016, mais une fois exposée l'intrigue de ce prétexte filmique, reste à en inventer le making of débordant d'imagination. Non pas en nous racontant par le menu quelques "anecdotes de tournage" mais en couchant sur le papier toutes les hypothèses, effets secondaires et leçons rétrospectives entourant sa fabrique. Et surtout en révélant sur un mode fantasque les dilemmes, pannes et euphories créatives de sa réalisatrice durant l'été suivant, sans esquiver certains secrets de famille, dont l'abandon de son père à l'âge de dix ans, par une mère fantomatique. Ce roman hybride, écrit d'après une oeuvre cinématographique, mais aussi d'avant, pendant et d'ailleurs connaît un ultime accident de parcours, lié à la mort brutale de l'acteur Nicolas Granger, complice de longue date d'Hélèna Villovitch. Ce douloureux événement devient alors comme la pièce manquante de tout le patchwork jusqu'ici rapiécé. S'il donne lieu à une sorte d'oraison funèbre pour un ami disparu, il devient vite un récit introspectif aux confins de la paranoïa, mettant au jour la confusion intérieure de la narratrice lors de leurs premières rencontres. Et suivant le cours tortueux de cet épilogue, ce sont tous les malentendus drolatiques antérieurs qu'il faut reconsidérer à l'aune d'un état de folie douce, sans effroi ni compassion, en essayant de recadrer avec les moyens du bord, l'écriture donc, les jeux de miroir de la déraison. Pour en finir avec Sofa, entre film et réalité.
Nombre de pages
157
Date de parution
01/03/2018
Poids
200g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782072782695
Auteur
Villovitch Hélèna
Editeur
VERTICALES
Largeur
142
Date de parution
20180301
Nombre de pages
157,00 €
Disponibilité
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Mlle Mouette est vraiment chouette : dans sa classe, les huit élèves font un peu ce qu'ils veulent et progressent à leur rythme. Ferdinand n'en revient pas de s'y sentir aussi bien, lui qui jusqu'alors a fréquenté l'école en pointillé, obligé de déménager au gré des petits boulots de son grand-père. Et lorsque la minuscule main de Gaufrette se glisse dans la sienne, Ferdinand n'a plus qu'une envie : y rester le plus longtemps possible. Mais son nouveau bonheur est fragile. La directrice est loin d'apprécier les méthodes éducatives plutôt originales de Mlle Mouette. Pour éviter la catastrophe, Ferdinand et ses nouveaux amis, Gaufrette, Babouche et un gros monsieur qui sent la bière, vont user de micropouvoirs pas si petits que ça. Des pouvoirs surnaturels qui leur sauveront la mise mais les placeront aussi dans des situations plus qu'embarrassantes...
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