Pour titre de son troisième roman, Claire Fercak a choisi un aphorisme tiré du Livre contre la mort d'Elias Canetti : "Ce qui est nommé reste en vie". Inspirée par ce mantra résilient, elle explore avec pudeur l'expérience de la maladie, de la perte d'un proche, cette situation impartageable et pourtant si commune. Qu'espèrent encore les personnes atteintes d'une tumeur incurable ? Comment leurs familles appréhendent ce combat perdu d'avance ? Comment les accompagner dans cette épreuve ? Et ensuite, comment supporter la durée de leur effacement, puis assumer cette "hypernuit"... et vivre encore ? Dans Ce qui est nommé reste en vie, les patients de divers âges souffrent de la même pathologie neurologique : le glioblastome, une tumeur au cerveau inguérissable. D'une chambre à l'autre, bribes de confessions et diagnostics forment un corps collectif, anonyme et bouleversant. Un corps qui se transforme, dégénère, dont la mémoire s'étiole, qui connait des périodes d'hallucinations inquiétantes sinon d'affabulations drolatiques et où une grande agitation alterne avec des phases de sommeil profond, mais aussi d'énergie lucide. Réactivant le conte de La Belle au bois dormant ou s'attachant au sort des souris de laboratoires, l'auteure entrouvre les portes d'un imaginaire à l'oeuvre chez ces alités qui endurent "une fin du monde répétée chaque jour". Avec la sensitivité poétique qui habitait déjà ses romans précédents, Claire Fercak entreprend de raconter les aventures intérieures, entre désarroi total et fantaisie désinhibée, d'un groupe de malades et de leurs proches. Et l'on s'attache aux moindres de leurs paroles en voie d'extinction, de leurs moments de vacillement - à travers les ronces et la rose sauvage, les steppes désertiques d'un mauvais sommeil jusqu'au jardin du souvenir -, pour nommer enfin chaque absenté(e) dans ce livre, devenu ainsi stèle rappelant à la vie les vivants.
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Nombre de pages
155
Date de parution
09/01/2020
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072867033
Titre
Ce qui est nommé reste en vie
Auteur
Fercak Claire
Editeur
VERTICALES
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20200109
Nombre de pages
155,00 €
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Résumé : "Je te vois dans le foyer, la superette, la salle de réunion, le bar-tabac, le couloir, le lit, la cuisine, la chambre, tes ongles ont jauni. Je te croise, ta barbe a encore poussé, je te vois à la cantine, tes vêtements et chaussures sont de plus en plus sales, je te vois partout." Des circonstances accidentelles ont plongé le soigneur de ménagerie Odradek et la bibliothécaire Suzanne dans un état d'amnésie partielle, sinon un désir vital de se déprendre de leur passé. Rien ne les destinait à se rencontrer jamais. Et pourtant, au hasard de leur métamorphose, ces deux voix alternées esquissent de subtils échos, suivent à la trace des obsessions complémentaires, avant de s'oublier ensemble, au-delà des promesses de l'humaine normalité.
Gamine fébrile et coupable (mais de quoi ?), la narratrice porte le poids d'un mal trop lourd que l'on comprendra au fil du texte. Petite fille, l'est-elle encore, ou est-elle condamnée à l'être toujours aux yeux de ce père, ce « cauchemar du père » ? Figure insondable et fuyante que ce père. Son secret a fait écran, « un filet de pluie sur un rideau de verre ». Contre cette énigme traumatique, ce trou noir généalogique, elle s'est bâtie une prison de verre qui lui sert d'abord de refuge chimérique, avant de l'enfermer dans le piège cristallin de la médicalisation. Son réel se partage alors entre la maison (où se tiennent le chien Chiffon et le père asphyxiant, bourreau lui-même en souffrance) et l'hôpital (avec ses médecins, leurs diagnostics contradictoires et leur litanie de médicaments). Bulle de verre qu'il faudra un jour casser...Ce bref roman fulgurant et tenu, âpre et vibrant, permet de remonter à la source d'une poésie intérieure. Les comptines enfantines et leurs chiffres magiques, la forme du jeu de l'oie, les métaphores du passage, la mythologie et ses avatars tragiques modernes, métamorphosent la fragilité de la narratrice en force. Le paysage brumeux s'éclaire, la confusion du « elle » et du « je » s'estompe : le partage des mots et des choses peut enfin se faire.
Résumé : Après la foudre est le portrait d'Helena, une femme fulgurée, dont le quotidien va se trouver bouleversé par cette expérience inouïe. Des divinités mythologiques au phénomène naturel, des croyances ancestrales aux découvertes de la physique, de l'acception scientifique au sentiment amoureux, la foudre fascine par sa puissance et son mystère. Entre littérature et enquête, Claire Fercak explore dans cette fiction documentaire les effets de la foudre sur le vivant et retrace une histoire de cette manifestation météorologique si commune et pourtant si énigmatique.
The Aeroplane Hies High est un coffret composé des cinq singles du double album de The Smashing Pumpkins, Mellon Collie And The Infinite Sadness. Enfermée dans cette boîte, l'héroïne de ce conte musical choisit de devenir une chanson. Oscillant entre prose et poésie, ces trente-trois pistes sont introduites par un texte que Billy Corgan a écrit spécialement pour l'ouvrage. Étoffes de guitares superposées qui intimident et bercent. Accords saturés qui font vibrer l'échine. Cette musique, un refuge. [..] Je suis tombée dedans, comme Alice dons le trou, il y a des années. J'ai ouvert la box set blanche et noire, l'araignée-loup s'est posée dans mon cou, hypnotisée par la spirale, aspirée par le fond, j'ai plongé volontiers. Piqûre douloureuse mais grande excitation. Passion inoculée, dans mon corps le tarentisme stimulera pour toujours la chorée hystérique.
Comment Steve passe-t-il d'une petite ville côtière de France à Raqqa, au coeur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien. Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d'enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L'envie non consommée de plastiquer le collège. L'envie de faire le bien. Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque.
Résumé : "Un Lacandon aux longs cheveux noirs, debout sur sa pirogue, vêtu d'une tunique blanche, creusant la transparence émeraude de la rivière d'une pagaie en bois. MEXICO AUTENTICO. BONAMPAK. CHIAPAS. C'est peut-être le jour où j'ai vu, à l'aéroport de Mexico, sur un écran géant, cette publicité pour une agence de voyages, ce fantasme pour touriste en quête de bons sauvages, que ce livre est né. Un Lacandon ! Bonampak ! Authentique ! Vrai de vrai, à portée de main ! A portée de notre monde, à portée de nos yeux, là, pour nous, pour vous ! Et à ces visiteurs d'un jour qui achèteraient un petit jaguar en bois, il n'était donné qu'une image. Il n'était donné que le mensonge".
«Paula s'avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c'est le grain de la peinture qu'elle éprouve. Elle s'approche tout près, regarde : c'est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l'illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu'elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu'un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s'immobilise, allonge le bras dans l'aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l'oiseau, et tend l'oreille dans le feuillage.»
4e de couverture : "Ceci n'est pas un essai sur le Congo. Cinq longs séjours, à l'invitation d'une ONG, ne permettent pas d'écrire sur un pays. Ce n'est pas non plus un récit de voyage. Alors quoi ? C'est assurément un livre sur les filles des rues que j'ai rencontrées à Pointe-Noire et Brazzaville, dont j'ai voulu décrire la force et les blessures. Mineures n'ayant pas d'autres ressources que la prostitution, souvent orphelines et déjà mères, elles se métamorphosent dès la nuit tombée pour "faire la vie". Mais peut-être est-ce aussi un livre sur ce monde qui est le leur, avec sa misère et ses mystères, et sur ce qu'il a déplacé en moi..." Arno Bertina.