Il est des émotions qui vous prennent par surprise : un homme est là, son malheur couché par terre, et il ne vous est plus donné de l'ignorer. D'autres vous envahissent, qui ne vous lâchent plus : cet amour - inoubliable et impossible - pour "la femme d'à côté", ou ce jeu des passions perdues et retrouvées dans les confidences d'une nuit d'été. Il y a celles qui vous jettent dans l'extrême : c'est l'adolescent comme les autres qu'un matin de trop rend criminel, et ces gens raisonnables, capables soudain du geste fou. La mort bien sûr, qu'accompagne ici la musique, pour l'exilé déchu qu'un air de clarinette retient au bord du précipice, cette pianiste malade et son ultime récital. Le bonheur enfin, toujours et malgré tout : bonheur fugitif au détour d'un jardin, bonheur rêvé le long d'un quai de gare, bonheur vécu dans la saveur d'exister - tout simplement. Dans ce premier recueil de nouvelles, Catherine Vigourt compose sept variations d'une grande maîtrise lyrique sur les émotions essentielles. Le fil conducteur en est la référence et l'hommage à Tolstoï : mise en lumière des motifs obsessionnels de son oeuvre et de sa vie, un moyen de plus pour mettre à nu - en toute pudeur - le corps secret des êtres.
Date de parution
01/11/1998
Poids
157g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782080672704
Titre
Pense à Tolstoï. [nouvelles
Auteur
Vigourt Catherine
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
157
Date de parution
19981101
Nombre de pages
0,00 €
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Un jeune garçon très beau sourit dans le soleil. Je vois un visage de mon frère que je n'ai pas connu. Alain a dix ans; bien que la photo soit en noir et blanc on devine la blondeur de sa mèche et le soleil dans le jardin du grand-père. Il porte un short trop large aux jambes, montant haut par-dessus un maillot à rayures, avec des bretelles. Son sourire est magnifique. Je crois qu'il l'a longtemps gardé, que c'est encore ce sourire que le vieillissement accéléré des drogues dures a le moins touché, malgré le naufrage des dents et la terrible dessiccation du visage. Devant une telle photo, n'importe qui, pour peu qu'il connaisse la suite, se dit que ce petit garçon n'a pas eu de chance. Pour moi c'est plus compliqué. J'ai longtemps été en colère. La colère gâche la beauté des seules désolations."
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