Avec ce colloque consacré à son oeuvre, de L'Inventaire du vitrail (1983) au Roman inépuisable (2020), en passant par Les Sept Noms du peintre (prix Médicis 1997), Philippe Le Guillou rejoint le petit nombre d'auteurs contemporains accueillis dans Les cahiers de la nrf. Admirateur d'André Breton et de Julien Gracq, qu'il a longuement fréquenté ainsi que Michel Déon, proche de Patrick Grainville, fasciné par les artistes, les arcanes et les rituels du pouvoir, il est le romancier de "l'élan et du vertige", de l'imaginaire et de l'initiation. En novembre 2019, un colloque s'est tenu rue d'Ulm pour la première fois autour de Philippe Le Guillou. Organisé par Luc Vigier, il a réuni une quinzaine de chercheurs, d'écrivains, d'amis et d'artistes, parmi lesquels Daniel Oster, Claudine Glot, Yves Doaré, Jean-Loup Champion, Alexandre Postel ou Luc Fraisse, dont on retrouve ici les contributions. Ils éclairent et guident le lecteur dans une oeuvre prolifique organisée de manière cyclique : le cycle breton, celtique et arthurien, le cycle des papes, les cycles autobiographique, pictural, parisien, les cycles des essais, de l'image, de la politique, et enfin le cycle de la foi et du religieux.
Nombre de pages
264
Date de parution
07/04/2022
Poids
266g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072983917
Titre
Philippe Le Guillou, géographies intérieures
Auteur
Vigier Luc
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
266
Date de parution
20220407
Nombre de pages
264,00 €
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Luc Vigier est maître de conférences à l'université de Poitiers. Il est également membre de l'Equipe de Recherche Interdisciplinaire sur Elsa Triolet et Louis Aragon (ERITA).
Les études ici réunies se consacrent à l'exploration d'un roman d'Aragon finalement peu lu, Les Voyageurs de l'impériale, troisième étape du cycle du Monde réel. Achevé en 1939 mais publié dans des circonstances difficiles, il ne verra le jour dans sa version complète qu'en 1947 et sera réécrit par son auteur en 1965. Des spécialistes de l'?uvre d'Aragon se sont attachés à souligner la richesse à la fois poétique et politique de ce roman. Le travail du romancier, de la conception à l'écriture et de celle-ci à la réécriture se trouve ainsi éclairé à la lumière des connaissances apportées par les recherches les plus récentes qui, par leur diversité, restent fidèles à la dimension polyédrique du roman. On retrouvera tout d'abord une étude remarquable de l'histoire complexe et quelque peu " diabolique " de la publication du roman, dont Aragon disait qu'elle constituait un " étrange témoignage " des conditions d'édition sous l'Occupation. Sur le plan de l'analyse du roman, on s'est ensuite attaché à explorer les rapports des Voyageurs de l'impériale au politique, tant au niveau de la conception du rôle théorique du romanesque que dans sa dimension plus proprement historique et critique. Mais d'autres sources de la spécificité de ce roman sont à chercher du côté des intertextes dont Aragon joua dans toute son ?uvre, jusque dans l'illustration tardive des Voyageurs. On s'est intéressé par ailleurs aux problèmes de la mise en fiction dont ce roman offre une singulière mise en abyme. Enfin, l'exploration des représentations troublées du père et de la femme contribue à mettre en valeur la complexité des poétiques de l'être chez Aragon.
La revue Genesis a rarement proposé une approche génétique de l'oeuvre de Louis Aragon, depuis toujours copiste de ses propres esquisses et ayant consacré une grande attention à ses archives comme aux manuscrits d'auteurs qu'il affectionnait. Généticien avant l'heure ? On est en droit de se poser la question, car, en 1977, il lègue au CNRS une bonne partie de ses archives. Le fonds Aragon se constitue. Lui parle de la recherche comme d'un «grand art nouveau». Dans le prolongement de ce legs et de la création de l'équipe Aragon au sein de l'Item, il fallait donc que la revue Genesis rende cet hommage à ce pionnier de la génétique littéraire que peut incarner Aragon. C'est l'une des facettes de ce grand styliste que fut Aragon et qui se trouve développée ici.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.