L'intense beauté des bisons noirs et rouges, harmonieusement assemblés sur un vaste plafond ondoyant de la grotte d'Altamira, en Cantabrie, suscita étonnement et incrédulité au moment de leur découverte en 1879. Une telle force artistique et monumentale ne pouvait, alors, être prêtée à ces hommes d'un passé préceltique ou antédiluvien, encore à peine entrevu et dévoilé par les premières fouilles. Après plus d'un siècle d'innombrables trouvailles d'objets gravés et sculptés, de grottes et d'abris ornés de peintures et de gravures dans le monde entier, les formes préhistoriques sont désormais assimilées à l'histoire générale des arts plastiques, dont elles composent le premier chapitre. Ce livre porte assurément sur l'un des sujets les plus passionnants de l'histoire humaine. Aux antipodes par trop exclusivement archéologiques, techniques ou anthropologiques de la Préhistoire, le parti pris d'une vision d'abord esthétique est ici tout à fait justifié. Ce qui prime, c'est la sensibilité aux formes et aux couleurs et à leur inscription dans le temps et dans l'espace. Nous saisissons aussi l'instant du passage des formes naturelles suggestives à l'acte créateur, la façon dont parure et art s'engendrent, dont le durable prend le relais de l'éphémère. La première partie ne reçoit tout son sens que de la seconde qui apporte au lecteur des éléments de réponse à des points spécifiques. Notamment en ce qui concerne les cadres chronologiques et spatiaux de l'art préhistorique et de ses diverses phases, et par là même son caractère propre dans les différentes aires géographiques : Europe, Afrique, Moyen-Orient, Asie centrale, orientale et méridionale, Grande Australie, Amérique ; pour tout ce qui touche ensuite à la construction symbolique des grottes paléolithiques, qui vient nourrir la passionnante réflexion suscitée, entre autres, par les problèmes des apports entre forme abstraite et signe, le glissement, de l'une à l'autre, donc par l'existence d'une "écriture" préhistorique.
Nombre de pages
444
Date de parution
10/10/1991
Poids
2 266g
Largeur
224mm
Plus d'informations
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EAN
9782070112180
Titre
De la préhistoire aux Celtes : La préhistoire
Auteur
Vialou Denis
Editeur
GALLIMARD
Largeur
224
Poids
2266
Date de parution
19911010
Nombre de pages
444,00 €
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Cet ouvrage a joué un rôle novateur dans l'analyse descriptive des représentations préhistoriques et de leur inscription tardive dans l'évolution de l'homme. Les thèses originales alors avancées : le lien entre l'émergence de l'expression graphique et plastique et la modernité cérébrale des sapiens, ou encore l'unicité anthropologique et technique de l'art préhistorique, alliée à son irréductible diversité culturelle, sont très rapidement devenus classiques et restent totalement actuelles.
Homo habilis avait inventé l'outil, Homo erectus le feu. Homo sapiens conquiert le monde. En quelques millénaires, il impose définitivement en Europe son savoir, son style de vie, ses "cultures régionales". Propulseur et harpon modifient radicalement les comportements des chasseurs paléolithiques, dont l'art pariétal exprime dans le même temps l'extraordinaire modernité conceptuelle. Le renouvellement continuel des techniques, la bousculade des inventions font de cette période un des moments les plus riches de l'histoire de l'Humanité. Une nouvelle société est en train de naître, dont Denis Vialou s'attache à nous montrer toutes les facettes, celles qui font de l'homme paléolithique le premier des modernes.
Longtemps voilée par les études consacrées aux civilisations précolombiennes ou aux Indiens, la connaissance de la préhistoire en Amérique bénéficie désormais et heureusement de multiples recherches de pointe. Elles sont menées par des chercheurs nord et sud-américains, mais de nombreux préhistoriens français y collaborent dans le cadre de programmes scientifiques bilatéraux officiels soutenus par le Ministère des Affaires étrangères et européennes (Direction générale de la mondialisation du développement et des partenariats). Cet ouvrage réunit les contributions de soixante préhistoriens de neuf pays, actuellement impliqués dans des recherches sur le terrain, de l'extrême nord du continent à sa pointe australe. Plusieurs grandes problématiques scientifiques sont traversées par leurs analyses: les peuplements, tous attribués à des Sapiens, depuis les premiers, récents à l'échelle de la préhistoire mondiale, jusqu'aux marges de l'histoire; les cultures paléoindiennes en Amérique du Nord, caractéristiques d'une préhistoire du froid, celle de la chasse aux mammouths, bisons...; les chasseurs-cueilleurs, les horticulteurs ou encore les peuples pêcheurs en Amérique du Sud, dans des paysages tropicaux; la technologie d'industries lithiques comptant notamment de remarquables pointes de projectiles; ou encore des comportements symboliques d'une grande intensité. Profondément diverse et originale par rapport à l'Ancien Monde, la préhistoire en Amériques révèle des comportements sociaux et économiques en union remarquable avec les milieux naturels variés de l'immense continent étiré dans les deux hémisphères. Elle témoigne de la créativité novatrice, accélérée, résolument moderne des Sapiens préhistoriques.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.