Il n'est pas rare de voir au cinéma les monstres sévir en temps de crise. Le Japon d'après-guerre demeure sans nul doute un lieu de prédilection qui se prête à l'incarnation, à travers tout un bestiaire protéiforme, de plusieurs périls enfantés par l'inconscience des hommes. Godzilla et ses avatars, par leurs ravages cataclysmiques, perpétuent cette image d'une nation victime des forces de la nature ou des dérives génocidaires de la science. Même l'optimisme suscité par le spectaculaire redressement économique du Japon qui s'amorce au début des années 1950 est nuancé par l'action néfaste des monstres, qui en symbolisent les effets négatifs sur la société nippone (pollution, impérialisme économique et déclin spirituel). Si aujourd'hui le kaiju eiga (film de monstres) semble voué à un avenir incertain, il n'en demeure pas moins que le genre continue d'alimenter l'enthousiasme d'irréductibles amateurs du monde entier et à offrir aux théoriciens un indicateur intéressant de l'évolution de la société japonaise depuis 1954, année de sortie du premier Godzilla.
Nombre de pages
170
Date de parution
27/07/2009
Poids
242g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296094673
Titre
Godzilla. Une métaphore du Japon d'après-guerre
Auteur
Vézina Alain
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
242
Date de parution
20090727
Nombre de pages
170,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le cinéma est riche de films de monstres en temps de crise. L'auteur, spécialiste du film de monstres japonais, retrace depuis la sortie du premier Godzilla en 1954, l'évolution de la société japonaise où les monstres perpétuent l'image d'une nation victime des forces de la nature ou des dérives génocidaires de la science.
Le kaiju eiga (film de monstres) continue encore aujourd'hui à offrir aux théoriciens un indicateur intéressant de l'évolution de la société japonaise depuis 1954, année de sortie du premier Godzilla. Le Japon d'après-guerre demeure sans nul doute un lieu de prédilection qui se prête à l'incarnation de plusieurs périls enfantés par l'inconscience des hommes. Godzilla et ses avatars, par leurs ravages cataclysmiques, perpétuent cette image d'une nation victime des forces de la nature ou des dérives génocidaires de la science.
Godzilla a donné naissance à l'une des franchises les plus lucratives et les plus longues de l'histoire du cinéma et son statut a considérablement évolué au cours des années. En 1954, il était une incarnation cauchemardesque et accusatrice du péril nucléaire ; dix ans plus tard, il devenait le défenseur du Japon. Cette transformation a certes permis de fidéliser un auditoire plus jeune et, pour un temps, d'assurer la rentabilité des films. De même, son retour pendant la décennie 1980 avait pour objectif de renouveler son public. Faut-il en conclure que les métamorphoses de la créature ont été dictées uniquement par des impératifs financiers ? Pourrait-on également y voir une symbolique en phase avec les courants d'opinion qui ont traversé la société japonaise depuis la défaite de 1945 ? Le rôle ambivalent dévolu à Godzilla (ou à l'un de ses congénères) dans certains opus de la série reflète la complexité des relations nippo-américaines influencées par la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, la rivalité économique et les stratégies géopolitiques américaines en Asie de l'Est. Sa personnalité est donc constamment redéfinie à l'aune des tensions ou des rapprochements entre l'Archipel et son puissant allié occidental. Le roi des monstres est sans conteste une figure polysémique dont l'étude permet de comprendre les fluctuations d'une alliance qui a façonné le Japon d'après-guerre ; et l'auteur de cet ouvrage met autant de rigueur que de plaisir à en faire l'analyse.
Depuis plus de 75 ans, le cinéma nous met en garde contre les armes nucléaires. Tous ces cauchemars sur pellicule expriment symboliquement la pire angoisse qui hante notre imaginaire collectif : l'anéantissement du monde tel qu'on le connaît. À travers un découpage historique et thématique, cet essai analyse plus de 40 oeuvres cinématographiques en mettant l'accent sur les appréhensions générées par la puissance nucléaire. L'étude se penche donc sur l'évolution des doctrines stratégiques nationales ainsi que sur les perceptions qui en découlent. En se prêtant à une lecture allégorique ou sociologique, ces films jettent un éclairage révélateur sur la place qu'occupe le cinéma dans notre représentation des grands enjeux militaropolitiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.