Une puissance implacable de silence et d'airain régit l'ordre de la maison dans les ténèbres. Dans ce huis-clos labyrinthique bardé de flèches, où s'ouvrent des centaines de portes, survit une population désemparée, marquée par les disparitions soudaines des siens et les apparitions inopinées des gardes qui emprisonnent, torturent et tuent. La vie des hommes dans le noir de leurs convictions, l'incertitude du bien et du mal, le risque de la collaboration toujours possible, la séduction du Malin, autant de thèmes qu'aborde Tarjei Vesaas dans ce roman écrit pendant l'occupation allemande en Norvège. Bien sûr, c'est une allégorie, derrière Stig il y a la résistance, derrière les ténèbres il y a la Gestapo. Mais, au-delà du symbole et des circonstances, on n'est pas si loin de Kafka. Avec le réalisme d'un âge de fer, des phrases âpres où se nouent les tensions et l'angoisse, La Maison dans les ténèbres résonne comme un avertissement à l'humanité.
Nombre de pages
300
Date de parution
23/06/1993
Poids
370g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080668486
Titre
La maison dans les ténèbres
Auteur
Vesaas Tarjei
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
370
Date de parution
19930623
Nombre de pages
300,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Tander, quarante ans, marié et propriétaire d'une blanchisserie prospère, voit son univers basculer le jour où il tombe fou amoureux d'une de ses jeunes employées. Taraudé par son image, en proie à un désir tournant à l'obsession, il supporte de plus en plus mal de ne pas voir sa passion partagée. A bout de nerfs, il décide de tuer l'homme qui partage la vie de celle qu'il aime douloureusement. Mais on ne décide pas impunément du sort d'autrui. Et l'implacable vengeance ne tarde pas à se mettre en marché. Dans ce roman d'atmosphère et d'inquiétante étrangeté, Tarjei Vesaas brosse un tableau tout en clair obscur des affres du désir et des caprices de la fatalité. La blanchisserie, resté jusqu'à ce jour inédit en France, est considéré comme un grand classique de la littérature scandinave.
Les poètes, les enfants, les simples d'esprit ont reçu la grâce de voir au-delà des apparences, d'entendre l'inaudible et de se trouver directement au coeur de l'essentiel. Le don de Tarjei Vesaas, peut-être le plus grand écrivain norvégien de ce siècle (1897-1970), aura été de savoir abolir la dérisoire ligne de démarcation entre vie et mort, solitude et présence. Il n'y a pas d'explication toute prête à proposer de ce chef-d'oeuvre qu'est Palais de glace, tant la symbolique en est riche et les harmoniques multiples. Peut-être ne s'agit-il que d'une variation intensément poétique sur le grand secret du thème sacré : l'amour plus fort que la mort. Les deux petites filles qui s'aiment à en mourir, qui aiment l'amour plus qu'elles-mêmes réalisent leur rêve fou, l'une dans la fantastique splendeur de la cascade figée par le gel en un sublime château de glace, l'autre dans un immatériel palais du souvenir. Et l'art de Vesaas, fait d'approches timides, d'élans retenus, d'ébauches à demi suggérées édifie en un texte impeccable un mausolée d'images prestigieuses, de phrases chantantes qui atteint une perfection narrative rarement égalée dans son oeuvre.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.