Ils ne sont ni monstres ni héros. Ils s'appellent José, Sylviane, Eric, Marguerite, Amine, Ludovic... Des femmes et des hommes ordinaires, dont les vies basculent un jour de l'autre côté du miroir : celui du crime, de la faute, de la folie. Psychologue expert près la cour d'appel de Bourges, Alain Vernet a passé quarante ans à les écouter, les interroger, les comprendre - à tenter, par la parole et l'analyse, de faire surgir un peu d'humanité au coeur du tragique. De la salle d'audience au parloir, du cabinet d'expertise aux couloirs de prison, il dresse ici une galerie de portraits d'une justesse clinique et d'une force littéraire rares, éclairant la part d'ombre qui traverse nos vies ordinaires. Sous la plume d'un praticien philosophe, le Berry et le Nivernais deviennent le théâtre d'une banalité du mal à la française, où l'expert se fait témoin, passeur, parfois confesseur. Entre récit, réflexion et méditation éthique, L'Ordinaire du mal interroge ce que la Justice révèle - et ce qu'elle tait - du mystère humain. "Raconter les crimes, c'est raconter les hommes. Ce n'est pas sonder la noirceur, mais reconnaître ce qu'elle dit de nous".
La psychiatrie inquiète et fascine comme tous les lieux clos, lieux de retrait de la société, abritant une population qu'on ressent comme dangereuse ou étrange, mais dont cet isolement imposé fait qu'en outre elle apparait étrangère, différente, et par conséquent a-normale. C'est le cas des malades mentaux, même si leur représentation ne fut pas toujours identique selon les époques. Malgré quelques périodes de plus grande tolérance (12 et 13e siècle, période dite des « trente glorieuses »), ils ont été le plus souvent tenus à distance, dans une forme de ségrégation, grâce à différents dispositifs : hôpitaux généraux, dépôts de mendicité, asiles d'aliénés, dont le but était de lutter contre le chaos qu'était la « folie » et ses manifestations, afin de retrouver une harmonie, à la fois ordre public extérieur, et équilibre personnel, tout ceci à travers la mise en place d'un nomos, d'un topos et d'un logos, architectures juridiques, physiques, mentales. Ce cadre général macroscopique, qui survivra jusqu'à sa déconstruction dans la deuxième moitié du 20e siècle, se déclinera en situations particulières, locales, toujours assez semblables, à quelques différences près, comme dans le département du Cher, qui servira de lieu d'observation, en quelque sorte, microscopique.
Depuis six millénaires des villes naissent et meurent, ce phénomène, né du surplus agricole des vallées fertiles du Moyen-Orient et de l'Inde, s'est développé sur tous les continents et, aujourd'hui, les villes abritent plus de la moitié des Terriens, 70 % dans une génération. Elles ont explosé avec la révolution industrielle grâce aux énergies fossiles abondantes et peu coûteuses. Les villes sont les sanctuaires des biens les plus les plus chers aux yeux et au cur des hommes et nécessitent pour leur fonctionnement plus des trois quarts de l'énergie produite. Comment la ville va-t-elle évoluer ? Se transformer pour vivre avec de moins en moins d'énergie, qu'elle devienne plus rare ou que l'évolution du climat n'impose l'abandon rapide de l'usage des énergies fossiles. C'est tout le métabolisme des villes qui va muter, un nouvel écosystème est à inventer et à mettre en uvre pour rendre les villes durables et la vie urbaine désirable, en harmonie avec le meilleur de ce que les précédentes générations ont légué. Cet essai propose une approche réaliste et positive de cette mutation en cours qui implique l'attention de chacun comme spectateur et l'engagement de chacun comme acteur.
Rarement un aussi petit nombre d'hommes aura joué un rôle aussi grand dans l'histoire. Ils s'appellent Francis Fukuyama, Paul Wolfowitz, William Kristol ou Richard Perle et ils forment une famille à part dans la droite américaine. Souvent issus de la gauche, ils sont convaincus que l'Amérique incarne le Bien et qu'elle ne pourra assurer sa sécurité et rester fidèle à sa mission qu'en exportant la démocratie, au besoin par la force. Ce sont les néo-conservateurs. Longtemps cantonnés dans les think-tanks, ces disciples de Leo Strauss ont trouvé avec le 11 Septembrel'opportunité d'appliquer auprès de George W Bush leur théorie sur le remodelage démocratique duMoyen-Orient à travers la croisade contre « l'axe du mal », en Afghanistan, puis en Irak. Qui et combien sont-ils? D'où viennent-ils? Comment s'organisent-ils? C'est à toutes ces questions età bien d'autres encore que répondent Alain Frachon et Daniel Vernet dans ce livre-enquête passionnant, nourri de nombreux entretiens et riche en révélations sur les coulisses de la Maison Blanche, et dont Francis Fukuyama lui-même a reconnu qu'il constituait « l'étude la plus équilibrée de ce courant ».
Tous deux anciens directeurs de la rédaction du quotidien Le Monde, spécialistes des relations internationales, Alain Frachon et Daniel Vernet ont publié ensemble L'Amérique des néo-conservateurs aux éditions Plon-Perrin (Tempus) en 2010.