A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le poète néerlandais Ferdinand Vercnocke fut condamné à dix ans de prison pour collaboration avec le régime nazi, puis libéré en 1949. Dans la famille Vercnocke, on ne parlait guère de ce sombre passé, même après la mort de Ferdinand en 1989. Le seul souvenir que Wide Vercnocke avait de son grand-père était celui d'un visage figé par la mort... Sa grand-mère lui disait souvent que plus tard, quand il serait plus âgé, il comprendrait... Mais aujourd'hui, Wide est adulte et il ne comprend toujours pas. Pire, en constatant la ressemblance physique entre lui, son père et son grand-père, il se demande si cette hérédité s'étend à d'autres domaines. Porterait-il une forme de responsabilité pour les actes commis par son grand-père ... La conception de L'Homme Triple s'est étalée sur quatre années, nourries de contacts intenses entre Wide et son père, au cours desquelles tous deux se sont confrontés non seulement à ce passé, mais aussi et surtout à eux-mêmes et à leur relation l'un à l'autre. Dans L'Homme Triple, Wide Vercnocke aborde cette histoire personnelle avec sa voix unique et distinctive : poétique, stylisée, mêlant éléments autobiographiques et réalisme magique.
Points de Vues rassemble les premiers comic strips à avoir jamais été publiés dans le New York Times . Publiées sous le nom de Eye of the Beholder , littéralement " l??il de l'observateur " et entièrement réalisées à la carte à gratter, ces histoires courtes sans paroles sont une nouvelle occasion pour Peter Kuper de laisser libre cours à son regard critique, tout en rendant hommage à Franz Masereel et Lynd Ward, les maîtres du récit en gravure sur bois. Dans Points de Vues, Peter Kuper brosse un portrait parfois humoristique et souvent acerbe de ses concitoyens new-yorkais, avec un accent particulier sur les travers de la société de consommation, ce qui ne saurait surprendre de la part de cet auteur, co-fondateur en 1979 de la revue de bande dessinée politique World War 3 Illustrated. Un second volume de Points de Vuessera édité au deuxième semestre 2006 par les Editions çà et là.
Chronique d'une journée particulière, A Strange Day décrit la rencontre entre deux jeunes gens écorchés vifs, Anna et Miles, qui sèchent les cours pour aller acheter le dernier disque des Cure. Miles est d'un naturel taciturne mais Anna, jeune fille extravertie, aura à coeur de le faire sortir de sa coquille et de l'amener à se confier à elle. Première association de Damon Hurd et de Tatiana Gill, A Strange Day est le récit sans mièvrerie et tout en sensibilité des émois de deux adolescents.
Katharine Washington, jeune américaine diplômée en journalisme, débarque un jour à la rédaction du Mercury, le quotidien local de Wheatstone, petite ville de province anglaise. Le directeur éditorial la nomme stagiaire de Owen, l'unique journaliste du quotidien. Celui-ci prend son boulot très au sérieux et apprécie moyennement qu'on lui colle une stagiaire dans les pattes. D'autant plus qu'il a déjà beaucoup de difficultés avec la nouvelle direction, qui préfère utiliser les pages du journal pour vendre de la publicité plutôt que pour publier des articles. Après des débuts difficiles, Katharine et Owen parviennent à un modus vivendi, jusqu'à ce qu'Owen découvre que Katharine est en Angleterre uniquement pour les besoins d'un repérage pour un projet de sitcom mettant en scène un personnage anglais.
Catherine Doherty est née en 1965 à Toronto (Canada).Elle s'est intéressée à la bande dessinée le jour où elle a découvert les planches de son père rangées dans la cave de leur maison. Ses premières illustrations sont publiées dans différents magazines de la presse gay dont Diva (Londres) et Sien (Toronto), puis elle se consacre à Petite Perdue, l'histoire très largement autobiographique d'une dessinatrice canadienne, fille adoptée, à la recherche de sa mère biologique. Cet ouvrage a été nominé aux prestigieux Eisner Awards en 2001. Sous le nom de Tucker, Catherine Doherty est chanteuse du groupe de country music The fane Waynes. Elle est également réalisatrice de courts métrages, dont Repodyke, sélectionné dans de nombreux festivals.Elle vit à Toronto où elle se consacre désormais à la musique et à son travail d'illustratrice free-lance.
Mathis est en terminale et est complètement perdu : une mère presque absente, un beau-père qui le pousse sans cesse au conflit, une fin d'année difficile entre réussir son bac et entrer dans cette école d'animation qui lui importe tant. Et au-delà de tout ça, un père porté disparu depuis des mois... Un jour, poussé par ses amis, il fait le pari de "pécho" Léa, dont il est secrètement amoureux. Car oui, Mathis aspire à une forme de virilité au point d'en oublier que Léa n'est pas un objet à posséder. Le retour de flamme est violent et les maladresses s'enchaînent. Que faire ? Qui devenir ? Léa va-t-elle lui pardonner ? Mathis va-t-il intégrer cette école rêvée ? Et surtout, comment réagir quand une lettre de son père lui parvient enfin ...
Le chat du Rabbin", c'est Alger et le quartier Juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c'est "le chat du Rabbin". Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n'a pas plutôt un chien : "... Ca fait tellement longtemps que les Juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats". Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu'avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n'en plus finir. Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie : "c'est la condition, si je veux rester avec elle. Ca vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux". Ceci ne l'empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l'école du Rabbin, car l'un d'entre eux a le désir d'épouser la jolie Zlabya...
Ce chat qui parle, pense et critique des idées religieuses fait couler beaucoup d'encre. Le premier tome, Le Chat du rabbin était une excellente surprise, ce second ne devrait pas vous décevoir. C'est un véritable conte initiatique d'une grande beauté, où l'on apprend bien des choses sur l'usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d'émotion et d'ironie.
Le chat n'a pas pu empêcher la catastrophe : Zlabya, sa maîtresse adorée, a épousé le jeune homme. Et le jeune homme a emmené Zlabya chez lui et il lui a offert une salle de bains. " Zlabya ! Chez nous, il y avait un piano ! " Voilà le chat épouvantablement triste, d'autant plus qu'il ne peut plus parler et que tout le monde s'en fout. Et puis, la famille du jeune homme vivant à Paris et n'étant pas venue au mariage, Zlabya et son mari partent en voyage de noces à Paris. Avec le rabbin, sa malle pleine de livres et son chat. Lequel chat, dans sa grande sagesse, sent bien que ça n'emballe pas les jeunes mariés, tout ce tintouin. Bref, après un voyage emmitouflé comme s'il allait affronter les rigueurs du pôle Nord, le rabbin débarque à Paris et découvre la ville, la pluie, la Seine - " Les pauvres, même pas ils ont la mer " - et la transgression, en se tapant une orgie pas cachère du tout un soir de Shabbat. Pendant ce temps, le chat trouve enfin quelqu'un à qui parler : un chien à peu près aussi joli que lui. Revoilà la smala merveilleuse, avec son rabbin infiniment émouvant et casse-bonbons, et son chat unique dans les annales de la bande dessinée. Profondeur et légèreté, ironie et tendresse, sensualité du dessin - Sfar sous la pluie, avec ses personnages en détresse, reste à la hauteur de sa réputation de fabuleux conteur.